jeudi, février 04, 2010

encéphalogramme plat et paresse grande (désert de surcroit) – J'ai, en pensant aux vases communicants de vendredi, dont le menu (liste telle que j'aurai pu l'établir en ligne ce soir) me semble prometteur, repris mes petites contributions, dont la première en septembre 2009, ci-dessous, avec mes photos améliorées, en en prenant des détails, par François Bon qui avait la gentillesse de m'accueillir sur « tiers.livre » http://www.tierslivre.net

Reviendra la lumière, la géométrie dure, mais gorgée d’allégresse, quand l’air est plein d’or en fusion, et que je cherche l’ombre pour la regarder, elle et ses jeux.

J’y pensais, sans y croire, jeudi, quand je cheminais vers mon spécialiste au beau crâne, et nos conversations mondaines, moi floue, sans appuis, dans l’air tiède et mou, vide dans vide, tentative de franchir un monde de platitude grise, éclairé de lumière morte, sous une boursouflure de nuages d’un blanc sale.

Impression que rien n’existait où accrocher mes yeux, mes vagues pensées, pour haler ma volonté.

Mais là, face à sa porte, pendant que je concentrais tout mon corps pour peser et l’ouvrir cette sombre, dure, bourgeoise porte de bois et son ressort férocement résolu - et quand elle a enfin cédé, me suis retrouvée dansant au milieu du hall pour reprendre équilibre -, le cadeau prématuré de la beauté future, sur une branche qui descendait vers moi dans le jardin, de l’autre côté de la rue, et dont les feuilles éclataient, dorées, sur les feuillages ternis.

Et puis, en sortant, peu de temps après, le constat des pouvoirs de cet homme - ne sais s’il me soigne, mais le ciel oui - et peu à peu celui-ci me donnait, à défaut de forces extraordinaires, une petite joie timide qui allait grandissant, et il y avait même un avion, petite fusée blanche, pour jouer sur le bleu..

Avant le dur éclairage de l’hiver, avant la mollesse morne du fond de l’automne, viendront les jours tendres, le jeu délicat, l’effleurement, des lumières douces sur la peau des pierres, un peu roussies, ou je le croirai, par les feuillages qu’elles projetteront, par une humidité presque imperceptible.

Et puis, petit tour conseillé dans l'écriture de Joachim Séné.

Avec, sur son site « fragments, chutes et conséquences », le guide de voyage en Imrie, îles assez inhospitalières, et guide savoureux

« .. Des bateaux doivent partir, il le faut, tous les jours, ils ne le savent pas mais vont vers l’inconnu : nous ne saurons trop leur conseiller que d’emporter ce guide, au cas où. Mais s’ils découvrent l’Imrie, en reviendront-ils ? » http://www.joachimsene.fr/txt/

avec, peut-être, Viéjan, la ville de la musique

« D’autres galeries, de la taille d’un bras à celle d’un cheveu, plutôt des conduits soniques, qu’on appelle à Viéjan des « tosseries », s’éparpillent depuis les galeries principales et conduisent et produisent elles aussi du vent, du chant. La hauteur du son varie selon la taille et la forme de ces conduits, et ce sont ces réseaux qui participent à faire de la ville ce qu’elle est : un immense instrument de musique, joué en permanence par le vent.. »

avec la reprise des 14 pages de « Hapax » (1,30 euros sur Publie.net présentation et téléchargement http://www.publie.net/tnc/spip.php?article159) toute la vie d'un couple, découverte, installation, week-end chez parents, travail, enfant etc... jusqu'à "Surprises inassouvies. Rêves ne reviennent plus. Véracité nouvelle possible à nouveau. Mensonge fonctionne, une seule reprise. L’épouse rencontrée jadis, demain encore exceptionnelle. Naissance, mort, vivant désormais. »

Et puis, la parution, le 2 février, toujours chez Publie.net de «la crise» http://www.publie.net/tnc/spip.php?article305 succession d'aphorismes, courtes sentences, petites histoires, un poème, humour aigre-doux, couvre en formules efficaces à peu près tout l'éventail de la réalité concrète de la crise sur nos vies, des images que nous en avons, que l"on nous en donne, de l'exploitation du thème etc... Savoureux et salubre

en choisissant parmi les courtes phrases

«»La crise » c’est la liberté sans la justice.»

« »La crise » a beaucoup, beaucoup, de clauses en petits caractères »

«« La crise » est jean-T-shirt et te tutoie.»

« « La crise » est un suspens à durée déterminé renouvelé à l’identique à chaque fin de mois. Une tension dramatique nécessaire. Un climax leitmotiv. Une errance cyclique. Une addiction involontaire. »

« « La crise » investit profitablement dans « la crise ». «

Et le début :

Sur la photo, «La crise c’est chaque fin de mois», le S de «mois» est effacé, ou écrit plus vite, moins fort.

La crise c’est chaque fin de moi....

Fin de moi.

Chaque fin de mois je meurs un peu. »

je me demande si je vais être aussi invisible qu'hier - à propos si vous passez, détour proposé (conseillé tous les jours) par http://avignon-in-photos.blogspot.com/2010/02/utopia-cafe.html

ceci dit un peu découragée, là, pense qu'à part les vases communicants, je devrai mettre "paumée" en pré-mort comme mon oranger

14 commentaires:

micheline a dit…

Souvent quand je viens chez toi
Ça danse dans ma tête

J’ai vu l’homme à la cervelle d’or
Brel à son dernier repas
Va savoir pourquoi et toujours

La fin de moi
Pendant que gratte à la porte
Une lumière qui aboie
Sur tes pas

Mathilde a dit…

Moins poétique : "Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça."
Coluche.

J'ai encore halluciné avec tes photos, notamment la deuxième et tu comprendras surement un de ces jours !

Avignon a dit…

Je l'ai vue, hier, la petite flèche blanche dans le ciel.

Tes descriptions me font parfois penser à une bande dessinée.

Nathalie a dit…

Brigetoun sens-toi libre d'utiliser cette photo que j'ai faite de toi, tu es le modèle, elle t'appartient autant qu'à moi.


Et pourquoi ce moment de découragement? Paumée est une jolie évocation de toi; je crois que ce serait dommage de l'abandonner.

brigetoun a dit…

si tu permets et si je continue (le ferai sans doute mais déprimée là, impression de constater ma nullité) je préfère l'autre, en te citant bien entendu, parce que c'est à toi et que c'est surtout ton regard qu'on voit

Mathilde a dit…

Brigetoun nulle ? Mais bien sûr !!! Qui va le croire ? A part toi ?
Change d'optique, ne m'oblige pas à aller jusqu'à chez toi pour te remonter les bretelles, nuque guérie ou non !!!

florence Noël a dit…

ah non, hein, pas de crise de nullité.
C'est souvent les lieux les plus indispensables qui sont perclus des plus grands doutes.

merci pour cette revue de vie et des autres, les deux mélangés : profusion d'envies provoquées

moi, je l'aime ce lieu et son auteur.
je vous ai ajoutée en lien sur mon site.

Bertrand a dit…

A propos de vases qui communiquent, ce serait bien, chère Brigitte, de t'accueillir sur mon Exil..
Qu'en penses-tu ?
Amitiés

D. Hasselmann a dit…

Déprime en prime, non, la refuser, vivre à Avignon, un privilège qui fait le pont vers le beau.

joye a dit…

L'image de toi devant la porte du toubib est particulièrement réussie.

Je ne dirai rien de l'éventualité que Paumée s'en aille, c'est trop cruel à contempler.

brigetoun a dit…

pardon - honte - magnesium, sieste et ballet ce soir

Mathilde a dit…

Et t'as intérêt à revenir demain !!!
En attendant passe une bonne soirée Brigitte !!!

brigetoun a dit…

demain ce ne sera pas moi, du moins ici - là je VEUX passer une bonne soirée - t'en souhaite autant

Gérard a dit…

Je ne veux plus de crise demain..NA !
et passe ta bonne soirée !