lundi, juillet 26, 2010

Avignon – bons sujets à vif – et puis, rien, suis coupable

départ dans un Avignon qui s'éveille tard le dimanche matin, sous bon vent et un gros rien à corps défendant

quand les affiches veulent et arrivent parfois à jouer les filles de l'air et quand on avale ses cheveux, vers le jardin de la vierge pour la dernière représentation du programme C des sujets à vif.

arrivée trop tard pour conquérir une place au premier rang, j'ai grimpé jusqu'en haut, trouvé un bout de rang et un garçon aimable capable d'ouvrir ma petite bouteille d'eau ce que n'avais plus la force de faire, regardé l'arbre qui bruissait avec la retenue due à sa taille, et suis redescendue quand le public a commencé à s'installer sur les marches pour m'asseoir sur la première.

(photo festival)

Et puis une réussite (pas seulement à mes yeux semble-t-il) «une semaine d'art en Avignon» conçue par Olivia Grandville, avec une danseuse amie Catherine Legrand et sa mère Léone Nogarède, dont on entend la voix enregistrée, que l'on voit et entend sur scène (merveilleuse voix placée) qui a joué la reine dans le Richard II du premier festival, quand ce n'était encore que la semaine d'art en Avignon. Et par les souvenirs de leurs festivals, (matérialisés par des dates et noms que l'on entoure au fur et à mesure sur un grand panneau, seul élément de décor, avec la chaise de Léone Nogarède) avec familiarité, par des petites photos que les deux jeunes femmes montrent et où bien entendu (petites photos en noir et blanc comme nous en avions dans nos albums familiaux quand il y avait des albums familiaux), par leur danse, par l'évocation de la pente à gravir pour monter sur le plateau de la cour, par des sensations partagées à distance, une émotion simple, non racoleuse, passe. Un moment de grâce.

Après cela, malgré les qualités de ces dames et de ce qu'elles nous offraient, j'ai, injustement j'en suis presque certaine, moins accroché à la «proposition d'un jour d'été» la contribution d'Ariane Ascaride sur un texte de Marie Desplechin (photo du site du festival)

et, comme je voulais avoir le temps de déjeuner tranquillement, et de laisser passer un peu de temps avant d'aller à 15 heures voir «Micro» de Pierre Rigal aux Pénitents blancs, je suis partie un peu avant la fin,


croisant, avec encore un sentiment d'urgence, d'envie de bousculer temps et forces pour tout ce qui s'offre encore pendant quelques jours, des parades,


les panneaux et feuilles répandus par le vent, les mélanges de vêtures, d'époques.


Mais après le déjeuner il m'est apparu que l'urgence ou plutôt la seule chose à ma portée était de m'endormir. Et j'ai, finalement, renoncé assez facilement à Micro, qui tentait pourtant ma curiosité http://www.festival-avignon.com/fr/Spectacle/29, me promettant d'aller dans la fin de l'après midi au théâtre des Halles ou de tenter d'avoir une place pour Nadj, avant, en soirée, de voir l'un des assez nombreux spectacles du off qui me tentaient.

Seulement, quand j'ai émergé il n'y avait plus en moi trace d'envie, ni de remords, et me suis contentée d'un peu de ménage, d'arroser et de redresser les plantes, (et je les imitais ensuite en m'allongeant moi aussi, mais sur mon lit), avec des petits assauts de vertiges, de crispations douloureuses et de nausées, dont je me dis, dont je sais, que cela passera.

12 commentaires:

Avignon a dit…

Le vent !
Interlocuteur mais agresseur !
Qui n'existe plus dans les gymnases.

Anonyme a dit…

Et que le vent m'emporte........
Arlette

brigetoun a dit…

ben justement la seule chose qui me consolait hier c'est qu'il n'arrivait plus à m'emporter (m'est arrivé de me faire renverser)

Lautreje a dit…

J'aime les spectacles dans la rue et tes photos donnent envie d'être là-bas.

Mathilde a dit…

J'aime beaucoup toute cette série de photos là ! Elles sont toutes belles !

DUSZKA a dit…

Te suivre au milieu de tes images et de tes mots, est, pour la campagnarde isolée et fatiguée, une vraie liqueur de jouvence, bienfaisante ô combien. Merci charmant reporter de ce moment d'été dans un "pays" si loin de moi, si vivant, si exalté et exaltant.

fardoise a dit…

belle série d'images encore une fois, comment fais tu tout cela, courir partout, prendre des photos, écrire... Je ne comprends pas que tu puisses te plaindre de ne pas en faire assez ? Ou alors serais-tu insatiable ? Je le conçois fort bien lorsqu'il s'agit de culture. Mais nous sommes tous contraints à des choix en essayant de ne pas regretter, pas trop !

brigetoun a dit…

c'est pas tant de ne pas tout voir, ça bien sur c'est impossible, c'est la raison de mes renoncements, parce que hier fut vraiment une très salle journée - là je fais un pari, viens de téléphoner aux Halles pour réserver (Rhinocéros) et commence à avoir mal

gilda a dit…

Je trouve que c'est déjà pas mal, lors d'un mauvais jour d'avoir vu tout ça. Beaucoup de "en pleine forme" n'en auraient pas tant fait. Bravo.
Et merci pour ce billet qui donne bien l'impression d'y être.

Dommage pour celui qui a le moins plu : c'était celui qui me tentait le plus.

(et comme j'étais au festival de La Rochelle, même si ce n'est que du ciné, je sais combien ça peut être fatiguant).

micheline a dit…

je vois que les pots sont seulement renversés, mais pas cassés.
c'est bien un symbole, non?

Arnaud M. a dit…

j'aime ce sentiment d'urgence, qui vous fait courir d'une pièce à l'autre, et partir avant la fin !


"Le texte, peut-être, est parfois trop long à jouer ; mais les acteurs, eux, sont toujours trop lents. Ils ont tendance à non pas dire les mots, mais les peser, les montrer, leur donner du sens. En fait, il faudrait toujours dire le texte comme un enfant récitant une leçon avec une forte envie de pisser, qui va très vite en se balançant d’une jambe sur l’autre, et qui, lorsqu’il a fini, se précipite pour faire ce qu’il a
en tête depuis toujours."

BMKoltès

Gérard Méry a dit…

Ariane Ascaride une actrice que l'on voit trop peu souvent !