dimanche, septembre 05, 2010


Cahincaha, me voulant alerte et quasi martiale, suis partie dans l'éblouissement des rues,

ou la lumière devinée dans les ombreuses,

plantes de pieds délicieusement malmenées, après les Cordeliers,

avançant dans la familière puanteur des Teinturiers,

et réalisant, en débouchant de la porte que, non, le Tribunal ce n'est pas la Préfecture, et que l'itinéraire choisi n'était pas le meilleur,

pour arriver, finalement, un peu avant l'heure du rendez-vous, au lieu du regroupement des révulsés par la politique «sécuritaire» du gouvernement qui, malgré nous, est le notre, découvrir que le marché du samedi avait émigré maintenant dans les jardins de la dite Préfecture de la dite République, et envisager d'en profiter (ce qu'idiotement je n'ai pas fait)

Nous étions une belle petite foulette, en ces terres qui seraient toujours de conquête, si en avions la force et le talent.

Des échanges, des retrouvailles, quelques tentatives de plaidoyer ou de distribution de tracts dans le marché, mais la barrière, me semble-t-il était bien là, entre deux groupes, les manifestants et les hostiles, ou indifférents, ou n'osant pas,

et puis, au moment, où, au bout de ¾ d'heure ou un peu moins, je me décidais à obtempérer à carcasse et partir,

suis revenue pour participer à la conquête pacifique de la chaussée, dans la bonne humeur, les voitures et cars étant détournés aimablement par la police.
Retour, juste quand le fallait pour rentrer confortablement. Cuisine, effacement en profond sieston,

J'ai dit aux petites douleurs de se taire et suis partie pour le ban des vendanges, un peu trop tard pour assister à la sortie solennelle de mon voisin Saint Agricol. Suis montée, belle chaleur posée sur moi, l'attendre devant la cathédrale.

ai tenté de conquérir une place, un peu en biais (ce qui n'est pas une excuse pour la qualité des photos) et j'ai attendu la procession entre le petit carillon des vendangeurs et le déchaînement des cloches au dessus de moi,

et j'ai regardé, et mitraillé, un peu à la va comme je te pousse, son ascension,

menée par des cavaliers (surtout cavalières)

et le Saint et les prêtres accompagnateurs,


suivis des confréries, avides de bouteilles d'eau,

et d'un dieu un peu piteux,

et puis, pendant qu'ils arrivaient sur le parvis, et que les dignitaires entraient dans la cathédrale pour la messe des vendanges

j'ai hésité, m'interrogeant, en compagnie d'un doux compagnon, hésitant à abandonner, parce que bobo avait, et bien.

Et, lentement, comme tous, j'ai suivi la grande partie du cortège que la messe ne concernait pas et qui allait nous distraire, nous autre, peuple, dans le jardin,

en m'arrêtant un moment dans la vigne avec la fanfare.

J'ai tourné un peu, regardant les clowns avec les enfants,

refusant le raisin distribué pour faire patienter.

Suis restée un moment, doucement, à côté de l'âne patient attaché à la charrette, l'ai salué, et parce que le monde avait tendance à tourner un peu, même si ça ne devait pas durer, j'ai imité ses compagnons et suis repartie, sourire affiché, vers l'antre.
Le ban, la vendange, le pressage, la dégustation du jus de raisin, celle de la marmite provençale, des vins des côtes du Rhône, le piquenique et le bal auront eu lieu, bien je pense, malgré mon absence.

ai vaqué, un peu, et je suis entrée, avec une petite période d'adaptation à l'argot retravaillé par les ans et les SMS dans le beau gros bloc du «Livre de Dave» de Will Self.
Voilà voilà

13 commentaires:

Avignon a dit…

Coucou !
C'était pas pour moi cette année !
Il y a de belles photos !
Et alors, la soirée ?

brigetoun a dit…

internet et livre, carcasse avait dit c'est pas pour toi, je flageolais avant la cuvée

Lautreje a dit…

Deux belles manifestations dans la joie et le partage. Tes photos et les montages sont superbes ! Un petit coup de cœur pour l'âne et la deuxième photo...

brigetoun a dit…

euh dans la joie ? voilà qui me semble excessif surtout pour la première (ou ce qui la motivait)

D. Hassemann a dit…

Eric Woerth aurait pu venir faire un tour à cheval !

Pierre R. Chantelois a dit…

Je n'ose imaginer ce qu'aurait été cette magnifique chronique si les petites douleurs ne s'étaient point tues ;-)

micheline a dit…

En biais ou en surplomb ou dans la foulée de la foule, elles sont belles les photos! et petit âne gris ne saurait me démentir

joye a dit…

Merci beaucoup pour la promenade !

arlettart a dit…

Tiens! rencontré mon copain l'âne gris aux grandes oreilles du côté d'Avignon
AA

Gérard Méry a dit…

Encore une sacrée chevauchée fantastique...en petite "foulette "

Nathalie a dit…

J'ai raté le début que tu montres, étais partie marcher loin sur la barthelasse, ai raté le dernier bateau pour rentrer, ai du faire le tour par le pont en écoutant les cloches sonner à toute volée. Le temps que j'arrive, me suis cassé le nez sur les entrées latérales au jardin, il n'y avait plus que la grande montée ouverte. Ai trouvé beaucoup de poussière, les libations et le dîner bien commencé, pas de bons vins à déguster, à l'apéro on n'avait droit de goûter que le côte du rhone blanc 2009, infâme. Le verre vendu 2 euros, quelle arnaque !

Ai renoncé à dîner là, suis rentrée chez moi dîner sain.

Ma fille est partie pour le jardin vers 9h pour écouter le concert. Du rock pas très dansant, m'a-t-elle dit, mais bonne musique quand même.

brigetoun a dit…

oh de toute façon, moi, j'en serai restée au plaisir visuel

fardoise a dit…

Et tu as bien fait, à en juger par les photos.