dimanche, octobre 17, 2010


Colère grande,
contre le monde,
contre Brigetoun, surtout,
et son aquabonisme
ou sa paresse,
ou sa propension à la mauvaise humeur.
André Castelli m'avait donné le 2 ou le 12 octobre - ne sais plus - ce flyer et j'avais ferme décision, ne pouvant le faire vendredi, d'aller samedi à cette soirée, pour la cause, officiellement, pour le plaisir, tout autant ou plus, et cette détermination est devenue plus forte encore en découvrant le matin ce billet de Michel Benoit http://avignon.midiblogs.com/archive/2010/10/16/bóumian.html mais me suis trouvée à sept heures du soir
de trop mauvaise humeur,
de trop faible motivation,
de trop grande complaisance
envers ces deux manques
et je me suis rencognée, loin de cette chaleur, et n'ai pu me déterminer à prendre manteau et me lancer dans la nuit naissante
Je n'étais décidément pas digne de cette journée.
(même l'image se vautre)

Ce samedi matin avait commencé par un acte manqué. J'avais ferme désir et grande lassitude a l'idée de manifester. J'essayais d'accélérer mes rites d'entrée dans le jour, et j'ai réalisé brusquement que j'étais en train de prendre pour la seconde fois mes calmants. Et me suis sentie, réalité ou imagination, devenir molle, un peu flottante. J'ai failli renoncer, et puis en colère contre moi, suis partie.

Et j'ai fait le trajet, à vrai dire en un temps anormalement rapide, parce que l'attente ne me valait rien et qu'à chaque pause je rejoignais le groupe qui nous précédait. Soleil, petit vent frais, plus que je ne l'avais prévu en m'habillant, mais cela me fouettait et donnait tonus, comme la détermination joyeuse de mes voisins qui à tort ou à raison semblaient davantage croire en un succès possible.





J'ai fini avec la tête, où était regroupés des lycéens, quelques étudiants, et quelques parents (jolie scène quand une jeune fille si épanouie que semblait plutôt jeune femme a demandé la permission à « maman » de rejoindre avec son petit groupe des amis qui défilaient un peu plus loin, et la mère a gracieusement accepté). Et je les ai laissés devant le pont Bénézet alors que la queue du cortège était à mi-chemin. En préparant mes encore trop nombreuses photos j'entendais passer les groupes et leurs musiques, et l'Internationale pré dispersion est arrivée près d'une heure après.




Selon la carte du Monde, il y aurait eu pour les syndicats 25.000 personnes, 10.000 de moins que le 2, mais un peu plus que le précédent samedi.
Et puis une après-midi maussade où je me sentais étrangère, ou illégitime, ou transparente, pu non concernée en lisant les échanges sur twitter, étrangère ou non intéressée en lisant des billets, baignée par la musique sans en être touchée, où j'ai dormi et tourné en rond, en nullité totale.

11 commentaires:

micheline a dit…

on ne peut pas tout faire.Tout et partoutet emporter ses convictions à la semelle de ses souliers. je dis pour moi.

kouki a dit…

Brigetoun ne laisse pas sa Brigetoun tranquille ... :)

fardoise a dit…

Ai eu un échange à propos des péniches du quai de la Ligne que la ville veut faire partir, en leur coupant l'eau potable (une des photos). Et pourtant il faisait froid, et l'usure peut s'installer pour certains qui manifestent depuis le début. Malgré tout, tous semblent de plus en plus déterminés. N'est-ce pas cela le plus important ?

brigetoun a dit…

j'ai lu qu'il y avait un jugement interdisant de les faire partir(si j'ai bien compris) - reste à obliger à remettre l'eau

Avignon a dit…

Décidément, la municipalité n'aime pas l'eau !
La quantité des photos le dispute à la quantité des manifestants !

Mon mot de vérification est "trante" !

Pierre R. Chantelois a dit…

C'est aussi grand soulagement que d'exprimer sa colère pour remettre à sa place et la preuve en est ce topo photographique. Après-midi maussade ici aussi. D'un bout à l'autre de la planète, quoi.

jeandler a dit…

Faut-il à votre moulin apporter de l'eau?
Ne pas perdre courage ni la tête (de la manif).
Se préparer pour la semaine prochaine

andree wizem a dit…

le repos dominical
c'est bon pour le moral

brigetoun a dit…

pas de repos dominical pour une retraitée

joye a dit…

Je regardais le reportage à la télé et j'ai vu un lycéen qui portait le panneau qui disait "La vie est déjà trop courte". J'ai souri. Quelque soit l'âge de la retraite, cela ne va pas changer.

Merci pour les photos.

Lautreje a dit…

tout ça, après avoir pris deux fois des calmants !!