samedi, octobre 09, 2010


J'étais de mauvaise humeur, parce que le jour était à ça, parce que depuis trois jours mon combat pour prendre du poids est brusquement trop victorieux, parce que, quand suis sortie pour me débarrasser d'un grand sac de papiers et de moult bocaux le bleu avait fait place à un blanc fort neutre,

alors je marchais en regardant mes pieds, un peu, le sol, surtout

jusqu'à faire gentille rencontre – de surprise, ai levé les yeux, et j'étais devant Cotelac.
Sans réfléchir suis rentrée, en répondant au « bonjour » de la responsable, que je venais tester ma faculté de refus.

Et j'en suis repartie pour passer à la pharmacie et rentrer, tête baissée de honte

parce que je ramenais avec moi cela, qui n'est pas strictement nécessaire et, comme la retraite de la sécurité sociale, n'est pas financé (même si, comme cela semble se dessiner, je remplace début décembre, pour Paris, les trois jours d'hôtel projetés par une nuit hébergée dans le 17ème détesté de moi, mais il est vrai à l'abri de la gentillesse de la famille)
Et puis rien... mais puisque rue il y a et Paris, tiens, je recycle (avec une image du temps de la lumière)

rue devant
pas qui s'allonge
en habitude,
remords qui tournoient
cette rencontre
à l'orée de nuit,
oeil et sourires saluent
épicier ouvrant son rideau
bruit de roulement;
les voitures qui filaient
les mots qui viennent
debout équilibre au bord
vous sortie
mots trop tard,
odeur de viennoiserie
froid au coeur
la bruine tombait,
la journée s'ouvre
surprises trop improbables
bouche de métro
et la main qui sort déjà du sac
avec la carte,
épaules frissonnantes
de la nuit
de la pluie
de ce besoin de dire,
quitter le soleil
l'électricité
tant désir d’y revenir,
effacer,
marches descendues,
parler dans notre passé
pour un atelier chez Liminaire http://www.liminaire.fr/spip.php?article789 à propos de «Figurations de l'image» d'Anne-Marie Albiach, : «Interroger l’entrecroisement et les trames multiples du discours que le poème forme en avançant dans sa propre matière langagière. Sortir de sa forme et de son cadre pour donner à voir l’informel. Il n’est pas tant question de représenter la réalité (qui n’est qu’une représentation), mais bien de présenter l’énergie, la tension qui la traversent et nous avec. Parler d’un sujet en mouvement et atteindre à la présence au travers de toute réalité, au travers de l’image elle-même»

9 commentaires:

albin, journalier a dit…

Paris vaut bien une veste...

koukistories a dit…

"Quitter le soleil" me touche droit à gauche.
Pour le faire, ce beau manteau.

Lautreje a dit…

belles rencontres au sol

DUSZKA a dit…

Te suivre est réconfortant, bien pratique, et tellement riche.

Avignon a dit…

Le rhinocéros : pour une niche du mur... !

Florence_Trocmé a dit…

Ces récits d'errance/non-errance, soutenue par la parole et l'image, constituent au fil du temps une trame poétique très forte et attachante.
Terrible cette photo de piques en tête de cette note. Tellement représentative aussi de la violence de notre monde, hérissé de piques,.

tanette2 a dit…

Ta mauvaise humeur t'a permis de faire de belles photos en regardant tes pieds. Il me semble que dans un précédent billet tu cherchais un manteau...tu l'as trouvé ! Tu as bien fait. Bonne journée.

jeandler a dit…

La voici le manteau!
D'entrée, ces piques rébarbatifs
si peu amènes
hors de saison chez toi
de mauvaise humeur jetés
pour terminer sur des plots à ras terre
arrondis, il est vrai
chausse-trappe pour piétons rêveurs...

Pierre R. Chantelois a dit…

Avouons qu'une petite colère sous un beau ciel ensoleillé vaut une grosse moue sous un jour gris. Semble-t-il. À moins que je ne me trompe de jour... :-)