mercredi, novembre 03, 2010

S'agripper, tirer profit des innombrables trous, attraper les tiges, se hisser hors de ce jour pénible. Ou attendre tranquillement le lendemain.

Vent qui emmène le ciel.

Je ne suis pas allée plus loin que Saint Agricol pour faire mon marché, et suis rentré écouter musique, voix, un peu n'importe quoi, le dernier caprice de carcasse s'étant fixé sur mes yeux qui me faisaient mal. Ai très peu lu. Vitamines et rien, en douceur.

Et je recycle un paragraphe du convoi des glossolales (il va falloir que je sorte de mon marécage pour tenter de m'y accrocher encore à ce convoi) http://leconvoidesglossolales.blogspot.com/

Le ciel était rouge ce matin, et je frissonnais un peu, front collé à la fenêtre de la salle de bains en le regardant. À l'heure du café, dans l'odeur du pain grillé, tu m'as proposé de mettre en marche la chaudière, et je me suis récriée que nous rentrions à peine dans l'automne. D'ailleurs à midi le jardin ronronnait de tiédeur sous une lumière d'or pale. Mais en revenant du mur du fond, avec un panier de poires, je me suis arrêtée un moment sous le figuier. Le soleil traversait les branches, venait poser des taches de clarté sur les plaques d'herbes, sur les derniers fruits écrasés qui achevaient de disparaître, de se réduire.

11 commentaires:

koukistories a dit…

de la douceur un peu te donnes, et la chaleur de l'été qu'on rassemble au dedans, pour parer à l'hiver (si ça se dit ?)

Pierre R. Chantelois a dit…

La mémoire est la résistance sont comme l'ozone de notre atmosphère : un peu troué. Un temps d'arrêt s'impose pour se refaire une carcasse qui puisse répondre à nos attentes. Il faut résister.

Lautreje a dit…

le temps s'arrête quand "le jardin ronronne de tiédeur sous une lumière d'or pâle"

micheline a dit…

les figuiers d'ici ne sont qu'un décor,mais les poires et les pommes sont bien de ma campagne

Avignon a dit…

Beau style (surtout la dernière phrase qui semble porter en elle tout un roman - que tu écris quand ?)

Chroniqueur rudimentaire a dit…

Une douceur de ton qui me donne à vivre ce temps qui pourtant n'est pas le mien, de m'y reconnaître et de m'y sentir bien, convié à la part douce de moi-même.

brigetoun a dit…

n'est pas le mien on plus - alors l'inventer

Gérard Méry a dit…

Confitures de figues sur le pain grillé ?

brigetoun a dit…

malheureusement non - les figues y compris en confiture sont pour moi souvenir et nostlge parce qu'un de mes fruits préférés mais plein de pépins qui me sont ennnemis

jeandler a dit…

Il y a moins de pépins chez la poire que chez la figue mais voilà tu préfères la figue et une figue sans cailloux n'est plus une figue. Quefaire alors? Passer devant le figuier et les laisser "se réduire".

brigetoun a dit…

oh ! le nombre de choses que l'on aime et dont on parle sans les goûter pour autant...