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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

mardi, novembre 08, 2011


Honte à moi,
J'avais la vague idée d'aller voir - trop tard malheureusement pour rencontrer les avignonnais amis et connus qui assistaient jeudi à l'inauguration - une exposition de photos, et l'université Sainte Marthe par la même occasion.
Plantée sur le seuil de ma cuisine, me suis réjouie de la lumière revenue, et puis de bonnes en mauvaises raisons, j'ai été d'une paresse incommensurable, ai remis cela à demain ou après-demain, et j'ai laissé la journée s'étendre dans le vide.
Je reprends une réponse que j'avais faite, dans un trou du temps, à une proposition d'écriture de Pierre Ménard, à partir de « un jour » de Charles Pennequin http://www.liminaire.fr/spip.php?article642, proposition retrouvée dans la malle à trésor qu'est « Comment écrire au quotidien » http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503656/comment-écrire-au-quotidien

Un jour c'est prendre un avion dans le soleil et le quitter
un jour c'est inviter les cousins sur son bateau de passage
un jour c'est le retour et lui affolé par les exigences de ses filles
un jour c'est partir à l'aube avec lui, le sac de voile et les palengrotes
un jour c'est lui chargé de me faire la morale
un jour c'est le voir humilié dans l'argent brutal et le savoir fier
un jour c'est savoir ses amis « de qualité »
un jour c'est le voir charmeur
un jour c'est lui faire aimer un film de Fellini sans le prévenir
un jour c'est un dialogue entre positions opposées
un jour c'est lui au centre
un jour c'est lui mariant pour la première fois une de ses filles
un jour c'est le tarabuster pour qu'il n'ait pas loisir d'être triste
un jour c'est s'engueuler avec lui
un jour c'est lui timide m'annonçant qu'il va être père d'une « ravisée »
un jour c'est voir le soleil sur son visage pendant qu'il regarde ses petits enfants
un jour c'est la chambre, chez lui, où il attend la fin
un jour c'est lui et elle, chez eux, dans la chambre où il attend la fin
un jour c'est...
un jour c'est les lettres, toutes ces lettres que nous avons reçues
un jour c'est savoir que nous n'étions pas seuls à l'aimer
aujourd'hui c'est ne pas imaginer ce qu'il dirait de cela et de ma veulerie si, par extraordinaire, il était disposé à intervenir, ce qu'il faisait avec une extrême retenue, celui qui, plus ou moins, correspond à ces mots.

9 commentaires:

Pierre R. Chantelois a dit…

(...) « j'ai laissé la journée s'étendre dans le vide »

Si nous pouvions nous permettre ce luxe plus souvent. Magnifiquement écrit. J'aimerais « tarabuster plus souvent le jour pour qu'il n'ait pas loisir d'être triste »

JEA a dit…

la liste d'un jour mais pas du journalisme, mais bien de la poésie...

jeandler a dit…

Pour l'éphémère, un jour, c'est toute sa vie
Un jour, et c'est déjà le soir qui s'y glisse.

arlette a dit…

Et aussi un jour ....c'est comme tu le dis si bien laisser" la journée s'étendre dans le vide "
Cela s'appelle la liberté

micheline a dit…

toute une histoire en 21 jours..si je les ai bien comptés

Gérard Méry a dit…

Un jour c'est....? il faisait nuit ?

joye a dit…

Heureux cousin le tien qui avait une cousine si douée.

J'aime beaucoupissime ton poème, brige. Brava !!!

Brigetoun a dit…

m'est avis que mes cousins seraient surpris par cette idée

mémoire du silence a dit…

J'aime.
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