lundi, mai 14, 2012

hors d'usage, périmée – et Jean a dit


Joues et yeux tirés, coeur en vague écoeuré, épaules criant vers le bas – suis malgré résolution, aspirateur passé au réveil à grand renfort de meubles déplacés (enfin les moins lourds) pour déclencher réaction, et noyer ma petite rage que j'oriente vers moi, par respect pour les encore jeunes vies, après :
dans l'appartement mitoyen, dont ne parviennent jamais ou presque aucun bruit, dont me séparent beaux gros murs, arrivée en tumulte d'un groupe – de trentenaires je suppose – à deux heures du matin, au moment où j'éteignais le Kobo, un peu avant la fin des mains d'Orlac http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504790/les-mains-d-orlac
Brigetoun tête dressée, narines palpitantes, en attente inquiète de la suite – et ce fut deux heures (peut être un peu plus, le sommeil a vaincu) de rires émoustillés, de musique disco avec belles grosses basses pour marteler la rage montante, et à un moment, la honte, l'auto-mépris, la colère de s'entendre beugler «merde», de sortir, se retenir de frapper à la porte voisine, claquer la sienne, et entendre le rire consécutif....

journée de petite qualité, regarder la lumière descendre et remonter sur le mur de la cour, le roseau se pencher jusqu'au sol et se redresser en échevellement, un pot de fusain glisser vers la porte-fenêtre avant de se coucher, se masser le crâne, et puis la nuque, et puis essayer de lire, payer ses impôts, continuer défroissement robes d'été, cuisiner, déjeuner, et retrouver bonheur de la sieste, émerger à la va-comme-os-veulent, essayer aligner mots, essayer, arriver souvent, à comprendre ce qu'écrivent les autres...
se sentir comme le faux bouquet flétri et abandonné – rire de soi – reprendre un paragraphe d'un convoi des glossolales http://leconvoidesglossolales.blogspot.fr/

Jean a dit «il y a la campagne, il y a l'air, il y a la marche» et il y a cheminer pensant, presque en glissant, de plot en plot, sur un trottoir ensoleillé, les taches projetées par leurs formes, les taches dansantes de l'ombre des feuilles, tissant une broderie heureuse sur les idées qui leur restent étrangères, avec juste, dans un recoin de la conscience, la présence des contreforts noircis de l'église et du jeu de la lumière sur les pierres, sans qu'il soit besoin de les voir.

7 commentaires:

Pierre R. Chantelois a dit…

Nuit massacrante qui se termine au prochain soir avec plus de calme et de sérénité. Et Jean n'oublie pas la marche apaisante sous un soleil énergisant, dit-on ;-)

arlettart a dit…

INTENABLE c'est à croire que le printemps émoustille les trentenaires ou autres joyeux malpolis
itou même rires moqueurs et confusion de la part du plaignant
Pensées de verdure calme

jeandler a dit…

Le printemps s'accompagne toujours d'un flot hormonal: prendre un coup de sève comme on prend un coup de sans.
Les voisins sont charmants lorsqu'ils partent au loin...

JEA a dit…

Il faudrait réhabiliter les basses-fosses pour certaines basse...

joye a dit…

Ah, tu sors tes robes d'été ! Quel plaisir !

brigetoun a dit…

me savais périmée... mais pas à ce point - bon

Anonyme a dit…

Périmée, mais que lis je !!!

Par petites touches vous savez toujours me toucher :-)
Merci.

Flore