lundi, juin 04, 2012

avoir recours à Jean



lavage cheveux, ciel lumière filtré par opale, pluies en visites distraites, carcasse en déroute douce, lecture en mode papillon, respecter quiétude, sans heurt, sans effort

hors frotter bois, entamer repassage, bailler, penser pas urgent -

dire zut à Paumée – et puis tout de même faire appel à Jean a dit et à deux paragraphes de convois http://leconvoidesglossolales.blogspot.fr/

Jean a dit «il y a l'aurore, il y a la brume, il y a l'automne, il y a la forêt de Maulévrier», il y a marcher dans le roux, il y a un cor au loin, il y a aussi une feuille tombée sur un trottoir de ville qui joue de son brun fané sur le granit rose ravivé par la pluie.

Jean a dit «il y a la route, il y a les chemins de campagne, un ruisseau et des noisettes», il y a les villes et les rues, il y a les autos, il y a les embouteillages, la pollution et le charme que ce serait d'avoir le temps de voir la Seine en roulant sur les quais, il y a les motos, il y a les livreurs qui roulent sur les trottoirs parce qu'ils travaillent, eux, et il y a les vélos, qui se sentent vertueux, il y a même des vélos de location, qu'ont voulus les maires, et des pistes cyclables, au moins dans les villes qui ont la place, à Paris il y a des pistes pour les vélos, mais il y a les vélos qui préfèrent rouler sur les trottoirs, alors avenue Philippe Auguste je marchais sur la piste cyclable pour avoir la paix et pouvoir avancer en rêvant ou en regardant le ciel ou en pensant à ce que j'allais dire aux clients, parce qu'il y a aussi les piétons, mais eux ils sont soupçonnés d'être des automobilistes déguisés, je crois, parce qu'ils dérangent les vertueux sur leurs machines, et dîtes-moi de m'arrêter parce que je deviens intarissable quand je pense aux vélos, même que j'étais heureuse de partir de la ville que j'aime parce que je pouvais plus marcher dans la ville que j'aime, même sous les arcades du Palais Royal, ils sont là les vélos et les piétons les gênent, alors j'étais contente en arrivant dans cette ville parce qu'il y avait des rues étroites, pas de trottoirs ou tout petits, et des calades qui ne sont pas gentilles pour les fesses des cyclistes, et donc il n'y avait pas de vélo, ou peu, juste quelques tranquilles pour aller faire des courses aux Halles, mais voilà la mairie a voulu ses vélos, des vélos tout gais avec plein de couleurs, et on les a appelé pop pour dire qu'ils étaient gais, et j'ai eu peur, mais j'avais tort parce que les vélos ici ils circulent gentiment, ils partagent avec les autos et les piétons, et c'est les piétons qui sont les rois, au moins dans les petites rues, et moi je suis un piéton, irréversiblement un piéton, et donc c'est bien encore dans cette ville pour marcher et j'aime ça, sauf bien entendu quand il y a des touristes qui font du vélo comme du sport, ou en été, ceux qui viennent de Paris, mais ils ne connaissent pas les petites rues, alors ça va.


En fait, ce dimanche, ce fut en fin d'après-midi, orage tournant autour de la ville, et puis ciel s'abattant en eau brutale dans la cour, et yeux repoussant l'idée qu'elle entre dans l'antre (musique dans les canalisations, sur l'arrosoir, etc.. aussi qui couvrait celle de la chaîne)

10 commentaires:

Pierre R. Chantelois a dit…

Distance si éloignée et tant de rapprochements sur le climat et ces petits gestes de la vie quotidienne.

Chri a dit…

Un orage comme une colère rentrée...

D. Hasselmann a dit…

Les vélos "pop" : attention à l'enlèvement !

tanette2 a dit…

La pluie s'est invitée un peu partout ce dimanche rendant très incertain le succès des manifestations prévues ici là...en ce début juin.

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Un recours à Jean est encourageant.

Espère que le Pacifique n'est pas entré. Enfin, je veux dire l'eau de pluie.

jeandler a dit…

Jean, le chevalier servant.Cet autre, rêvant de Paris et des quais de Seine.
Par temps d'orage, l'air devient doux mais les cheveux sèchent lentement.

JEA a dit…

si Jean était dans l'impossibilité de vous répondre, reste l'Emile...

arlettart a dit…

Il y a les belles restées fières et pimpantes dans le vase regardant pluie en rafale sur les soeurs dégoulinantes têtes effondrées mais libres à vivre leur vie de roses éphémère

Gérard Méry a dit…

.....des calades qui ne sont pas gentilles pour les fesses des cyclistes...les miennes ont fait 501 kms en 4 jours

brigitte celerier a dit…

la pire journée pour paumée depuis un an j crois - moitié moins qu'en absence de billet