samedi, août 25, 2012

Effleurer Paris


Il y a eu, c'est certain, appeler un taxi, y monter avec grand sac, dire «gare TGV»
Il y a eu, sans doute, selon mon habitude, arriver dramatiquement en avance, au moins
Il y a eu rêvasser, lire, regarder paysage fouetté
Il y a eu retrouver ce qui fût, ce qui reste ma ville, et ce quartier presque familier
Il y a eu saluer l'idée de la Bastille, de pas remontant jusqu'à cette petite place sous la masse du jardin aux morts du père Lachaise, des pavés, murs, boutiques que je veux croire inchangés, ou si peu
Il y a eu chercher le restaurant où retrouver le puis les couples venus comme moi du sud mais par trains séparés, TGV oblige
Il y a eu dormir avec gratitude dans le charme de l'appartement fraternel (aux frontières du quartier détesté de l'adolescence)


Cela va être, à Saint Cyr, à Saint Germain en Laye, assister ravie au jeune bonheur, aux fiançailles de celle qui a bien changé depuis qu'elle était le sourire à gauche sur cette photo prise il y a vingt ans (et qu'elles m'ont envoyée pour nouvel anniversaire)

Cela doit être se faire témoin, tenter de garder la discrétion de l'aînée qui n'a d'autre statut que cet âge et ne laissera rien, ne pas faire tache

Cela doit être écouter, s'intéresser sans poser de questions et montrer que je ne sais plus rien d'eux tous, puisque Avignon est maintenant hors circuit
Cela sera l'essentiel, la joie et tendresse
Cela sera reprendre RER, retrouver gare, se tasser dans train, retrouver l'antre pour l'entrée dans dimanche
Voilà, voilà.... ne jouerais pas les touristes dans ma ville, juste l'effleurerais 

10 commentaires:

Pierre R Chantelois a dit…

remonter les marches d'un long pèlerinage dans un passé pas si lointain et se réapproprier une partie de vie masquée soit par l'oubli ou par une certaine volonté de ne pas se rappeler. Bon voyage

Francis Royo a dit…

Beaucoup de choses se bousculent dans ce billet émouvant, amer parfois, nostalgique à peine, fugace comme la vie.
J'aime beaucoup cet effleurement avec ce passé/présent qui passe comme un rêve.

arlettart a dit…

Comme c'est bien
comme c'est nostalgie d'enfance
Sans regret il le faut
Tu es bien jolie avec ton fichu

JEA a dit…

Jean-P. Droit, à propos des "témoins" :
- "Sur presque tous les plans, le siècle que "les témoins" traversent, se caractérise par le désenchantement et la désespérance : les rêves de révolution s'effondrent sous les totalitarismes, les espoirs autrefois confiés aux sciences, à l'histoire, aux progrès disparaissent sous des monceaux de cadavres. Terreur et technique avancent au pas du nihilisme.
Eux, malgré tout, ne cèdent pas au monde comme il va..."

jeandler a dit…

L'effleurer d'une touche délicate et passer tout en rêvant...

Gérard Méry a dit…

Il y eut l'avant le pendant et l'après, intense ! ! !

Francesca a dit…

Tu es donc passée tout près d'ici pour aller composer ce billet doux-amer qui remue gentiment les tripes

Françoise Dumon a dit…

Effleurer la ville le temps d'une fête, d'un retour à la famille, mesurer les distances qui ne sont pas que géographiques.

joye a dit…

Cette dernière photo est magnifique, je l'aime beaucoup, beaucoup ! ♥

Anonyme a dit…


C'est vrai qu'elle est superbe cette photo :-) infiniment touchante !
Garder ses bons moments comme on garde un bijoux que l'on ne portera jamais mais qui réchauffe l'âme rien qu'à le regarder.

Bon séjour, le temps d'un effleurement Brigetoun :-)

Flore