jeudi, septembre 20, 2012

Un mercredi matin ordinaire


A l'heure de la confiture d'arbouse – se promettre une fois de plus, pendant que fond dans la bouche cette pâte molle, presque sans consistance et vaguement écoeurante, de ne plus céder au charme du nom - voir le bambou se déchaîner par instants, balayer la béance de la fenêtre, et sentir petit frisson décourageant -

céder, et enfiler le chandail de laine qui reste dans la penderie, le contredire par un peu de vert, prendre panier et s'en aller dans les rues -

se souvenir, en passant devant Cotélac, de l'invitation à la vente privée, se féliciter d'être contrainte par l'état actuel des finances à n'être même pas tentée (mais se dire qu'un inventaire des valises va devenir nécessaire) -

ronronner dans le doux confort de la laine, et sentir la tiédeur qui s'en vient, par les yeux, d'abord, glissant sur l'éblouissement des dalles, par le discret reste de vent sur le visage qui se fait presque caresse -

par le bleu doux, vivant, et les quelques nuages qui flottent -

céder au plaisir des dernières tomates naturelles, et en prendre petite provision de quatre sortes, des poires, des reinettes et grosses courgettes, 

avec, sagesse, des filets de plie et un petit colinot, des spuntas à défaut de bintjes dont ce n'est pas encore l'époque, et des joues de morue – se dire que cela suffira -


rester un peu dans la brise devant les plantes qui jouent contre le ciel en haut du mur -

s'arrêter le temps d'allumer un cigare, dans une plage de calme, regarder la gloire encore verte d'un arbre, avoir presque trop chaud, rentrer, laisser la journée couler, vaquer un peu, dormir un peu, lire un peu etc.... rien 

14 commentaires:

jeandler a dit…

Grand temps de passer une petite sinon une grosse laine. 3 degrés sur les bords de Loire, la Loire s'enrhume.

arlettart a dit…

Tu as le don très rare de te réjouir des petites choses de la vie
Souvent tes phrases me titillent en marchant en ville ou ailleurs
Merci

Dominique Hasselmann a dit…

Oui, le quotidien : même s'il n'est plus en papier la plupart du temps.

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Rien ? Mais de belles photos.

brigitte celerier a dit…

merci à vous - fait froid hein !

Chab a dit…

C'est un vrai délice, merci.
Ca reste dans la tete un bon moment, comme une petite musique....

brigitte celerier a dit…

un peu ahurie devant votre gentillesse, vous tous

JEA a dit…

esquisse de recette pour joues de morue :
- 4 oignons non pelés dans de l'eau froide, amener à ébullition, 5' à couvert
puis 2h au four à 160° (ça réchauffe au moins la cuisine)
- les langues dans de l'eau froide jusqu'à ébullition, puis 15' à feu doux
(d)égoutter ces joues, bannir les peaux
- cuire à l'eau des pdt non épluchées plus du thym et du laurier
les éplucher encore chaudes (ce qui lutte aussi efficacement contre les frimas)
- revenons à nos oignons, les couper en 2
les évider (pas évident) et réserver la chair
- à la poêle, un mélange de beurre et d'huile, faire sauter (on se comprend) les joues
ajouter les pommes de terre émincées et la purée d'oignons
- ce n'est fini, faire passer de la poêle à un saladier, humidifier avec une vraie vinaigrette
- coincer vos coques d'oignons sur une plaque (avec du gros sel)
les remplir avec le mélange, y compris les langues
un peu de chapelure
gratiner au four position gril pendant 5'
bon appétit

brigitte celerier a dit…

admire, mais suis flemmarde et je tiens à garder au maximum le goût, alors c'est simplicité intégrale (paresse mais pas que) - faire frémir eau, ôter casserole du feu, mettre les joues, compter assez vite jusqu'à quatre, ou simplement ouvrir placard,, sortir plat, égouter joues, les mettre de côté et faire cuire patates à part, tiédir, écraser, mettre filet d'huile, amener les deux trucs à table, rêver, lire, ajouter huile encore parce que je l'aie, manger

JEA a dit…

vous avez vu (mais pas souligné car trop gentille), en chemin, je me suis planté en passant des joues aux langues

brigitte celerier a dit…

même pas, mon cerveau a lu joue... m'inquiète

Anonyme a dit…


Des joues, des langues qu'importe ça a l'air bien délicieux.
Mais je comprends Brigetoun qui apprécie la frugalité des mets :-)
Ces petits riens... m'enchantent en tout cas. Le sel de la vie, rien
de plus :-)
Les photos sont extras j'ai l'air de me répéter mais j'ecris comme je pense voilà ^-^


Flore

Julien Boutonnier a dit…

C'est beau ce que vous écrivez-là. ça me touche. A votre lecture j'ai l'impression que la vie est accessible.

danielle C. a dit…

l'impression que la vie est accessible, oui, c'est tout à fait quelque chose comme ça, et m'en revais toujours mieux que je suis venue