mercredi, novembre 07, 2012

au coeur de la nuit



Ce serait attendre une voiture dans la nuit vide.
Ce serait une rue s'allongeant dans le sommeil, le bruissement léger des feuilles rousses des mûriers.
Ce serait les façades de pierre faiblement éclairées, les passages voûtés ouverts sur le calme des jardins et des siècles.
Ce serait la longue ondulation de la lumière des lanternes espacées.
Ce serait lever légèrement les yeux vers le carré doré de la seule fenêtre lumineuse.
Ce serait rêver tranquillement, dans cette attente, la présence éveillée derrière la croisée ouverte sur la nuit, la guirlande noire d'une plante grimpante.
Ce pourrait être la veille penchée au dessus d'un sommeil, le souffle d'un enfant à la joue écrasée sur la toile, ce pourrait être une silhouette assise, écoutant la nuit, l'écho d'une musique entendue dans une salle, ce pourrait être des yeux se levant au dessus d'une page, regardant la nuit où murmurent les derniers mots recueillis dans un livre, ce pourrait être une rage désespérée remâchant une colère impuissante, ce pourrait être une Juliette souriant ravie sans attendre son Roméo.
Ce pourrait être un vieux savant, ou une vieille savante... les phares du taxi qui freine.

9 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Ce serait, aussi, l'élection d'Obama.

arlettart a dit…

Une lueur dans la nuit... présence rassurante comme la veilleuse pour endormir l'enfant et chasser les ogres de papier

Pierre R. Chantelois a dit…

Une attente, une nuit. Une nuit, des attentes, peu d'espoir. Une nuit, beaucoup d'espoirs, peu d'attentes.

brigitte celerier a dit…

un commentaire d'une grande justesse Pierre

Françoise Dumon a dit…

J'approuve. La nuit tout semble possible, la respiration devient plus perceptible, mais le sommeil comme une hantise de voir revenir démons et craintes, espoirs déçus, pousse à la veille.

mémoire du silence a dit…

On ne se lasse pas de vos "ce serait" presque susurrés

brigitte celerier a dit…

merci à vous tous

DUSZKA a dit…

J'adore ces cellules d'humanité en lumière discrète quand on se promène, quand on est dans le métro aérien,ou dans le train. L'imagination fonctionne alors, y voyant des scènes douces, ou tragiques...

jeandler a dit…

Ce serait au bout de la nuit
une nouvelle de Paumée
éclairant la journée passée