lundi, janvier 28, 2013

dimanche


deux pigeons interdits d'entrée, vendredi matin... parce que veux image,  parce que sont sur le dessus de ma réserve..
Dimanche – jour ordinaire – lumière claire sous haute couverte blanc bleuté 
Eveil tardif – vivre, simplement, plaisirs, petites bagarres avec objets et carcasse – cheveux qui sèchent, imbibant chandails – humidité prégnante – froid – petites tâches, lectures, France Musique
Ceci qui m'avait arrêté un instant à la fin de la préface à une nouvelle édition (en mars 1995) aux Notes de Hiroshima de Kenzaburo Ôé, ouvertes cette nuit et qui m'ont tenue éveillée jusqu'à trois heures du matin – ne les avaient pas lues, ces très beaux et importants articles, reportages sur ce qu'il a vu et entendu en 1963 et 64, qui a nourri toute son oeuvre future, les ai mises de côté pour les reprendre, ai trois lectures en cours (devraient être données à tous les militants qui se servent pour une cause d'une douleur étrangère à eux et à ceux qui font passer leurs certitudes avant toute tentative d'union) – donc ceci, qui n'est pas sur Hiroshima mais sur son fils, une douleur personnelle qu'il portait en lui lors de ces visites
La musique que compose Hikaru, mon fils handicapé mental, parmi toutes les nuances qu'elle exprime, s'est chargée notamment, peu à peu, de quelque chose de sombre, mais elle est belle, la voix mêlée de cris et de pleurs de cette âme triste, et en soi l'acte même de l'exprimer sous forme de musique permet aussi à mon fils de se consoler, de se guérir du noyau de sombre tristesse qui l'habite. Bien plus : les oeuvres de Hikaru, musique capable également de consoler et de guérir les auditeurs vivant la même époque dans ce pays, sont à présent largement appréciées. Je découvre là des raisons de croire à l'étrange pouvoir curateur de l'art.
Et même si la preuve n'en est pas vraiment faite, c'est fort de ce credo que je souhaite si c'est possible, en mobilisant les faibles forces qui sont les miennes, affronter avec une douleur sourde les ravages accumulés par notre siècle au cours du développement monstrueux des technologies et des communications ; j'aimerais plus particulièrement, en me tenant légèrement en bordure de ce monde, me mettre en quête des moyens permettant de contribuer de façon décente et humaine à la guérison et à la réconciliation de l'humanité entière – telles qu'on peut les envisager à partir de cette perspective excentrée
(traduction par Dominique Palmé – Gallimard - Folio)

9 commentaires:

joye a dit…

J'adore tes pigeons, brige !

Pierre R. Chantelois a dit…

Heureux de reprendre contact avec Hikaru. Et le propos que vous avez choisi de Dominique Palmé est une belle entrée en matière pour renouer avec l’œuvre de l'écrivain. Des choix littéraires qui font chaud au cœur et qui élèvent l'esprit.

Pierre R. Chantelois a dit…

Une coquille s'est glissée dans mon commentaire précédent donnant à l'écrivain traité par Brigitte le nom d'Hikaru alors qu'il s'agit en fait de Kenzaburô Oé. En 1963 naît Hikari, un garçon - le premier de ses trois enfants - qui est autiste. Désolé de cette confusion.

Dominique Hasselmann a dit…

pigeons et musique japonaise : une sorte de roucoulement.

JEA a dit…

même dimanche la page ne reste pas blanche...

arlettart a dit…

Ne connais pas ... mais fera connaissance cela me parle Merci du partage

jeandler a dit…

" L'homme ne peut pas être plus qu'une promesse d'homme ". P. Quignard, Vie secrète, p 406.

Pour ma part, j'aurais dit : ne sera jamais plus... qu'une promesse.

Danielle a dit…

convaincue de lire

Gérard Méry a dit…

Défense d'entrer..ils se sont fait pigeonner