mardi, juin 11, 2013

Nourrir Paumée ? .. oui nourrir Paumée


Départ dimanche, en fin d'après-midi dans vent léger et sous ciel mouvant,

vers la place qui vivotait un tantinet en hommage à la fin de semaine,

pour assister, un peu dubitative à la création en France de Death in the Family opéra (musique et livret) de William Mayer, d'après un roman de James Agee et une pièce de Tad Mosel qui en était tirée – spectacle produit par le Centre d'Opéra Contemporain de New-York, lauréat d'un concours.

une histoire émouvante, une musique qui se revendique de Poulenc, Samuel Barber et Bernstein – une mise en scène efficace, qui ne tente jamais d'être autre chose que spectacle, chant frontal, gestes réduits, mais découlant naturellement de la musique et du sens – décor une cage aux éléments mobiles rouges sur fond bleu – une musique qui inclue, presque comme des incises, mais amenées par le frémissement de la mélodie, des airs populaires – musique chorale d'où se détachent ponctuellement les airs – bons chanteurs (belles voix des deux rôles principaux Adrienn Miksch, Mary la mère et surtout Philippe Brocard, Jay le père) – la grande dépression, la ségrégation, de bons sentiments, une forte coloration religieuse.

Avais un peu peur que cela soit uniquement assez bon spectacle de Broadway (pas mal du tout mais un peu trop distraction pour un dimanche après-midi) mais en ce cas c'en était un très bon.

Et voilà que j'ai dépassé la mise en place des photos prises (envisage de m'en passer, trop de temps et d'effort pour le résultat) et à un «c'était dimanche, c'était assez bien».
Etais dans l'auto-dénigrement, pour ne me prendre qu'à moi de ma triste humeur, dans un peu d'agacement... incapable du coup d'en profiter pour agir
Ai déserté internet, me suis installée dans la cour chaque fois que le soleil la baignait, ai écouté de la musique, ai regardé ce que pouvais, le ciel qui changeait, qui est devenu très bleu.. et puis quand la nuit approchait, j'ai téléchargé, commencé de lire, et cela a tout sauvé (vous le conseille) Martin le bouillant de Régine Detambel, attirée par la présentation http://www.publie.net/fr/ebook/9782814507340/martin-le-bouillant
et j'ai trouvé cela, peut-être mieux... un ton qui ensoleille sans masquer, un ton auquel je ne pouvais résister
Avant cette histoire lamentable avec l’ANPE, elle me mettait au lit, le bout de ses jolis ongles griffait mon pyjama idiot et, chaque soir, en éteignant la lumière, elle disait : «Encore un jour qui reviendra jamais !» Ça me plongeait dans la stupéfaction, est-ce que ça meurt les jours, qu’est-ce que c’est hier, qu’est-ce que c’est aujourd’hui, et demain, et je pensais alors que le temps qui court faisait le même bruit de griffe douce que ses jolis petits ongles sur mon pyjama, une sorte de gratouillis comme une boule de papier qui se défroisse tout doucement dans la poubelle, avec des soubresauts entrecoupés de courts silences.
Ou la description des voisins assez jubilatoire, eux, tous, uniques, les clodos,les estropiés, les charlatans, les mémères à chats.... tous qui affrontent la vie pas facile, au milieu duquel vit, agit Martin, armé du principe de sa mère
Elle dit qu’on a le droit de dire des énormités, que la seule vraie politesse qui soit est de bouillonner de vitalité, que c’est la seule chose utile envers les gens qu’on aime, et même ceux qu’on n’aime pas.
Bon la colère n'est pas interdite, et on la sent parfois mais l'important c'est de rire, de se débrouiller et de s'aider.. la morale c'est un luxe auquel ne pas penser
Me suis installée, là dedans, ai suivi Martin. (le petit dealer) qui ne manque pas d'appliquer son principe, alors que, ben c'est pas drôle, .. même s'il est tenté de s'enfuir de la cité, où son père ne revient pas – et il ne fait pas que sourire, ou rire, il pense, il pense poésie, il pense sens à trouver, il imagine.. et puis j'ai pris des leçons, sans doute inutiles mais on ne sait jamais.
L'ai tout de même abandonné un moment, pour revenir aux tâches minimales, et puis à la vie du monde, et au dîner
Ensuite, j’ai replongé dans le Nil. J’ai nagé jusqu’à un troupeau d’hippopotames. Et je me suis endormi en les admirant.

6 commentaires:

Gérard Méry a dit…

J'aime ta photo une et sa verticalité

Dominique Hasselmann a dit…

Broadway sur Avignon, concurrence avant l'heure du festival !

jeandler a dit…

Éclaircie dans la cour. Pourquoi aller si loin ? Un jour de plus, dit-elle. Un jour de moins, dirais-je.

renoir jean a dit…

Dominique me replace dans le temps. Le Festival n'est pas encore à l'affiche que déjà les arts abondent dans la ville. Tout un programme estival en perspective.

Pierre R

DUSZKA a dit…

C'est chouette le Sud... le Centre est plus modeste côté Culture.

arlettart a dit…

Tu as toujours un sujet à explorer
en belle vitalité