mardi, août 13, 2013

H pour lundi


météo et entrée en jour
s'éveiller ou se réveiller quatre fois, comme on tombe avec un sentiment d'urgence hors du retrait, au coeur de la nuit, et aux petites heures, avant que le ciel envisage l'aube - petit tour, noir qui s'impose, retour entre les draps, se concentrer, entrer, avec une résolution qui se dilue avec le passage, dans le sommeil, et puis l'aurore accomplie, devinée fraîche, claire et délicieuse, et un essai, totalement brumeux cette fois, de conscience du monde, de lecture... une chute dans l'absence quiète de nouveau et un début de panique en voyant l'heure.
Matinée un peu bousculée, d'autant plus que les idées de petites activités s'imposaient avec une efficacité inhabituelle, prendre temps de goûter lumière calme et chaude au dessus de la cour, déjeuner avec deux heures d'avance sur mes mauvaises habitudes, s'en remettre un peu, et s'en aller, cherchant l'ombre, dans la chaleur des rues, vers toubib - échange prudent, renouveler traitement, évoquer avec détachement surjoué quelques problèmes, bloquer toute évocation de la fumée.

Lecture
flânerie dans les Milles et une nuit en dînant, effleurer, s'arrêter à l'histoire de Douce-amie, quelques pages, en rester à cette belle façon d'entrer en sommeil
Toutes leurs corolles se diadémaient des larmes des nuées ; et les camomilles souriaient de toutes leurs dents au narcisse ; et le narcisse regardait la rose avec des yeux profonds et noirs. Le cédrat arrondi était la coupe sans anse ni goulot, et les limons pendaient, boules d'or. Toute la terre était tapissée de fleurs aux couleurs par milliers ; car le printemps était roi et dominait le bocage ; car les fleuves féconds s'enflaient, et les sources tintaient, et l'oiseau parlait et s'écoutait ; car la brise chantait comme une flûte, le zéphyr lui répondait avec douceur, et l'air résonnait de toute la joie.

Alphabet
c'est donc au tour de h, aspiré ou non - pris élan, pas trop, surtout pas trop, sera toujours trop


haïr – non, ami, sais-tu, faisons la gueule éventuellement, méfions nous un peu, ne haïssons pas, c'est renoncer, devenir comme l'autre, perdre.
Il est des idées que je dis haïssables, mais elles sont surtout méprisables et stupides etc... ceux qui pourraient être haïs, ce sont ceux qui les font circuler, qui mettent leur nom, leur renom, leur poids, leur familiarité avec moi ou toi, en jeu pour les présenter comme évidentes ou discutables, si haine il doit y avoir qu'elle soit froide, distante, pour que ta, ma raison reste intacte dans ce petit combat (si je ne choisis pas lâchement de céder au sentiment d'inutilité, et de tourner les talons)
Je crois que pourrais me laisser aller à haïr ceux qui font du mal aux plus faibles, aux désarmés, à ceux que j'aime.. je préfère la détestation absolue, portée à incandescence.. ne pas se laisser entraîner.
La haine est laide et effrayante... assez pour que je me console de mon insignifiance en pensant que je n'en serai vraisemblablement jamais l'objet.. juste d'une exaspération.


halte – oublier les aires sur le bord de l'autoroute et savourer le mot – les derniers pas de plus en plus lents et longs, déboucher en haut d'une longue pente, d'un chemin qui se hisse en sinuant, s'asseoir ou rester debout, immobiles, regarder le panorama – trouver une auberge avenante (les poutres sont loin d'être indispensables), un banc, ou rien, juste décider de sortir du flot humain, de faire un pas de côté, pour un instant – poser son outil, son crayon, repousser sa chaise et rejeter son buste en arrière, à distance de l'ordinateur, marquer un temps.

héros – admirable, et un peu exaspérant parfois – qu'il n'oublie pas de se faire humble, de ne pas parader, de rester merveilleusement simple, s'il veut garder amour et gratitude des autres, qu'il leur laisse savourer, intacte, la joie de l'enthousiasme – en vérité il faudrait que son acte ai été un don inconscient, qu'il le trouve évident.
Pour moi, il reste le plaisir, souvent, de saluer ce dépassement, et d'espérer très timidement en être capable si nécessaire.
Et puis il y a le petit héroïsme quotidien, et surtout celui, éternellement renouvelé et stupéfiant, des invisibles, faibles, dénués...

hier – je l'oublie ou je commence lentement à le métamorphoser.

hiver – quand la nature se recueille, reprend force et nous oublie, quand les maisons se font asiles, quand les réunions se font intimes, avec le plaisir du vin chaud et des marrons (deux choses que je n'aime pas) et puis la joie des sports d'hiver qui semble être grande (un seul essai, qui ne m'a pas conquise... retrouver les files, les attentes du métro, et un embryon d'esprit de compétition...) -
une très belle saison que je déteste férocement, sauf certains jours de lumière froide et étincelante.

Homme – un mot qui s'imposait comme évident, incontournable... un mot trop vaste, incernable... je passe,...
Pour le vir ou le mâle, je salue amicalement les hommes intelligents, je ris au nez (en me cachant par prudence) des autres...
Je garde l'humain – et là c'est tout aussi vaste – parce que le seul but qui me semble désirable, et désespérément difficile à atteindre – est d'être digne de l'être, humain.
Je garde aussi, bien obligée, la masse humaine que l'on malaxe, oriente, commande, puisque j'en fais partie.

huluberlu – parce que le mot est joli – parce qu'ils sont indispensables, et que même quand ils sont fatigants, ils sont non moins désarmants.

humilité – mon amour pour les animaux, les plantes, les gens humbles ou humiliés... mon humilité, je la garde précieusement, c'est ma dernière fierté.

humour – n'ayant pas d'esprit, j'espère toujours être capable d'un humour qui ne soit pas trop personnel, incompréhensible (pas toujours le cas)
Revenir en arrière, s'arrêter à Halte ! 

11 commentaires:

Pierre R Chantelois a dit…

Lorsque je vois la lettre H, je vois inexorablement ces heures qui tombent et qui basculent d'aujourd'hui à Hier. Et là je me mets à penser à cette grande fragilité de l'Humain. Et je suis incapable de passer outre à pensée délétère.

Dominique Hasselmann a dit…

Il faudrait que je regarde en arrière si vous avez mis "célérité" dans votre alphabet.

brigitte celerier a dit…

non, pas grand amour pour le mot et puis le c ça débordait

ella a dit…

hurluberlu j'aime ! à la fois nom et adjectif hurluberlu donc !
bien contente de voir le mot humour et son contenu
@ bientôt

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Ai-je reconnu Georges MarcHal ?

Où trouvera-t-on du H ?
Aux Halles bien sûr...
Et on pensera à couper du bois...
à la Hache pour l'Hiver.

Home sweet Homme dit-on...
 ?
o_O

brigitte celerier a dit…

merci ô vous tous d'ajouter à la liste de mes regrets (supprimés ou venus trop tard... fou comme en cherchant pour une lettre me viennent, impératifs, importants, des mots pour les précédentes...) - faut que je me rappelle : pas plus de neuf, ou douze à l'extrême rigueur - vais mettre etc... voir en commentaires

JEA a dit…

Jorge Louis Borges :
- Tout homme est deux hommes et le plus vrai est l'autre."

JEA a dit…

Hauteur : Frédéric Boyer

- "Jamais je n'atteindrai les hauteurs
profondes qui font
renoncer qui font oublier."

Gérard Méry a dit…

J’arrive juste à l'heure H

arlettart a dit…

Bien vu la" haine" sur le visage de pierre
"Herbe" !! je croyais en voyant le brin dans ta cour ..
mais l'esprit malin (Avignon ) dit "H"

brigitte celerier a dit…

Gérard, zut moi je n'y étais pas
Arlette je pensais à humilité