jeudi, août 29, 2013

Mercredi, quelques mots en q


météo

un vent moyen/fort et frais m'a cueillie pour mes premiers pas dans la rue, vent qui faisait danser avant de les jeter en tas les premières feuilles mortes



qui se cachaient dans les platanes, dans ces feuillages qui virent lentement, dont le vert perd son éclat contre le bleu violent du ciel fouetté...
et, inlassablement, comme lundi, comme mardi, on trépanait le sol de la rue Joseph Vernet.

lecture
J'ai terminé dans la nuit les emails de Jérôme Bel et Boris Charmatz, ce petit livre qui donne beaucoup plus qu'il ne le promettait au premier abord, ai fait un tour dans les Mille et une nuits, et puis, avant de m'endormir, ai cherché le M, qui viendra un autre jour, chez Giovanni Merloni et relu le très réjouissant N et sa belle histoire http://leportraitinconscient.com/2013/08/27/n-ou-nemo-prophaeta-in-patria-alphabet-renverse-de-lete-2013-n-14/
On a bien compris, peut-être à cause de son inguérissable propension à la Négation et au Nihilisme, que le N. s’efforce de se faire accepter par des attitudes démocratiques et assez équilibrées dans la représentation d’une grande variété de sensations et de personnages, que le N. même ressuscite un à un du fond de notre ignorance aggravé par l’oubli. Cependant, sans aucune raison apparente, cette consonne Neutre et Normalisatrice, a réussi tout à fait Naturellement à étendre au-dessus de mon élan de Naguère une Nappe sombre pour un déjeuner sur l’herbe aux Nuances Nocturnes, tandis qu’un rayon de soleil se Nouait Nerveusement à ma Nuque pour me Notifier, au contraire, l’ordre de m’arrêter et qu’une voix Nasale, Nichée dans un Nimbe voltigeant autour de mes oreilles, me susurrait un Nom en Naphtaline : Néandertal.

alphabet
en regardant, en saluant avec un petit remord, le prisonnier que j'avais décidé hier de laisser méditer, faisant la moue comme le font toujours les chameaux, derrière ses barreaux... ai pensé mots en Q (terribles ces lettres dont il faut désamorcer le double sens) et, pour une fois - il faut dire que c'était plus facile - suis arrivée à bloquer très vite le flux de mes maigres idées, et n'ai gardé que

querelle
becs dardés, mots pressés, cous tendus pour porter les mots, yeux qui se cherchent, phrases qui se tâtent, se heurtent, rebondissent, voix qui se brident, qui évitent l'amorce du cri, qui cherchent à persuader, à retourner les arguments... entre la discussion policée et la guerre
sur un fil, pour que de l'échange ne naisse pas la rupture, une façon de communiquer fragile (l'un des modes de fonctionnement des familles)
et gare au maladroit ou à la maladroite qui franchit la ligne... on enverra des émissaires dès que le calme fatigué sera venu, mais une trace restera, quelque part dans des silences.  


question
une petite voix flûtée, un visage levé, une main qui agrippe ce qu'elle peut, main, jupe, pantalon, pour capter l'adulte et son attention, et les pourquoi inlassables d'un enfant charmant, si intelligent et si exaspérant – se pencher, tenter de rompre le flux sans brutalité, de s'extirper ce que l'on pense vrai, de trouver les mots... résister à la tentation de la formule expéditive ou de la raillerie (ouf).
Apprendre, dit-on, à poser la bonne question...
Suivre, silencieuse mais attentive, cette bienfaisante amie, la curiosité.
Et cela que je ne saurai jamais : deviner quand les questions sont les bienvenues, sont attendues, quand elles doivent être tues.

quête
Cheminer, nez humant le vent, yeux attentifs, en éveil – main frôlant des dos de livres, guidées par le souvenir ou des indications, pour trouver les sources désirées – expériences relues, revécues, et la tentative désespérée d'y trouver sens.
Tendre la main vers un besoin, vers l'autre, sans s'amoindrir, et pour cela de préférence le faire quand le besoin n'est pas sien
ou créer un petit échange, comme ce rituel que j'ai inauguré avec l'amico assis devant l'escalier montant au transept de Saint Agricol, dont il prend désormais l'initiative avec de plaisantes variantes.

quiétude
le prononcer, sourire, se taire, se poser
En rester là...
choisir un livre, peut-être le malentendu de Monika Maron, parce que les six premières lignes m'intriguent, le poser sur la table de la cour, arroser, revenir avec une tasse de thé, et me plonger dans la lecture pendant que la radio égrène, seule dans l'antre, les nouvelles du jour.
rentrer parce que la nuit est venue, mettre en ligne sur mon autre blog le petit billet destiné à l'attente, chez les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com/, de celui qui devrait être publié ce jeudi (et que, de confiance, sans grand risque, je vous suggère d'aller lire, puisqu'il n'est pas de moi, mais que je crois savoir quel en est l'auteur), nourrir paumée.

8 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

quille d'un bateau ou celle d'un livre, aussi ?

brigitte celerier a dit…

oh oui, je voulais limiter drastiquement, mais je n'aurais pas dû la laisser passee

Pierre R Chantelois a dit…

Si un jour l'Humanité décidait de banir de l'Abcédaire le mot querelle... parce qu'obsolète et désormais inutilisable

arlettart a dit…

Tu ouvres des horizons ...sujets qui ne partent pas en ...Quenouille

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Quatrain.

Qui ? Quoi ? Quand ? Quel quartier ?
Quelle qualité ? Quelle quantité ?
Questions quelconques à la queue
À quérir quelques qu...

jeandler a dit…

Pas de question sans réponse; souvent, celle-ci, dans la question si elle est bien posée, dit-on.

ella a dit…

les photos sont belles pour votre ABC et pour cette lettre notamment
merci
je dis souvent que le mot français que je préfère c'est "Quoique"

Gérard Méry a dit…

au quotidien qu'en-dira-t-on ?