vendredi, août 30, 2013

Jeudi, un peu d'R


météo
ciel bleu nourri de rose vers, 6 heures – le frais sur mes épaules
réveil en migraine, retrait, se recueillir en son crâne, récupérer ses yeux qui tombent dans orbites – faire, boire un robuste café arabica, reprendre souffle après café trop robuste, aller dans le jour
trouver ciel clair avec petits nuages, brise légère et température attiédie, petite allégresse en accord avec la marche vers la librairie où je me suis offert deux de mes envies récentes, à ajouter à la pile que je ronge avec une lenteur inhabituelle..

lecture
noter
Son nom, ça je l'ai su tout de suite : Théodolite. Ça ressemblait à un prénom un peu lunaire et ça lui allait bien. Un prénom porteur d'intentions, avant d'avoir tracé son premier geste ; délicat, en forme de fil.
Théodolite parle – parler n'est pas vraiment le mot, sauf si cela se fait sans voix et sans ouvrir la bouche. Il parle sans arrêt de R.

le début de Théodolite de Christine Jeanney qui le donnait pour marquer son retour sur internet http://christinejeanney.net/spip.php?article747 - avec de jolies considérations sur le mot retour, avec le plan de ce fameux théodolite ou du moins du texte ainsi dénommé, basé sur neuf chiffres, neuf portes et donc l'entrée par la première porte... lire, regarder photos, attendre la suite

et puis savourer, dans la nuit, le calme, sur nerval.fr, la seconde version du beau quand la nuit vient d'Arnaud Maïsetti http://nerval.fr/spip.php?article74 suivre (et aimer cela, reconnaître les mains, d'autres choses) le il qui est là jusqu'à la fin, la troisième entrée intitulée enfance
Veiller aussi tard que possible, garder les yeux ouverts jusqu’au sommeil qui emporte sans qu’on le sache, jusqu’à l’effondrement
le faire, après les deux dernières pages d'une des nouvelles de Monika Maron (belle et tardive découverte)

Alphabet
regarder la trop longue liste de mots en R notée ces derniers jours (je n'aurais pas dû céder à la tentation d'anticiper pour R, S et T)
réfléchir, renâcler, réduire ? plutôt prendre temps, s'attarder, fractionner...
réserver les autres, et pour le premier jour en R (zut aux mois ainsi nommés qui s'en viennent avec la froidure) ne garder que


racines    
Je m'en veux de recourir toujours à cette photo ; ce ne sont pourtant pas les seules racines existantes dans mon voisinage ou les seules que j'ai photographiées (elles le réclament presque toutes) mais me fascinent cette violence et ces boursouflures comme si la force vitale transmise à l'arbre était douloureuse, brouillonne et indomptable.
Comme le sont, je pense, nos racines – puisqu'on ne cesse de dire que nous en avons, désirons, voulons les connaître.. ce qui me rend souvent perplexe – qui ne sont pas, ne peuvent pas, ne doivent pas être quelque chose de simple, non conflictuel, facilement discernable – il est vrai que ces racines le sont en partie, s'exhibent, ce qui leur permet d'être ici.
Le besoin que nous en aurions, leur importance exclusive pour nous faire ce que nous sommes, je n'y crois pas, mais j'ai cessé de croire que nous puissions être vraiment sans racine. Même si elles ne sont pas liées à un ou des lieux, même si le lien qu'elles établissent est lâche, ou refusé, je pense que tôt ou tard nous en prenons conscience, y sommes confrontés avec plus ou moins de sérénité.
Une Brigetoun d'autant plus sentencieuse qu'elle n'est pas sûre d'avoir raison, mais très certaine de penser cela. 

rambarde
agaçante parfois.. et fort utile.
Ce qui est pour moi agaçant c'est cette mode, cette manie récente de les couvrir de cadenas (comme les nounours ou les tapis de fleurs étalés pour communier dans le regret de la mort d'une image qui a été imposée à ceux qui l'ont bien voulu).
Je me souviens d'avoir si souvent traversé le pont des Arts pendant des dizaines d'année, l'ancien et celui qui l'a remplacé, en leur belle liberté, et je suis navrée de le voir cadenassé, prisonnier des sentiments de passants sans originalité, et j'ai trouvé belles, grâce au , mais effarantes, les photos ramenées par Dominique Hasselmann du pont Hohenzollern de Cologne http://doha75.wordpress.com/2013/08/28/patchwork-in-progress-18/
Pouvoir s'y accouder, passer en voyant à travers elle l'eau, la place, la cour que l'on franchit, pouvoir éventuellement la franchir, elle (ne pas le dire, on posera des garde-fous), pouvoir, de la rive, regarder le dessin que celle du pont Benezet pose sur le ciel.

rampes
sois brève Brigetoun, sois brève.. pense à ceux qui te font la gentillesse de passer ici..
Une ressource pour ceux qui dessinent l'architecture d'un jardin – bénies, comme les degrés, cette forme noble, large, douce, des escaliers, par les jambes qui les suivent en longues et lentes foulées aisées.

reflets
la poésie de leurs jeux sur l'eau, mon plaisir toujours renouvelé en longeant les vitrines - le jeu des rencontres, une façon facile, impromptue, irrésistible et fugitive de s'abstraire du réel.

remparts
je ne pouvais les éviter, ils sont là, à deux pas, et ne pourrais m'en passer... que bénis soient ceux qui ont décidé de les conserver (et de ne pas donner suite au projet de faire passer le chemin de fer à leur place, entre ville et Rhône, comme j'ai lu quelque part que cela avait été envisagé, un temps)

repassage
ajouté, avant de me décider à vivre ce jour, pour penser à le faire, ce petit repassage, avant qu'il n'augmente assez pour que mon dégoût de la chose prenne le dessus – détesterai toujours cela d'autant plus que ne sais pas le faire et ne saurai jamais le faire parce que je déteste ça – prendre une cantate de Bach ou une marche Nouvelle Orléans pour guider fer

repos
ce délice que c'est de pouvoir le faire, assez tôt pour que la fatigue ne le rende pas impossible et qu'il ne reste plus qu'à forcer le sommeil à venir nous dénouer et revivifier – ce délice que c'est de pouvoir l'aménager, choisir un cadre, une musique parfois, laisser le monde venir à nous sans enjeu, juste par des sensations légères et fugitives.

répression
de mon élan... stop.
La seule acceptable.
Profiter du début de la mise en ligne par François Bon, par morceaux, de la nouvelle version de tous les mots sont adultes, http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3638 et suivants, lire, dans la première préface, de 2000, écrire avec de soi, continuer en me promettant de ne pas me relire en jugeant, de sauter le retravail (sauf celui qui se fait lors des pauses).. juste un peu tenter de débusquer mes fautes.
Parce que Paumée est sans prétention aucune, mais qu'oser le proposer à la lecture de quelques passants, oblige à un peu de politesse.
Constater qu'il est trop tard pour repasser, arroser.
ne pas renoncer 

10 commentaires:

Anonyme a dit…

lecture tjrs avec plaisir, et voir vos photos collées aux textes ou vice et versa. ;) je me réjouis déjà de vous lire et 'regarder' demain à la même heure

arlettart a dit…

Frappée comme souvent par les "racines" qui affleurent et ce qui nous fait vivre irrémédiablement
Elles ressurissent sans cesse

ella a dit…

pas Originale je dis comme anonyme !

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Ces racines
Me fascinent
Aussi

Je pense à la Rue de la Ré...

:D)

Dominique Hasselmann a dit…

On pourrait Rajouter aux "Racines" (qui font penser au livre de Georges Didi-Huberman) les "Écorces" du même, mais l'alphabet va trop vite...

Belle suite de photos : oui, vous aimez les Reflets (comme on apprécie les appareils Reflex !) et votre suite de "R" n'en manque pas.

(merci pour le "lien"... logique vers les cadenas)

brigitte celerier a dit…

et grand merci pour votre passage

jeandler a dit…

Triste de perdre ses racines, on finit par manquer d'air.
Si l'on repasse encore aujourd'hui, on ne ravaude ni ne rapetasse ni ne raccommode plus... Des mots auxquels on a renoncé.

brigitte celerier a dit…

BRAVISSIMO

JEA a dit…

Jonas Mekas :
- "Les rêves seront notre salut puisque la réalité ne peut nous sauver..."

Gérard Méry a dit…

"sois brève Brigetoun, sois brève.. pense à ceux qui te font la gentillesse de passer ici.."
tu ne manques pas d'humour !!!