vendredi, septembre 06, 2013

La terrasse, New York


C’est Debbie qui m’a fait découvrir la terrasse – entre nous, on disait la terrasse : la cour intérieure de l’Outpost Café dans Brooklyn.
Elle m’y avait donné rendez-vous une fin d’après-midi ensoleillée de septembre.
J’avais été estomaqué par les lieux. Je l’avais dit. Debbie m’avait répondu, sourire coquin, que je verrai, que New York recelait “une foule d’espaces incroyablement secrets” (ce sont les mots exacts qu’elle avait employés). Elle avait ajouté qu’elle m’en ferait découvrir bien d’autres…

C’est ce jour-là, alors que je venais de lui proposer de marcher un peu avant de nous quitter, qu’elle m’avait dit tout de go : Tu sais, j’en aime un autre. Passionnément. Mais si tu veux coucher – juste coucher – il n’y a pas de problème, je suis partante.
Elle portait un débardeur fuchsia si ma mémoire ne me fait pas défaut. Sans soutien-gorge en dessous. Ses seins pointaient par transparence.

Finalement, avec Debbie, ça n’a duré qu’un temps – bien trop compliqué. Il est parfois difficile de partager.
Mais j’ai pris l’habitude de retourner à la terrasse. À chacun de mes séjours new-yorkais j’y fais un saut. 

Il est arrivé, une fois – c’était en mai – que je m’y retrouve seul, totalement seul, une bonne heure durant. J’en ai profité pour prendre des photos : des tables et des chaises, des plantes…
Les bruits de la ville n’étaient que rumeurs lointaines, comme portées par le vent. Je me suis demandé à quoi ressemblaient les lieux tard le soir ou la nuit – si l’on pouvait espérer entendre des dialogues de westerns ou de films policiers tomber des fenêtres ouvertes des appartements au-dessus.

Une autre fois, je me suis retrouvé assis à côté d’un couple, la quarantaine. La femme racontait une histoire hallucinante : il était question d’une fille amputée d’un pied, de ketchup sur le moignon pour effrayer les passagers d’un train, d’une tronçonneuse… Je ne captais que des bribes – c’était comme autant de pièces d’un puzzle que j’essayais tant bien que mal de rassembler.
Je me rappelle que j’étais en train de me demander si elle parlait d’un film ou d’un livre quand elle a sorti son Iphone pour montrer de photos de sa sœur – My sister Miranda – que je compris être l’héroïne – handicapée – de l’histoire insensée.


Vous avez compris que ce joli texte n'est pas de moi. C'est Olivier Hodasava qui a bien voulu que cette histoire vienne se poser sur Paumée, avec ses images (comment fait-il pour obtenir de telles photos avec Google-street?) pendant que chez lui http://dreamlands-virtual-tour.blogspot.fr/ (une belle adresse pour voyager en se souciant des détails) une, qui a un tout petit peu de moi, mais pas uniquement, prétend préférer les comptoirs mais s'attarde sur quelques terrasses.

Tiers Livre et Scriptopolis sont à l'initiative d'un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… "Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.".

La liste des participants, que j'espère correcte, se trouve sur http://rendezvousdesvases.blogspot.fr , dédié à ce seul usage, et ci-dessous, si vous le préférez.

9 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Beau transport dans le temps new-yorkais... La terrasse n'est pas italienne, cette fois !

arlettart a dit…

Je croyais que ta terrasse avait brusquement pris de l'essor
Beau texte

brigitte celerier a dit…

contente d'avoir pu échanger avec Olivier - contente de découvrir cette "terrasse" - je sens que m'y sentirais bien

jeandler a dit…

Paumée adore, je crois, les terrasses ou les petites vues sur cour, alors elle est comblée comme nous sommes comblés. Texte et images.

brigitte celerier a dit…

Paumée aime bien les longer, les regarder quand elles sont piles de tables et chaises mais comme elle le dit chez Olivier n'aime pas tellement s'y installer

François le Niçois a dit…

Superbes photos où visiblement la Google car a réussi à pénétrer.

François le Niçois a dit…

N'arrivant pas à commenter chez Olivier Hodasava, je reviens ici partager le plaisir d'avoir revu bien des terrasses connues à Paris ou à Florence, avec la prise de conscience que j'écris plus volontiers sur les restaurants que sur les cafés !???

Gerard a dit…

Tu aimes la pierre en général les façades en pàrticulier

brigitte celerier a dit…

Mais ce n'est pas moi là mais Olivier Hodasava un infatigable dénicheur de lieux insolites ou un peu délabrés sur google street news