jeudi, septembre 05, 2013

Mercredi, diverses choses et quelques T


météo
second réveil, tardif et fort brumeux, oeil flou sur cafetière et choc des premières gorgées, poser main sur coeur, faire tour sur twitter et sur mes blogs préférés, tentative de penser au jour, en rester au ménage, un peu mieux que tutoyé... à des factures, à préparer ma liste pour l'opéra, en refoulant tout calcul fébrile que voulait faire mon crâne
soleil sur le jour, la ville, chaleur qui nous reste fidèle, affaiblie mais encore bien présente, l'éventualité de la recherche de chandails et autres reste dans un lointain indécis pour mon plus grand plaisir
Je suis partie, en milieu d'après-midi, pour mon rendez-vous à la banque par des rues baignées de chaleur et de lumière - les trottoirs de mon extrémité de la rue Joseph Vernet reprenaient vie : femmes entrant et sortant des boutiques, guère de paquets pourtant –
Je serai presque riche début octobre mais, comme la retraite tarde une fois encore, je vais devoir respecter une austérité de quelques jours et je suis passée devant l'opéra sans y entrer... frustrée et me raillant de l'être - mon ordinaire est largement assuré, le superflu ne va pas tarder à l'être... frustrée, avec plus de raison, devant mon écran, parce que je n'avais plus de connexion. Petite galère, tous les jurons dont je me souvenais, elle est revenue...

Lecture
dans la nuit, ai refermé Muette d'Eric Pessan sur les dernières lignes, sur le retour, l'amorce d'évolution qui se heurte au monde inchangé
Et Muette se tait, se métamorphose en renarde et disparaît sous la haie avant que ses parents ou les gendarmes n'aient eu le temps de se ressaisir et de tenter le moindre geste
et, ce matin, je regarde la pile de livres que je garde à côté de moi pour penser à les inscrire sur Babellio, qui, flemme aidant, se hisse presque jusqu'à chanceler... je la salue dévotieusement, passe mon chemin – je pense rentrée, pense désir de plusieurs livres, décide d'attendre, de laisser l'envie mûrir ou s'évanouir, le temps passer, éventuellement le poche arriver (financièrement et plus encore, ou autant à tout le moins, pour le plaisir de lecture – et puis un bon livre ne perd pas sa saveur) 

alphabet
regarder la liste de mots en T, refuser tous ceux qui me venaient à l'esprit sous la douche et qui n'y figurent pas, m'étonner de leur absence et de la présence de certains autres, en supprimer, scinder en deux le reste, qui est encore trop grand, réserver la seconde partie pour dimanche, l'après-vases...
résister à la tentation de n'inscrire pour cette lettre que le mot TOUT, seul, suffisant.
Je tais la terre, le globe, l'humus, l'argile à modeler, à mêler, le kaolin à cuire, la poussière à fouler, et je ne m'arrête que sur une

terrasse
ou à vrai dire je ne m'arrête pas, je passe
mais je les regarde, les terrasses, je longe les haies et j'aime qu'elles posent des fleurs au bord de mes pas, je me mets une seconde dans la peau d'un des corps béant au soleil, je m'amuse à comparer les tables et chaises qui leur permettent d'afficher leur différence, dans la longue série alignée sur un côté de la place de l'horloge, je m'amuse de ces parasols qui étaient tous ronds, qui sont maintenant tout aussi unanimement carrés, je m'amuse surtout des sculptures dressées le soir, pour leur sommeil, leur vacance.

tige
innombrables, frêles et robustes, courbées sous le poids des feuilles et des fleurs, mais surtout les hauts murs vivants des bosquets de bambous, un peu en retrait des plages, ceux près de la ferme un peu avant l'embouchure du Hamiz, ou ceux longés après le Palyvestre - et quand on les traverse on passe du sable, du macadam au marécage, son contact, son odeur. - (Le Palyvestre, je n'arrive pas à y penser comme à un aéroport civil, c'est toujours pour moi le centre de ce petit groupe de marins, de pilotes, qui fut un des cadres de mon adolescence, une petite société où j'étais gras petit boudin boudeur et que j'ai fortement aimée)

toits
les toits de Provence, quand il entre dans la composition quelques tuiles anciennes, leurs décrochements, leurs emboîtements, et la douceur des teintes sous la lumière.

tombeau
Je ne veux pas de tombeau, ni même une urne...
Je ne visite pas les tombes de ceux que j'aime....
J'étais voisine du Père Lachaise, je m'amusais de l'architecture des tombeaux, j'ai fait une visite polie aux tombes des poètes et autres qui font partie de mon petit Panthéon sans flonflon, mais c'était surtout mon jardin, un endroit où marcher sans vélo et planche à roulettes, entre les arbres (en évitant le coin où je me serais involontairement transformé en voyeur (dit-on voyeuse ?))
Seulement, j'ai du goût pour les tombes très anciennes, les gisants, la sculpture, en me moquant un peu, de l'identité du mort qui le plus souvent n'habite plus la tombe depuis longtemps... un peu davantage intéressée par le rapport entre le commanditaire et l'artiste.
Me plaît modérément celui de ce pape, Jean XXII, mais davantage ceux des cardinaux qui étaient au Musée lapidaire et qui sont au petit palais, et surtout celui, ne sais plus duquel, au beau visage long et au nez brisé – j'aime la merveille qu'est le tombeau de Philippe le Hardi à la chartreuse de Champmol et les pénitents qui le portent - je pense au tombeau de Mignard à Saint Roch à Paris, et, mais là je me contredis, à celui du Titien à Santa Maria Gloriosa dei Frari - je me contredis parce qu'il est récent, banal, et que ce qui m'avait attirée, retenue, c'était Le Titien et le beau volume de la nef,
les tombeaux de Saint Denis et les cadavres d'Henri II et de Catherine de Médicis.
Ah ! et puis les gisants de Fontevraud, et, laids mais fascinants, les tombeaux des couples étrusques au Louvre, tant d'autres,

tortue
juste parce qu'en cherchant je ne sais plus quelle photo, je suis tombée sur celle-ci, sur l'une des tortues toulonnaises, dont j'ai appris la mort, et qui était amie exaspérante, obstinée bouffeuse de pieds.
et puis in mémoriam coupable du seul animal que j'ai possédé, dont j'ai été responsable, enfant, parce que l'ai tuée en la lâchant, sous le coup d'une surprise, en haut d'un escalier.

touristes
ce que je suis incapable d'être, du moins en troupeau, guidée... et c'est une des raisons pour laquelle mes rares voyages ont été pour m'installer une dizaine de jours dans une ville à découvrir... et que je ne le fais et ne le ferai plus maintenant où je ne suis pas certaine de ne pas avoir besoin d'aide.
La tentation idiote, parfois – très fugitive, caressée juste un instant – de tirer la langue à certaines des cargaisons, quand j'ai l'impression d'être élément du décor.

Suis pas contente du tout de tout ceci, tant pis, suis pas capable de mieux ce soir.
Venez voyager avec autre que moi demain.

11 commentaires:

Isabelle Pariente-Butterlin a dit…

On passe chez vous, on vous accompagne dans vos déambulations, on se demande quel T on aurait choisi, on trouve que les vôtres sont des trouvailles, on regarde autour de soi, on cherche des T, on n'a pas envie que l'alphabet se termine.

Francis Royo a dit…

Anecdotique: beaucoup de mal à vous imaginer " gras petit boudin boudeur".

brigitte celerier a dit…

Isabelle, merci, touchée de l'honneur que me faites gentiment
et me sens incapable de commenter chez vous ! zut

brigitte celerier a dit…

Francis oh que si ! bien gras et plus que boudeur - une adolescente pénible

Dominique Hasselmann a dit…

Touristes en Avignon ou amateurs de T... (âtre ?) : difficile de faire le partage.

Seul le calme indique la fin de la représentation, comme dans les cimetières mis en scène.

jeandler a dit…

Ah, qu'ils sont beaux les toits de Provence à toi !

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

L'heure du T ? Déjà ?
Je le siroterai dans les phoTos.
:D)

JEA a dit…

recette de la tarte aj'djote ? non, rassurez-vous, pas aujourd'hui
G. E. Clancier :
- "Nous qui sommes trace éphémère
Dans la merveille et dans l'effroi..."

voirdit a dit…

Passer de la tige aux bambous, soit. Mais des bambous à vos souvenirs d'enfance et à ce quartier des marins, mais si mais si il y a bien de quoi être satisfaite de cet écrit...Continuez, ne serait-ce que pour vos lecteurs !

arlettart a dit…

Très belle image d'herbes folles sur gouttière dévastée
TTTTrès bon TTTouT ça

Gérard Méry a dit…

..mais bien sur demain je reviendrais...tu aimes les voyages solitaires mais tu es toujours entourée.