mardi, octobre 08, 2013

jeu de l'orgue et motets


deux jours de ciel clair, de vent fraîchissant, s'endormant, revenant et de nuages légers voyageant

suis donc allée dimanche, à 17 heures, à quelques pas de l'antre – découvrant en passant l'existence d'un vide-grenier, l'évitant – à Saint Agricol pour assister, en public maigrelet (j'aime assez le manque de pose, le côté presque artisanal et le souci tranquille de la musique de l'association, dont ne fais pas partie, de l'Orgue en Avignon)

pour un petit concert de musique romantique, choix fait par Jean-Marie Puli, organiste, plus habitué comme la plupart d'entre nous, à la musique baroque ou aux compositeurs autour de Franck, pour le plaisir de nous inciter, le cas échéant, à la découverte, et pour être en harmonie avec l'âge de l'orgue de Barker et Verschneider de 1862
en fait la notion de musique romantique était prise dans un sens très extensible puisqu'avec Saint-Saëns, Bandini, et Théodore Dubois, je retrouvais l'époque que venais de quitter en abandonnant l'écoute de la journée Marcel Proust sur France Culture.

Une belle initiative : une camera (portée à la main de façon assez inventive ce qui occasionnait par moments une forte impression d'être dans une barque prenant la houle par le travers, 

mais qui, lorsqu'elle restait fixe, nous donnait le plaisir de voir le visage attentif sous la crinière blanche de très pacifique lion de Jean-Marie Puli, la délicatesse du jeu des mains très baguées émergeant de la chemise rouge ou la jolie danse des pieds sur le pédalier)

un programme qui alternait cinq pièces d'orgue : une sinfonia de Gian Battista Candotti, légère superbement théâtrale (caractère de presque toutes les musiques de ce programme, qui sentaient l'opéra ou le concert de salon), le charme de la petite pastorale champenoise de Théodore Dubois, l'émouvante tocata pour l'élévation de Pietro Bandini, et deux morceaux (ce que j'ai préféré) de Hesse.
Alternant donc l'orgue et des motets mariaux : ave maria, ave maris stella ou ave regina caelorum, et deux autres, dans les versions d'Adolphe Adam, Lefébure-Wely, Léo Delibes et Camille Saint Saens, interprétés en solo ou duo par Sylvie-Claire Vautrin, soprano (dont je n'ai que moyennement aimé la voix) et la blonde Ada Bonora alto.
Plaisir de presque toutes ces musiques et de la différence grande des sensibilités.
Et puis m'en suis revenue pour finir de m'occuper des photos du parcours.

Lundi, petite incursion, frissonnant un peu dans la laine lâche de mon chandail sous les petits assauts du vent, yeux dans la lumière, jusqu'à la Civette, et, en écoutant, passablement passionnée par le niveau, le plus souvent, des échanges, de la réflexion sur le doute, le doute sérieux, le simple doute, le moindre doute, etc... les consultations par les deux commissaires désignés par l'assemblée, un avocat socialiste et un magistrat UMP, tous deux honnêtes hommes, sensibles, et ouverts, de divers avocats, magistrats, présidents de chambre, pour une éventuelle réforme de la procédure de révision pénale, j'ai fait du ménage, une heure et demie de repassage, pas tant mais assez pour casser le dos de la petite vieille, avant la tentative dans la nuit descendue d'aligner ces quelques mots, d'un intérêt tout relatif (mon opinion sincère, mais suis vide, vide, vide) 

5 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Petites ou grandes orgues, c'est peut-être le mistral qui souffle dans les tuyaux...

mémoire du silence a dit…

Merci à "la petite vieille" pour ses notes florissantes... car même si je ne laisse pas souvent un commentaire, je lis toujours ses notes avec bonheur ...

arlettart a dit…

C'est un peu la musique des..sphères
terme peut-être impropres
Aime les images en superposition

jeandler a dit…

Une excellente idée que cette caméra et les images montrant enfin le jeu de l'organiste qui reste caché excepté pour les orgues de chœur.

Elise a dit…

vide... donc prête à accueillir, ainsi de ces mots et ces images