mercredi, décembre 11, 2013

Sur la place froide


Amis, les façades, sous le choc du soleil, renvoyaient dans mes yeux le froid éclat blanc de la lumière gelée, et elle pénétrait en moi, vaguement honteuse en pensant au vrai froid, et à ceux qui n'y sont pas de passage, descendait en déséquilibre inconfortable, me faisait conscience distante et jambes floues.

Amis, j'étais spectatrice de mes gestes, de mes pas, forçant mon attention pour assurer contact avec le monde, gardant un peu de distance pourtant, et ça aurait pu être, devant cette galerie de statues sur la place, avancer en compagnie de l'un des modèles, le petit singe, et l'entendre commenter avec malice, bienveillance plus ou moins réelle, la justesse des portraits de ses compagnons :
le sourire d'aisance satisfaite de monsieur l'ours, la recherche d'élégance négligée de son écharpe, la fausse humilité distraite avec laquelle il trône dans sa voiture, sa gentillesse bonhomme – «ouai, faut pas trop t'y fier, il est fin et fort en affaire tu sais, et il est si calme parce qu'il se sait puissant.»
les lunettes sur le regard lointain de messire lion – «c'est un mystère, lui, je ne sais pas s'il est est passionné par la lecture ou simplement paresseux, s'il sait et pense beaucoup, de toute façon il ne parle jamais... mais je ne me risquerais pas à lui poser la question, ses colères sont rares et brèves, mais terribles, et puis il retombe dans son indifférence méprisante – c'est réussi, on devine cela, tu ne trouves pas ?»
il a souri à l'image du petit ours, juste pour montrer qu'il l'avait vue, et puis, planté devant sa propre effigie, il a essayé de prendre une des oranges et a postillonné sa déception... elles étaient fausses.
«mais tout de même, je pense, à vrai dire, que c'est vraiment par trop hyperréaliste, avec juste une petite touche pop, largement dépassé et sans grand intérêt quoi...»

N'importe quoi... pardon. 

10 commentaires:

Pierre R Chantelois a dit…

Le froid devient de plus en plus insupportable. Je ne sais plus trop si je devrai hiverner... et ralentir mes courses à l'extérieur. Je vous comprends ;-) Aujourd'hui, moins dix-sept avec le facteur éolien.

arlettart a dit…

Grand froid!!! et l'attitude des hommes est en ce lion pédant et la douceur du nounours
et ce n'est pas n'importe quoi!!!

cjeanney a dit…

(ce qui me choque c'est surtout ce manque de goût ( des lunettes jaunes, non mais vraiment)) (les fauves ne sont pas très nets, parfois) (je me demande de quels politiciens/et/ou/grand-penseurs les membres de ce petit peuple peluche sont la réincarnation)

brigitte celerier a dit…

d'un peu monsieur ou madame tout le monde par nos petits côtés je le crains

Dominique Hasselmann a dit…

la comédie animale est souvent miroir comme la glace (au sens de l'eau gelée)...

brigitte celerier a dit…

sourire

jeandler a dit…

C'est un don pour lequel nulle nécessité de demander par don ! Un bel éclat de lumière même si elle est douce; ce qu'il faut à mes yeux fatigués. Merci.

brigitte celerier a dit…

mais chez moi vertige très incnfortable

joye a dit…

Je ne te pardonne pas, tu n'as rien fait de mal (ni de mauvais) ! OH !

bises, Miss

Gérard Méry a dit…

Ah si Noé voyait çà !!