vendredi, janvier 17, 2014

la musique comme remède


 pluie sur la cour, et prégnance de plus en plus grande des ennuis de carcasse, que point ne saurais dire, mais qui transmettent encombrement, douleur, hébétude à mon esprit et me vouent au bec ouvert ou au sommeil – petite lutte tout le jour avec cela, difficultueuse, amélioration lente, parachever aujourd'hui, ou l'essayer, avec l'aide du pharmacien.
Quelques éclaircies, où me suis ruée sur quelques lumières et sourires dans des lectures dans et hors internet... 
calmants, parer modestement carcasse, juste pour mon moral, et m'en suis allée une fois encore vers Beethoven et ses quatuors, joués par le quatuor Ysaÿe, en grande attente, mais sous parapluie et torrents de l'eau qui s'en donnait à coeur joie..


Au programme de ce jour trois quatuors seulement, et en modifiant un peu l'ordre de composition
le n°11, de 1810, pour clore la période de gloire, le plus court (plus encore que les premiers)
allegro con brio, l'attaque par les quatre instruments, la montée de la plainte du violoncelle, puis le lyrisme de l'alto, une belle sérénité, des affirmations presque triomphales.... et la fin qui s'efface – allegretto ma non troppo introduction lente du violoncelle, la douceur du chant du premier violon appuyé sur les autres instruments... la tristesse légère – allegro assai ma serioso et un dernier mouvement larghetto espressivo superbe allegretto agitato en long rondo qui, après une pause, s'achève en galopade
le n°12, créé en 1825, le «premier des derniers», juste après la neuvième, entrée lente maestoso du premier mouvement qui devient allegro teneramente sérénité, douceur joyeuse, reprise du début... - adagio ma non troppo e molto cantabile lent, et le plus court, en pur plaisir – fin sur pizzicati du violoncelle – scherzando vivace de loin le plus long, me suis laissée bercer sans tenter de comprendre ce qui faisait le charme sans doute faussement simple de ce que j'entendais – finale mélodie, ritournelle, chanson...
Cette fois j'avais bien regardé, dans l'après-midi, ce que je faisais, avant d'emprunter à Youtube une vidéo de ce quatuor
entracte 

avoir des envies de cigare sur balcon dominant la nuit humide de la place, monter au foyer très désertique, penser un moment à les encourager mais leur café est vraiment imbuvable, et redescendre, parce que les porte-fenêtres sont sagement fermées

sortir et tirer quelques bouffées devant une place gorgée d'humidité mais sans pluie, en compagnie d'un malade abandonné
rentrer, attendre un peu.. ils arrivent, remontent leurs manches et l'on admire les manchettes, se recueillent un instant, le violoncelliste y prend une allure de bonze... et ils attaquent (le programme sautait au n°15, de la même époque, le seul de ces quatuors de la fin qui, selon mon programme, eut tout de suite du succès – je suppose qu'il a été choisi parce que très long)
assai sostenuto, allegro – courte entrée, le violoncelle lentissimo, rejoint par les autres, un accord, trilles du premier violon et son chant– exposition des thèmes... un duo très lent du violoncelle et de l'alto, retour du thème principal – agité, fin énergique – allegro ma non tropo molto adagio, un thème calme, une chanson lente qui s'anime avant le molto adagio une montée de tous les instruments en choral, un andante comme une délivrance, un bondissement, montant de plus en plus, une trille du premier violon, une succession des thèmes, retour final au long chant qui va crescendo – alla marcia, assai vivace (je crois que la musique est née pour le plaisir de l'italien) une petite marche, un long chant tendu du premier violon très beau, un crescendo presque échevelé et une musique qui meure lentement - et puis le superbe, riche, allegro appassionato final dont je dirais simplement que je vous souhaite de le connaître ou de l'entendre.

Applaudissements quasi frénétiques, sourires, quelques échanges, si cela continuait plus au delà de vendredi, nous deviendrions une bande d'amis, nous le petit club de plus en plus restreint..

et retour presto, un peu plus tôt que les soirs précédents, dans une ville qui sèche lentement et une douceur étonnante.

4 commentaires:

Francis Royo a dit…

Et merci de me les avoir fait ressortir de ma discothèque. Je les avais négligés depuis trop longtemps.

Dominique Hasselmann a dit…

Ordonnance à renouveler !

arlettart a dit…

J'écoute en te lisant ..plaisir rare
En prélude ces petits bruits d'accords et de pages tournées

jeandler a dit…

Ah, si seulement il ne pleuvait que dans la cour !