mercredi, mai 28, 2014

Mardi, vraie sortie – rentrer avec trop de photos


jours où j'étais un peu ainsi, ... et un peu en recherche d'éléments pour tenter de comprendre le monde, un peu en tentative de montage du vase de juin, sur mauvaise base..

et puis comme mardi matin, le ciel semblait de belle humeur – comme Toulon est en vadrouille et que c'est le bon moment pour aller à Marseille – comme j'avais lu des billets me donnant désir impérieux d'aller à la Vieille Charité, un peu pour la connaître enfin, un gros peu parce que ce qu'on disait de l'exposition en cours me tentait..

un peu aussi (faut pas se l'avouer) parce que ma réaction lundi à notre désarroi (bon le FN c'était prévu, mais qu'il n'y ait plus de front de gauche dans le sud-est non, et puis d'autres choses comme la confection des listes et la disparition de gens que je pensais estimables), après un budget fait à grosses masses, je suis rentrée de la ville avec les produits d'entretien prévus, mais aussi une robe de bonne maison et enfin et surtout un petit nouveau, juste un peu plus grand que mes anciens compagnons... que j'ai mis dans mon sac/seau de paille, après avoir survolé le mode d'emploi, et jugé que, bon je verrai ça plus tard..

et m'en suis allée prendre un train vers les visages
http://www.marseille.fr/sitevdm/jsp/site/Portal.jsp?document_id=20093&portlet_id=8 (lien vers le site officiel de l'exposition Visages – Picasso Magritte Warhol)
mais lisez surtout le billet de Pierre Ménard http://liminaire.fr/palimpseste/article/visages-d-une-exposition - suis totalement incapable d'en parler intelligemment ce soir (bon je pourrais attendre... pas certaine que dirais aussi bien)

petite attente dans ma vieille gare

trajet en sautillant de gare en gare, nez dans le studio de l'inutilité de Simon Leys, levant parfois les yeux pour voir, entre autres, un coin de champ borné par des cyprès noirs contre le bleu, en rive d'une herbe turquoise rougie légèrement par un voile de coquelicots, fermant le livre en arrivant à la première gare marseillaise sur la fin de son article sur Conrad, après l'avis négatif de Gide : Pour revenir au coeur de notre effroyable époque, écoutons plutôt Primo Levi : «Si mon travail littéraire a ses racines quelque part, c'est dans Conrad».

Prendre le métro pour une station (économiser mes vieilles jambes..)

et contrairement à mes craintes ne pas trop me perdre dans le quartier que je découvrais

arriver à la Vieille Charité, la caresser des yeux un moment, soulever un poco un sourcil devant la coupole obuesque

et aller affronter mon visage à ceux que n'ai pu photographier (prohibé)
les deux premières salles vouées aux «visages de la société» avec (ma mémoire tente de capter l'écume de ce que j'ai vu) – visages du retour en rude figuration après la première guerre mondiale avec Grosz, Richard Gessner, deux beaux dessins de Hubbuch etc.. - un Segal très plâtreux derrière un hygiaphone, et puis Hélion, trois têtes chapeautées, face à un beau Dubuffet, la vénus du trottoir, blafarde, tête sur seins, forte et effondrée, et à la silhouette de bronze roux d'une marcheuse de Giacometti -
les visages icônes avec Warhol et Vik Muniz,
l'homme effacé dans notre monde contemporain – un fusain plus grand que nature (ou de peu) de Robert Longo, une silhouette en veston déséquilibrée comme par une danse et qui est un gangster mourant – des photos de Brassai, Gisèle Freund, S. Weiss, William Klein.. montrant ces humains effacés, brouillés..
un portrait de Marial Raysse, la belle mauve, un oeil soigneusement maquillé, ombre de paupière mauve, un oeil éborgné par un plumeau lie de vin
l'influence de Hopper – et, à côté, deux photographes que j'ai beaucoup aimés, Beat Streuli et Philip Lorca di Corcia
et un portrait que les grands coups de brosse rendent abstrait de Yan Pei Ming

une autre salle pour les «visages de l'intimité»
avec un autoportrait de Kirchner, superbement violent, des Bonnard où le corps est montré se dissolvant, un Picasso la femme au miroir repris sur l'affiche, d'autres...
et une photo de Nan Goldin étonnamment semblable à une de celles exposées à la prison Sainte Anne 

une petite pause visage au soleil et puis «les visages de l'esprit» avec, bien entendu, De Chirico, Magritte, Brauner, mais aussi ce que j'ai préféré : une femme au sourire de Picasso (tordue et belle), un petit portrait de Diego de Giacometti, et deux Bacon
et je passe le reste...

la possibilité de garder des images (en visant au dessus des oeuvres) de la chapelle qui abrite des petites sculptures - deux Brauner (dont le beau signe composé de deux visages superposés), et pour mon plaisir grand un Max Ernst, un Gargallo, d'autres...

un café, et dix ou quinze farfalle... pas faim et je commençais à avoir mal aux pieds (nouvelles sandales à talons anormalement hauts pour moi, portées avec aisance depuis trois jours, mais qui là ne s'imposaient sans doute pas)

et monter au premier étage, flâner un chouya en regardant la ville, la cour, avant de pénétrer dans la pénombre du Musée d'Archéologie Méditerranéenne, en avançant entre la collection permanente soigneusement laissée dans l'obscurité

et les oeuvres choisies pour accompagner le thème des visages (en l'étendant souvent aux corps et aux canons, égyptien et grecs)


oeuvres des Cyclades, enfançon étrusque, visages copte, grecs, silhouettes égyptiennes, petites statuettes irakiennes, etc... rien noté, aimé souvent, le plus souvent

et sur le visage rêveur du diadunème, suis sortie... la petite suite gardée pour demain. 

13 commentaires:

arlettart a dit…

Immense plaisir de retrouver ces images par tes yeux

Christine Simon a dit…

et le plaisir du petit canon, je pleure le mien hélas que je vais remplacer.

brigitte celerier a dit…

moi, malheureusement, carcasse n'en respecte aucun, puisqu'il s'agit là de canons de beauté

Julie a dit…

Ce ne sont jamais trop de photos. :)

Dominique Hasselmann a dit…

Toujours le paradoxe de ces expos de photos que l'on ne peut prendre en photos...

Mais vous avez su très bien contourner l'obstacle (et votre Sony semble impeccable).

Et puis, il y avait - entre autres - un Martial Raysse, alors...

jeandler a dit…

L'attente récompensée: cela valait la peine d'une longue préparation. Belle note.

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

La beauté que donne le temps sur les objets ethniques...

brigitte celerier a dit…

oui Dominique,mention dédicace (enfin pas que pour cela)



euh Michel : statues grecques entre autres ethniques (à leur aune ce sont nos oeuvres qui le sont)

Claudine a dit…

Quel plaisir de vous suivre dans votre Sud !!
magnifiques photos à voler...

Gérard a dit…

Tu as même ramené un tailleur gorgé de soleil

Hue Lanlan a dit…

merci de partager ainsi vos visites !

Françoise Dumon a dit…

Ce que tu montres du musée archéologique me donne une bonne raison de retourner à Marseille, meilleure que l'exposition à la Vieille Charité. Enfin une raison de plus...

Christine Zottele a dit…

sur tes pas, je te suis, revois avec tes yeux, ce que j'ai vu... effet loupe garanti... merci!