vendredi, juin 27, 2014

Brigetoun tente, et au petit palais on acquiert, restaure, attribue

Matin, coupé une tête d'hortensia proche de la mort, et un peu trop autour, ménage un peu, repassage, et puis, une envie de renouer avec les mots, j'ai repris la première des propositions d'écriture de François Bon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3565#forum9230 avec trois semaine de retard – ne voulais pas, me sens piteuse et puis je ne pourrais faire mieux que bâcler en juillet – mais là une envie brusque, et l'ai posé en commentaire, sans respecter les règles que n'avais pas lues, un peu comme un coucou usurpateur, sur le site... j'espère être pardonnée, quelle que soit la qualité ou non qualité de la chose (gentiment le maître des lieux l'a joint aux autres contributions..)
En fin d'après midi, ou début de soirée, à l'heure où le train touriste rentre au garage,
monter vers la place du palais, 
la traverser dans la lumière et la chaleur atténuées vers le petit palais, 
pour le vernissage d'une exposition-dossier, «la visitation acquérir, restaurer, attribuer»
attendre un peu en marge de la mini-foule, avec quelques têtes connues, de celles avec lesquelles on n'échange que des saluts souriants,
et puis écouter un petit speech intéressant, nourri, dense, sans pesanteur, de la conservatrice, avant celui, très gentil, de l'adjointe déléguée à la culture, le développement numérique et la culture provençale, à laisser glisser sans esprit trop critique.
Laisser une partie du public profiter du buffet, et monter, un peu en arrière de la première fournée,
s'arrêter une minute devant les fenêtres de la grande salle sur le Rhône et la France
et écouter, tranquillement, derrière le gros de l'assistance, 
contre les jolies boiseries de la salle où se tient l'exposition, l'histoire de la découverte dans une vente, par un conservateur du Louvre, de deux petits panneaux, considérés sans aucune certitude comme attribuables à la «Ligurie, vers 1500», 
de l'alerte donnée au petit palais, des aides trouvées pour l'acquérir, du séjour, au Louvre, pour étude et restauration, de ce qui est apparu, avec certitude comme une oeuvre de l'Ecole d'Avignon, c'est à dire d'un de ces peintres flamands venus à la charnière du 14ème et du 15ème s'établir en Provence, y laisser un groupe d'oeuvres que Brigetoun, du haut de son ignorance vaguement débroussaillée, appelle «flamandes avec lumière dure», Enguerrand Quarton, le principal, Nicolas Difre, d'autres moins connus, et Josse Lieferinxe, 
l'auteur d'une visitation qui faisait partie de mes amis au Louvre, qui nous est prêtée le temps de l'exposition, que j'ai saluée avec plaisir et dont j'ai totalement loupé la photo
et puis, me suis approchée, pendant que les premiers circulaient, s'arrêtaient pour parler dans la galerie, redescendaient, pour voir les oeuvres, et retrouver sur les deux grands panneaux assez bien réalisés, pédagogiques sans lourdeur, ce que j'avais écouté, les deux étapes suivantes
restaurer : déposer les élargissements des panneaux pour leur rendre leur souplesse, décrasser, alléger les vernis, poser glacis léger pour atténuer, radiographier pour découvrir galeries des xylophages, les clous, etc.. étudier la palette
et attribuer : identifier personnages (chevelure de jeune fille de la vierge, maturité, plus douce que chez Josse Lieferinxe – tout comme le dessin, limité à l'essentiel chez ce dernier, est fouillé presque jusqu'à la confusion sur notre panneau, ce qui exclue qu'ils soient de la même main – maturité donc de Marthe), 
retrouver, d'après la taille des visages, celle du panneau original, qui est vraisemblablement la partir centrale d'un retable, et chercher longuement, comme des détectives, l'auteur, qui ne peut être ni Josse, ni avec le traitement particulier des auréoles, les différences de mains évidentes aussi, ni Enguerrand, ni Nicolas et retenir comme possible une proximité, signalée par un conservateur de la région, avec des peintres d'enluminures, dont une Bethsabée au bain de Carpentras...
suivre lentement chemin vers sortie, regretter un peu que le circuit autorisé me limite aux lucquois et toscans, saluer un vieil ami,
notre Botticelli,
redescendre, ne pas s'attarder devant le buffet,
et rentrer dans la beauté du soir qui hésitait encore à descendre sur la ville.

7 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Les deux panneaux de "la Ligurie" méritaient vraiment une "restauration", à tous les sens du terme.

brigitte celerier a dit…

grand merci Dominique pour votre belle fidélité, sans cesse restaurée

Christine Zottele a dit…

de plus en plus le désir de retrouver Avignon... bientôt, bientôt... merci pour ces images belles!

Françoise Dumon a dit…

J'avais autre chose, mais je pense que je vais trouver le temps d'y aller ;-) Tu m'en as donné l'envie, en général les expositions du Petit Palais sont toujours intelligentes et nous montrent de si belles choses.

brigitte celerier a dit…

demain une averse avec laquelle je me bagarre là

arlettart a dit…

Espère qu'elle restera jusqu'en Octobre J'aime ce Petit Palais et revoir " les amis "fidèles

Gérard a dit…

Quelle journée hautement culturelle en Avignon ! ! !