samedi, juin 14, 2014

Chaleur à ré-apprendre et voix dans la nuit


matin frissonnant dans le reste de fraîcheur qu'envahissait lentement l'assaut de la chaleur

Brigetoun un peu vexée et très embêtée de constater que l'âge la rend inapte à s'épanouir durablement, avec plaisir, dans la calor, sentant monter la crainte des attentes en milieu de journée sous le soleil dardé...
et la splendeur du ciel...
j'ai préparé la longue liste de ce que tenterai d'obtenir demain, après une heure ou deux d'attente sur le trottoir de la rue de la République... pari sur la tenue du festival, pari sur la résistance de carcasse, petite excitation et certitude qu'il faudra recommencer cela pour une moitié ou à peu près des spectacles, dans l'affluence de lundi, ou mardi matin sous les arcades du cloître Saint Louis
repassage, petites corvées, errance fictive dans Brasilia, suée dans la cour et sieste, avant de partir vers l'opéra, dernier spectacle avant que l'on installe l'horrible climatisation pour les festivaliers 

râler (décidément) contre les motos qui se rapprochent de plus en plus et vont se multiplier avec l'été, juste devant ma porte, remonter sac sur l'épaule, et m'en aller donc vers la salle sans clim, et sans doute de belles voix (les jeunes solistes du Centre national d'artistes lyriques) cinq soprani, une mezzo, un ténor, quatre baryton, une basse
et un programme éclectique
Bizet, Delibes, Donizetti, Lehar, Massenet, Mozart, Nicolai, Rachmaninov, Rossini et Verdi

petit espoir pour demain en voyant que le ciel s'est couvert, en sentant une petite brise,...

et un réel, grand, souriant, plaisir – une ébauche de mise en scène avec quelques petites gaucheries assumées ou accentuées et charmantes – une arrivée des chanteuses avec grands chapeaux et sorties de bal, comme des spectatrices d'un opéra dans les années 1900 – des costumes pour le plaisir simple de se mettre en valeur (juste une tenue de Carmen aguicheuse qui détonnait légèrement sur Valentine Lemercier, grande belle mais aussi Carmen que l'ainée de mes nièces ou NKM, seulement la voix était belle qui donnait toute la sensualité nécessaire) – belles voix, à part à la rigueur un soprano un peu métallique.. et ils étaient tous beaux et jeunes...
un programme fourni, des musiques très différentes mais que j'aimais..
les meilleurs moments :
le duo Minsung Kim et Thibaut Desplantes (surtout le dernier) en Tamino et Papageno
Sulkhan Jaini dans un air de Falstaff
Sauaka Takahashi (surtout) et Tae Sung Lee dans le duo du thé du Pays du sourire de Lehar
Pauline Rouillard et Di Yu (ils assumaient souvent des rôles de figurant pour appuyer le ou la chanteuse) dans Mio padre de Rigoletto
Emilie Rose Bry et Minsung Kim dans un duo de Don Pasquale
Céline Laborde dans un air de Mitridate, re di Ponte de Mozart
et je me sens très injuste pour les autres (il n'y a guère que le duo des fleurs de Lakmé que j'ai assez peu aimé, et encore... Pauline Rouillard l'a chanté de ravissante façon)

et pour final, celui de l'acte I du Barbier de Séville, repris jusqu'à n'en plus pouvoir

Les terrasses de la place avaient encore un reste de vie, comme un petit avant goût de l'été (du coup je me suis offert un cigare, l'envie étant née dans l'enthousiasme - pas bien)

mais ma rue était dans le noir absolu... avec l'heureuse surprise de constater que la minuterie, puis l'éclairage de l'antre, eux, ne faisaient pas grève.

7 commentaires:

JM Galetto a dit…

Faisant des recherches concernant des jeunes artistes chinois et coréens je tombe sur votre blog et sur votre soirée à Avignon. Vous pourriez utilement signaler à vos lecteurs la mort prochaine du CNIPAL. Michel Vauzelle ne reviendra probablement pas sur la décision de couper la subvention à cette structure pourtant porteuse de talents et de rayonnement. Et ce alors que tant d'argent continue à être donné, malgré les temps difficiles, à des associations ou organismes qui ne brassent que du vent. Vous pouvez toujours aider le CNIPAL:
http://www.cnipal.fr/index.php?option=com_chronoforms&chronoform=petition&Itemid=43&lang=fr
Merci.

Dominique Hasselmann a dit…

Afin d'éviter des installations coûteuses de climatisation pour les "estrangers" qui ne supportent pas le climat local, Olivier Py aurait décidé que le prochain festival d'Avignon se tiendra du 1er au 31 décembre : sage décision !

brigitte celerier a dit…

navrant
mais les régions (et PACA n'est pas riche) n'en ont pas fini de réduire la voilure
furieuse chaque fois bien sûr

brigitte celerier a dit…

il a pas fini de croire qu'il peut décider tout seul lui ? (bon à la rigueur on peut lui demander son avis)

arlettart a dit…

Ta dernière image ... surprenante
Je la garde si tu le permets

brigitte celerier a dit…

bien sûr, moi je garde mon soulagement en constatant que appuyer sur le bouton de la minuterie n'était pas geste gratuit

jeandler a dit…

Oui, la dernière image est superbe. On s'imagine à Vienne, le troisième homme à venir.