mardi, juin 10, 2014

Tentative d'écoute




ciel lumineux, mais rester dans l'antre pour lavage de cheveux
et pendant qu'ils sèchent, après avoir expédié la promenade de l'aspirateur et la lessive, s'installer devant l'intelligent billet de Pierre Ménard Adieu au langage, bande son du fil de Jean-Luc Godard http://liminaire.fr/radio-marelle/article/poesie-sur-ecoute-episode-194 et après l'avoir lu, faute de voir le film (ne pas trop s'interroger pour savoir si mon désir aurait été assez fort pour propulser Brigetoun jusqu'à une queue d'attente devant un cinéma), tenter de faire le vide et d'écouter la bande son

passer sur la fugitive intention de lire un peu de ce qu'a produit Jacques Ellul, la curiosité, l'intérêt, la honte de ne pas connaître, .. et tenter d'appliquer le questionnement de Pierre Ménard Comment voir ce que l’on ne voit pas, entendre ce que l’on entend pas ? Comment interroger le langage dans son opposition à la communication ?
Et bien entendu, Godard étant auteur de partition, ne pas tout comprendre, l'accepter, deviner certains mots, leur sens dans la phrase, sans prendre le temps de les trouver, sentir
saisir la voix de femme qui prononce
Il y a une longue tradition qui a préparé cette crise... Machiavel... Richelieu... Bismarck
et sur un autre ton et la terreur, Alain, on en fait quoi ?
voix masculine : En 93, pendant la Terreur, la Convention a produit le code civil, le nouveau calendrier, le système décimal.... sons en surimpression
Un peu plus tard, dans une plage de silence
voix féminine : de fait, la loi triche - la loi... sa propre violence - la loi... ce qui fait d'elle un appareil d'Etat, trichela loi qui prétend se fonder que par elle-même, triche doublement.
voix masculine : je crois que dans la société primitive ce n'était pas le cas
femme : et quand il y avait une guerre ?
Homme : elle est une guerre, mais de la société contre l'Etat....
Je n'essaie plus de noter, j'écoute les musiques, les sons, les langues, ce tableau qui se tisse, les actions, et la démonstration ou recherche sans les images..
Juste au passage, une phrase ce qu'ils appellent des images devient le meurtre du présent.
Approfondissement, ouverture, bifurcations... et puis, nettement plus tard, vers la moitié, je constate que, réellement, malgré les images que je tente de ressentir à travers les sons, mon attention, sollicité par le contact d'une matière au gré d'un geste, par l'arrivée de la lumière dans l'axe de la fenêtre, par la gêne de cette façon qu'a le micro de bouffer la vitalité, le sens de ce qui se dit, et j'arrête, fais projet de me procurer le DVD quand sortira, vais me pencher inutilement sur mes pauvres plantes, me faire joie avec elles, sors chayotte, reste de fenouil, tomate, yaourt, rouille en pot, et pâtes, m'affaire..

Vers seize heures dans les rues de la ville, rues en feu

sous un ciel dont la lumière était engloutie dans la chaleur,

me suis demandée, sous la main brutale de l'air posée sur ma joue, si ne devrais pas revoir mon programme de juillet, le souvenir me venant de l'année dernière – moi qui ne m'épanouissait qu'aux alentours de 30°, il semble que l'âge veuille que je ne multiplie pas trop les efforts avant 18 heures.... on verra – mais gloire soit rendue à l'été qui nous vient !