lundi, juin 09, 2014

Dimanche d'été


ciel bleu mort sur la cour,
repasser tee-shirts de coton léger comme nuage – en endosser un avec pantalon coutil, saharienne légère, faux panama et appareil en bandoulière... Brigetoun en touriste, a franchi la porte de l'Oulle, 

et, par le terre-plein déjà blanc de chaleur écrasante à dix heures, les bosquets du passage souterrain, la grande roue que – honte à moi – je n'aime pas (surtout les flonflons qui vont avec) mais qui dormait,

s'en est aller flâner un peu dans le petit marché de brocanteurs installé pour deux jours sur les allées, le long du Rhône

un ou deux étalages qui se voulaient antiquaires et puis tout le déballage plein de trouvailles, les métaux, les meubles de jardin, les bidules, les cageots, les écriteaux qui semblent avoir été créés pour l'occasion, une malle pleine d'appareils photos, des bijoux, des dentelles, des bouquins en décomposition, des livres sans grand intérêt, mais le plaisir de la lumière, des objets, des quelques visiteurs vaguant, avant l'affluence de l'après midi et de la bienheureuse indifférence des vendeurs assis placidement à l'ombre, 

cherché des assiettes avec oiseaux, n'ai rien trouvé, ai laissé les colombes roucouler en paix sur la soupière..

souri aux chapeaux, bien affermi mon panama choisi un peu grand pour les jours de mistral, et suis rentrée en balançant un petit sac contenant deux grands draps en lin avec des jours pour mes éventuels séjours à Saint Germain du Teil

retour à travers le début de cagna, savourer l'ombre grande de Mon platane favori, et regagner l'antre – déjeuner – café dans la cour-four et sieste derrière volets entrebâillés
et puis lire un peu sur internet, ouvrir un billet de François Bon, sur Nathalie Quintane, sur les vidéos de P.O.L., faisant le pari que celle concernant Hugo sera regardée 600 fois http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3941 - que pour cela, ce pari, pour Hugo surtout qui vaut toujours, ou presque, un temps d'arrêt, et si possible un prolongement intérieur, je vous incite à regarder/écouter (et puis il y a Nathalie Quintane, des liens, le reste, la galerie de vidéos de Jean Paul Hirsch où piocher... plusieurs de Novarina pour mon bonheur https://www.youtube.com/watch?v=KTfKOAzBmg0 )

M'installer dans le reste de lumière de la cour, reprendre quelques pages de Mantra de Rodrigo Fresan... le fermer sur
«R» de Ruine (les ruines précolombiennes autrement plus neuves et résistantes que celles instantanément vieillissantes des immeubles modernes qui s'écroulent, se couchent pour dormir, mourir ou rêver chaque nuit de l'imminence d'un tremblement de terre qui leur permettra de se laisser aller, de se laisser tomber).
et, sous un ballet de martinets dans le frais du soir qui vient, arroser, rentrer, boire un thé au gingembre en écoutant France Musique, et en rodant sur internet.