mercredi, septembre 17, 2014

S'en va l'été


suis partie avant neuf heures, jambes frissonnant un peu dans la température fraîche, dans une ville qui hésitait à retrouver son ciel bleu
vers ma banque (besoin de regarnir très largement mon compte courant ce qui demande près d'un mois....) où j'avais rendez-vous à 9 heures 15.
Et peu à peu ai trouvé des traces de l'orage, ai vu cette boutique voisine de la banque, qui restait fermée et portait des traces d'une irruption...
et me suis trouvée devant une porte hermétiquement close sur mon rendez-vous, ai attendu un peu avec patience, puis essayé de secouer la chose, de tambouriner, avant, au bout d'une petite demi-heure de renoncer (n'avais pas de mobile dans mon sac) – retour comme pouvais, cramponnée à ma position verticale, en bagarre contre un gros coup de pompe – téléphoné banque, l'ouverture de la porte a été bloquée par cause orage, ils réparent mais impossible d'avoir un rendez-vous avant semaine prochaine, ce qui ne m'arrange pas, mais tant pis – m'asseoir devant ordinateur pas de connexion, téléphoner à Numericable, des ennuis sur Avignon, ils réparent – énergie revenant pour expulser jurons en cascade... connexion revient
petits malheurs sans gravité, mais Brigetoun petite chose...
Pour le reste, trop lasse, me suis bornée à écouter un moment la retransmission de la dernière séance à l'assemblée, en choisissant le rire nerveux devant ce qui, comme prévu, était du très mauvais théâtre, avant d'en faire un bruit de fond à mes lectures,
et puisqu'il semble que l'été nous boude, déserte brusquement, à défaut de me lancer dans la recherche de chandails, jupes et robes d'hiver, ce à quoi je ne me résous pas encore, je marque son déclin en reprenant, vide que suis, ma participation à la dernière proposition d'écriture fr l'été 2014 sur le tiers livre, chez François Bon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4017, après avoir commencé et renoncé à remuer le mélange de boue et de gravats de la cour encore trop humide, et avoir fait une grimace de pitié aux feuilles martyrisées
Il voudrait
Là, attendre nouvelles, résultat des démarches, un emploi, dans la petite chambre d'hôtel à Marseille, avant de reprendre route – ne pas arriver en perdant au village, voir ses parents, ceux de l'ami resté là-bas – là, après la rumination lente sur le bateau, quand le permettaient la promiscuité et les tâches ennuyeuses et harassantes qui étaient la condition de son passage, ce retour sur les noeuds dans son passé, ce début de prise de conscience, ces regrets, ces plaidoyers véhéments et silencieux, besoin se fait sentir de faire le point. Et la leçon apprise de l'abbé, il y a longtemps, écrire. Écrire pour soi, pas un plaidoyer à soumettre, ni une confession (savoir d'abord ce qui serait à confesser).
La chambre blanche, la fenêtre ouverte sur une petite rue d'ombre, de vie affairée et de pauvreté, des odeurs et des bruits, le port absent mais proche, la table de bois – les marques de canifs comme sur les pupitres d'école – le cahier, sur lequel il a écrit, vite, les cinq mots qui lui sont reproches : avidité, légèreté, brutalité, inconstance, médiocrité, et il grimace en les lisant, surtout le dernier – il se lève, il est debout devant la fenêtre, épaule contre le rideau de mousseline roussie qu'il a tiré tout à l'heure pour que la lumière trop rare vienne se poser sur la page, il regarde la feuille qui émerge juste de la pénombre, il se retourne, fait retomber le volet abattant des persiennes - il n'a pas les mots pour ces volets du sud – et puis les pousse, les fixe ouverts en se penchant au dessus des passants – il suspend son geste une minute pour les regarder - pour attraper le petit loquet, que le jour entre librement.
Assis de nouveau, brusquement, il prend la plume et en laissant un petit blanc sous la première ligne : jeunesse, amitié, confiance, hostilité des anciens, naïveté - une hésitation avant d'inscrire ce mot, est-ce vrai, et est-ce une excuse - il se renverse en arrière, manque de tomber, grommelle, avait oublié, même pas une chaise dans cette carrée, juste un tabouret, il jette la plume, il se lève, prend sa veste - sortir, marcher, que viennent les souvenirs, l'image de leur arrivée aux salines.
Dans l'escalier, un étage dévalé, un pied en suspens, arrêt, ne pas fuir, il remonte, lentement. De nouveau sur le tabouret, veste jetée sur le lit, il prend la plume, sort son canif, il taille, avec des arrêts, et puis plus soigneusement, il s'applique, il attend que ce qu'il sent monter se mette en mots, comme il l'a vu faire à l'abbé, autrefois, quand il se croyait seul et qu'il écrivait ces poèmes qu'il ne lui a jamais donné à lire.
Mais ce ne sont pas des poèmes qu'il veut noter, et puis pourquoi pas ? Trouver un carcan pour ses idées... il regarde le plafond, il attend, il a sommeil un peu.
Il a confiance, cela viendra.

4 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Assemblée : lieu du toujours semblable.

brigitte celerier a dit…

th&âtre avec quelques doués ou sincères

jeandler a dit…

Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée.

arlettart a dit…

Bien chaud et lourd pour une fin d'été de ci de là