vendredi, octobre 24, 2014

Pour en finir avec le Parcours


Or donc, sortant des Célestins et de la place des Corps Saints, ai suivi la rue des trois faucons jusqu'à Saint Didier,
suis passée sous l'arche pour me retrouver sur le petite place Aubanel, la grande porte toujours close de l'église, un homme qui préparait son lit contre son bois, la calade caladissime, le balcon dont les pots suivaient le vent, et, face à lui, l'entrée dans l'hôtel de Forbin La Barben,
avec, dès le hall, et dans les petites salles sur rue, les coupes de Madhu Basu http://www.madhu-basu.com
sur le programme :
En 2000, il entreprend une série (inachevée à ce jour), dont le thème est une coupe élémentaire. Sa forme universelle se substitue à la figure humaine, occupant jusqu’alors l’espace de la toile. Madhu Basu est fasciné par cet « objet très simple et familier et en même temps d’une puissance énorme, d’une utilité fondamentale, de la naissance jusqu’à la mort. C’est un élément spirituel à caractère méditatif, indispensable à toute cérémonie; propre à toutes les civilisations, à toutes les époques...
Allégorie de l’offrande et du repos, cette forme est dessinée d’une manière toujours plus sobre, quasiment monochrome, sur un fond vierge, de toile de coton très épaisse travaillée pour partie en transparence et pour partie en épaisseur qui renvoie au magma originel. Trois ou quatre pigments noirs différents sont mêlés, pour obtenir une « intensité mate, un effet sourd, une puissance forte ».
J'avais lu cela qui m'a incitée à mettre ce lieu sur mon circuit – parce que mon goût pour la poterie, toutes les poteries (avec une hiérarchie qui met au sommet la Chine ancienne, puis la faïence française des 17ème et 18ème siècles, puis les bleus et blancs chinois et la poterie japonaise, puis la grande porcelaine fabriquée en France par des allemands, puis les poteries préhistoriques autour de la méditerranée, puis la porcelaine allemande, puis...) parce que ces mots, ce petit discours sur le programme..
et, sans passion, mais avec un bon gros penchant qui pourrait se faire très fort goût avec une possession, fréquentation quotidienne, contemplation calme jusqu'à la distraction, j'ai goûté, aimé, la matière de la toile, les pigments, la main, le trait, l'équilibre.
Passant la grille, dans le patio intérieur fermé par une verrière sur lequel donnent les fenêtres des étages supérieurs, sur le sol, la palette noire, entourée de petites cartes, le pied planté sur demi-pointe d'Aurelia Zahedi 
et, dans la pièce voisine, écoutant la musique d'une compilation d'airs de danse joués à l'accordéon, regardant sur une grande palette vernie comme un parquet, les chaussures des couples tourbillonnants, le souvenir tournoyait dans ma mémoire du bal d'Ettore Scola.
Aurélia Zahedi nous rappelle que les cygnes chantent avant de mourir. Elle nous piège par des images séductrices : de loin tout n’est que danse, lumière et paillettes mais au deuxième regard le désenchantement nous saute à la gorge, la nostalgie, l’intuition d’une mort proche, un Memento Mori suggéré.
De là on accède à deux petites salles, où sont exposées les photos in situ, franches et belles, de Geneviève Gleize, http://www.genevievegleize.fr, détails des pièces, des recoins, des fatigues, de l'hôtel de Forbin
(installation et visite par des enfants sur http://www.genevievegleize.fr/category/actualites/ )
et m'en suis revenue dans le vent fortement mutin, qui en bon mistral qui se respecte, était toujours là, aujourd'hui, en seigneur souverain.
Allez en paix, ô fidèles, retour probable lundi soir..

8 commentaires:

arlettart a dit…

Tu pars ... j'arrive en suivant ton " parcours "
La forme obsédante de la coupe et la tendresse du talon vacillant
aime beaucoup
Bon séjour à toi

brigitte celerier a dit…

von séjour à toi, si comprends bien,

Marie-christine Grimard a dit…

Merci de nous avoir entraînés dans tout ce parcours virevoltant comme les danseurs virtuels et beau week-end à vous !

Dominique Hasselmann a dit…

Prenez une bonne paire de chaussures !
Et belles découvertes en Lozère...

brigitte celerier a dit…

moins d'un kilomètre de déambulation prévisible et grande solitude déconnectée, un peu un ermitage… et puis trouver taxi pour rejoindre petite ville

jeandler a dit…

Prendre son bâton de pèlerin.
Je vais me munir d'un plan de la ville pour suivre les pas de la passante. Mais où diable l'ai-je mis? Peut-être resté à Paris. J'attendrais décembre pour le récupérer.

Gérard a dit…

J'aime bien les tableaux de Madhu Basu

jeandler a dit…

On n'a jamais fini : toujours en marche, le chemin se traçant en marchant.