jeudi, novembre 27, 2014

L'humidité comme trait d'union

lassitude de cette musique incessante, murmurant, tonitruant, cessant en un silence gorgé d'attente, de l'eau sur les dalles de la cour, le zinc de l'arrosoir et surtout dans le tuyau de descente à l'angle de la cour qui semble s'écouler dans ma chambre
un besoin de bouger, une velléité de cheminement vers les halles en se limitant aux bintjes et à un bidon de cinq litres d'huile, velléité diluée, dissoute, noyée dans la persistance de la pluie, et devant le constat que ce charroi n'a rien d'urgent.

M'en suis allée tout de même, parce que la pluie faisait suspens vers dix heures, vers la place de l'horloge, face à un ciel qui s'effaçait dans la maussaderie, par désir de marche, se satisfaisant de peu, par besoin de cigares, de bonbons pour ne pas fumer cigares, et du Canard enchaîné.
Ai rencontré une ébauche de sape, noyée, devant Saint Agricol,
ai rencontré le mat central de la tente de lumières de fin d'année qui, cette année s'habille en amorce de sapin orné,
et l'espace que réservent les chalets deux fois moins nombreux (des cabanes fugueuses s'étant installées aux Carmes, aux Corps Saints pour les santonniers et sur ma place pour la bouffe),
cet espace qu'occupent, ligotées, les terrasses en version réduite,
ou les entassements-sculptures-provisoires devant les restaurants qui jugent inutiles cet étalage sous la pluie.

Paresse, langueur, sieste, ménage, thé, j'ai pris dans le tome de la correspondance de Voltaire qui traînait à mon chevet la première lettre adressée au marquis de Condorcet, en sa jeunesse glorieuse, pour http://brigetoun.wordpress.com, avant de rejoindre en début de soirée, 
l'hôtel de ville - où j'ai trouvé, autour d'un grand sapin, là où les années précédentes il y avait la crèche installée par Carbonel qui émigre, dans un écrin plus approprié, aux Célestins, une exposition de travaux d'enfants à propos de leurs droits – 
et au premier étage la petite salle de l'antichambre, pour assister, pour un soutien trop rare de ma part, par sympathie pour un couple qui fait partie des administrateurs de l'antenne locale, à une conférence sous l'égide du Cercle Condorcet, conférence, avec espoir programmé de débat, intitulée les migrants qui sont-ils ?, avec Paul Nicolas, professeur d'histoire géographie en retraite, spécialiste des jummas de Bangladesh, et chercheur associé à la Maison méditerranéenne des sciences de l'homme d'Aix en Provence
Assistance trop peu nombreuse, exposé précis, remettant en cause un certain nombre de poncifs (dont suis protégée par mon appétence pour tout ce que peux trouver à ce sujet, par les publications de la Cimade, et mon appartenance, même d'un peu loin, honte à moi, au MRAP) par un vieil homme net, sympathique, ferme. 
et retour sous quelques gouttes paresseuses.

6 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Cet empilement de chaises est sans doute dû à une répétition organisée par Ionesco !

brigitte celerier a dit…

il semble qu'Avignon adore Ionesco et que beaucoup de troupes veuille monter les chaises

arlettart a dit…

Soirée studieuse il me semble
Je lis souvent tes extraits sur Word press Merci

brigitte celerier a dit…

merci à toi plutôt
soirée : à vrai dire pas appris grand chose, et je crains que cela ait été le cas d'une bonne partie du public - le problème de ces organisations d'éducation populaire que ne suivent que les persuadés

jeandler a dit…

La ville en lumière que ne connaissent pas les terrasses en berne.

Gérard a dit…

après avoir reposées..les chaises se reposent..en attendant qu'on les repose.