lundi, janvier 19, 2015

un non rêve de chevaux

Parce que, badaude que je suis, je me navrais de ne pas avoir su que chevauchait, courait dans les rues de ma ville, samedi après midi (l'ai découvert à sept heures du soir en consultant le site) ce que montre l'ami Michel http://avignon.midiblogs.com/archive/2015/01/17/de-toscano-en-prouvenco-825049.html et http://avignon.midiblogs.com/archive/2015/01/17/mefi-biou-de-maremme-825055.html (bravo pour ce bouquet de mufles et de cornes, comme une corbeille)
je pensais chevaux, et n'ai trouvé que lui, survivant d'une série de sept, souvenir d'enfance, à défaut de mes deux petites cavales chypriotes (puisque mon père m'avait attribué comme totem la pouliche échappée, ce qui a fait de moi une sédentaire à l'esprit absent)
l'ai pris dans ma main,
m'a dit mes jambes manquent, et puis je mangeais,
lui ai dit tu ne mangeais plus de toute façon, tu gisais sur le flanc, et tes jambes ne nous serviront pas pour un rêve emporté
m'a dit je suis pas vrai, regarde je suis vert,
lui ai dit tu es de jade doux, ou tu le devrais, et puis il y a tant de couleurs de chevaux, comme les chevaux bleus de Franz Marc et de ses amis du Blaue Reiter, comme le cheval blanc de Gauguin
c'est normal le blanc
pas ce blanc là
mais n'y a pas de vert
si, chez Chagall
c'est un âne
j'aime les ânes
mais je n'en suis pas un
Il a courbé un peu plus la tête, il rêvait, il m'a dit je voudrais entrer dans la mer
je lui ai dit je voudrais suivre une allée dans la forêt de Tronçais
il m'a dit je voudrais galoper dans les joncs et la lumière
lui ai dit je voudrais que tu m'emportes sur la longue houle des déserts
il m'a dit
j'ai dit zut
Nous en sommes restés là, je l'ai reposé sans trop de violence, pauvre cher, mais lui en voulais un peu, il était resté aussi négatif que l'étions en mon adolescence, n'étions même pas capables du même n'importe quoi.

Et il n'y a à tout cela aucun sens, évident, caché, symbolique, allusif, légendaire, juste du rien délayé, pardon vous demande.

10 commentaires:

Anonyme a dit…

une sorte d'"esthétique de l'objet... toujours plus vaste que sa matière, sa forme.

Marie-christine Grimard a dit…

J'aime aussi les ânes leur intelligence indomptable et leur regard doux, mais ce cheval est attachant et il dit :
"je voudrais galoper dans les joncs et la lumière"
Tout ce que j'aime !

arlettart a dit…

Un genre de conte ou la pouliche échappée devenue sédentaire comme le jade doux du petit cheval en son cadre insolite

brigitte celerier a dit…

grand merci de la pouliche à vous deux

jeandler a dit…

Les chevaux auraient-ils plus de mémoire que les humains ?

brigitte celerier a dit…

n'étant définitivement pas douée pour le dialogue avec eux, ne saurais le dire

Dominique Hasselmann a dit…

"Le Cavalier bleu" est aussi un restaurant à côté du Centre Pompidou : votre cavalcade est délicieuse.

brigitte celerier a dit…

il y a, je pense, je mélange tous mes souvenirs sauf quelques oeuvres phares, un peu de cavalier bleu aussi à l'intérieur

tanette2 a dit…

comme toi, je lui aurais dit ; "je voudrais que tu m'emportes sur la longue houle des déserts."

Gérard a dit…

... comme le cheval blanc de Gauguin ...et celui d'Henri IV ?