mardi, janvier 20, 2015

Volonté flageolante


Une rapide virée pour journal et cigares dans une ville à l'air mort, froid et gris, humidité omniprésente, en gouttes ou suspension... se rencogner dans l'antre.
Aspirateur, serpillère, glissades sur fesses de rayons en rayons, se lever, se hisser, se rasseoir, pour mise en place des livres jusqu'au Cho... promenade de petits tas des livres chassés, et leur dépôts au sol, en laissant place pour circulation des yeux et des pieds... feuilleter avec jouissif sentiment de culpabilité
quelques petites tâches, et puis sortir un bouton, une bobine de fil, une aiguille, et passer, rageant, riant, un gros quart d'heure à tenter de faire pénétrer ce sacré fil dans ce maudit chas... ranger, penser ce soir, ou maña...
je ne sollicite qu'avec modération, tendresse persuasive et sollicitude la petite provision de volonté qu'il me reste
n'aime guère et me voudrais exempte de la volonté de se faire place
suis incapable de la volonté de diriger ou du moins d'y donner suite
mais j'ai dû, comme tous, très, trop, souvent me servir de ma volonté d'agir et n'y arrive guère que contrainte
et devais en avoir qu'une quantité limitée à ma disposition.
Ma propension à la rêverie, à la douce oisiveté, à la méditation vide, elle, était sans limite.

8 commentaires:

chri a dit…

Elle est entraînante et bienvenue...

brigitte celerier a dit…

merci
elle est évanescente face au froid qui nous vient

Dominique Hasselmann a dit…

Le problème du chas et de l'aiguille est métaphysique : on pourrait s'y user les yeux (j'ai appris la couture au service militaire, que certains zozos voudraient rendre à nouveau obligatoire pour tous).

Il faut réussir à suivre le fil et quand on y arrive c'est la satisfaction d'avoir franchi l'obstacle infinitésimal !

Bonne journée !

jeandler a dit…

Faire passer un chat par le chas, problème mathématique irrésolu à ce jour de ravaudage.

brigitte celerier a dit…

merci Dominique, merci Pierre, ainsi encouragée, vais reprendre mes tentatives

arlettart a dit…

Merveille!! du chas qui joue à cache cache !mais surtout d'avouer en toute quiétude ..sa rêverie vide

brigitte celerier a dit…

toujours cultivée la songerie vide - me vient peut-être de contemplations prolongées du Faron par la fenêtre de la classe (des classes successives) à Saint Do quand le cours se faisait par trop ennuyeux

Gérard a dit…

de fil en aiguille le chas fait parler de lui