mercredi, avril 29, 2015

Nettoyage énergique du ciel, marché et cueillette dans livre


Le vent nous est venu, plein d'une énergie tempérée d'un peu de retenue,
nous apportant un ciel bleu minéral, une fraicheur vivifiante, la musique de la houle des jeunes feuilles du micocoulier, venant heurter, dévier légèrement, parfois, les pas de Brigetoun qui s'en allait, couffin en main – parce que tant je dévore que les réserves s'achèchent rapidement – vers les halles, ayant rangé Autoportrait en visiteur de Jérémy Liron, livre commandé il y a quelque jours dans l'élan de la découverte à travers ce qu'en disait François Bon sur le TiersLivre http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4152 , et parce que j'aime, outre ce que j'ai vu de sa peinture (malheureusement uniquement à travers des photos), le blog de Jérémy Liron http://www.lironjeremy.com/lespasperdus/ et les quatre-je-crois livres que j'ai lus de lui, livre trouvé avec assez de joie dans le tas du courrier de l'immeuble en rentrant du cinéma dans la nuit que j'ai flâné un peu au hasard dans ses pages à l'heure du miel et des confitures. (comme j'ai repris dans une petite flaque de soleil écrasée sur le mur de la cour cet après-midi, entre les claquements du volet de l'oublieur qui semble parti durablement, mes petites incursions guidées par ma fantaisie et la table des matières, en ai rapté quelques phrases copiées ci-dessous)
En même temps que la beauté, c'est l'empathie calme de l'homme pour la nature, cette fusion primale et fondatrice qui se trouvait minée. La forêt dressée comme un seul homme, les grands mythes fondateurs de l'identité allemande prenaient un goût amer, corrompu, traître. (Baselitz , retournements)
La rue Rouge est interdite provisoirement, j'ai buté sur un camion, une rambarde, un trou, qui m'ont contrainte
à un détour, de travaux en travaux, découvrant ainsi une partie encore inconnue de moi de notre petit peuple sculpté...
Chaque tableau est la tentative de faire un tableau sans vraiment savoir comment on va s'y prendre. Le moindre geste porte toujours plus loin que les intentions que l'on y avait mises. Il faut faire avec cette réalité des gestes dans leur rencontre avec une surface, avec des traces et très vite avec la multitude bruissante des traces déposées. (une sorte de grand silence)
Peu de clients, étals moyennement garnis, et une forte et fort lourde récolte pour mon sac et mon couffin..
Ce à quoi les peintures nous mettent en présence : quelques gestes amples ou ponctuels, l'alternance de brillances et de matités, le récent jeu avec les blancs, plus graphique, le format du tableau, les ruptures qui le syncopent, sa disposition dans l'espace. Et l'impression d'être confronté à quelque chose d'essentiel, de primitif et raffiné qui renvoie à l'ample histoire de l'aventure humaine (Soulages, affonté au temps)
et m'en suis revenue dans un renforcement des rafales qui jouaient avec les banes, couraient sur les plantes du mur, courbaient les petites herbes et fleurettes des halles, m'ont bloqué un moment, halletante, dans la descente de la rue Saint Agricol.
J'ai aimé comme on aime enfant patauger dans la terre, se cacher dans les feuilles ou sous les couvertures, comme on aime se lover dans les plus du monde et y retrouver un contact primitif. Traces épaisses du pinceau, fleurs chutant dans la matière ou émergeant à peine de la confusion jouissive. Motif répété comme une danse. J'y retrouvais ce sentiment, comme chez Rembrandt, que l'épaisseur dans ses tourments voluptueux est l'âme du tableau, son corps aussi, qui la charge. (Denis Laget)

6 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour le plaisir de cette promenade à vos côtés !

Dominique Hasselmann a dit…

Il y a de la peinture partout... (elle sait faire bon ménage avec la littérature)...

Vos photos, pour certaines, font penser à Arcimboldo !

brigitte celerier a dit…

un Arcimboldo sans représentation

arlettart a dit…

Juste , viens de commander ce dernier de Jérémy Liron et pense me régaler ...
comme avec tes paniers garnis

Danielle Carlès a dit…

Il y a donc encore pour vous des découvertes à faire dans Avignon, un lieu si bien connu et pourtant inépuisable, quelle chance !

Gérard a dit…

ciel bleu comme la mer...le poisson l'accompagne