lundi, mai 04, 2015

Mon ignorance (une partie de)

douceur et ciel voilé, avec une transparence plus ou moins forte selon les heures.
Lavage cheveux, ménage, gros déjeuner,
défroisser un veston, six corsages, quatre robes, en lustrer une, et de dépit laisser tomber le fer qui ne s'en relève pas, mettant ainsi fin à cette activité
En fin de journée, regarder le programme d'Utopia, avoir assez envie de voir Histoire de Judas, ou pourquoi pas sea fog...un peu moins jamais de la vie et puis découvrir qu'on donne aussi Howard Zinn, une histoire populaire américaine, et sentir mon ignorance frémir en vague curiosité.
Pour aller un peu plus loin que la vague connaissance de ce nom, qu'il me semblait avoir rencontré au détour de lectures (mais mon ignorance de l'histoire américaine, de l'histoire de ceux qui en Amérique ne considèrent pas que tout ce qui s'apparente de près ou de loin à un intérêt pour l'histoire sociale relève du marxisme effrayant et destructeur, est immense) et plus loin que la défiance (ou intérêt avec réserves) qui a succédé, ne sais plus trop pourquoi, à mon goût pour Chomsky, j'en suis restée, faute de temps à wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Zinn (avec incursions dans ce qu'ouvraient des liens)
aimant que ses choix et luttes semblent davantage nés d'une expérience personnelle, d'un humanisme, que d'une idéologie pré-fixée – et me suis décidé à aller y voir. (découvrant ainsi son beau sourire)..
après la lecture d'un passage d'Une histoire populaire des Etats Unis trouvé sur le site d'Agone 
. Ainsi, puisque le choix de certains événements et l’importance qui leur est accordée signalent inévitablement le parti pris de l’historien, je préfère tenter de dire l’histoire de la découverte de l’Amérique du point de vue des Arawaks, l’histoire de la Constitution du point de vue des esclaves, celle d’Andrew Jackson vue par les Cherokees, la guerre de Sécession par les Irlandais de New York, celle contre le Mexique par les déserteurs de l’armée de Scott, l’essor industriel à travers le regard d’une jeune femme des ateliers textiles de Lowell, la guerre hispano-américaine à travers celui des Cubains, la conquête des Philippines telle qu’en témoignent les soldats noirs de Lusón, l’Âge d’or par les fermiers du Sud, la Première Guerre mondiale par les socialistes et la suivante par les pacifistes, le New Deal par les Noirs de Harlem, l’impérialisme américain de l’après- guerre par les péons d’Amérique latine, etc. Tout cela, bien sûr, si tant est que quiconque – et quels que soient les efforts qu’il y consacre – puisse effectivement « voir » l’histoire en épousant le point de vue des autres.
Il n’est pas dans mon propos de me lamenter sur les victimes et de stigmatiser les bourreaux. Les larmes et la colère, lorsqu’elles ont pour objet les événements du passé, ne peuvent que nuire à la combativité qu’exige le présent. En outre, les frontières ne sont pas toujours clairement délimitées. Sur le long terme, l’oppresseur est aussi une victime. Sur le court terme (et jusqu’ici, semble-t-il, l’his- toire de l’humanité n’a jamais été qu’une question de court terme), les victimes elles-mêmes, exaspérées et inspirées par la culture qui les opprime, se retournent contre d’autres victimes.

C’est pourquoi, étant donné la complexité du problème, ce livre se montrera radicalement sceptique à l’égard des gouvernements et de leurs tentatives de piéger, par le biais de la culture et de la politique, les gens ordinaires dans la gigantesque toile de la « communauté nationale » censée tendre à la satisfaction des intérêts communs. J’essaierai, en outre, de ne pas minimiser les violences que les victimes se font subir les unes aux autres, embarquées comme elles le sont dans la grande galère du système. Si je ne souhaite pas les idéaliser, je me souviens néanmoins (le paraphrasant un peu brutalement) d’un propos que j’ai lu quelque part : « La plainte du pauvre n’est pas toujours juste, mais si vous ne l’entendez pas vous ne saurez jamais ce qu’est vraiment la justice.
Le film d'Olivier Azam et Daniel Mermet, qui tisse des actualités et des intervews et prises de parole d'Howard Zinn, de Chomsy, de journalistes, professeurs élèves (pour évoquer l'importance qu'a eu le livre nourri de l'expérience qu'il a eu comme fils d'immigrés pauvres et du choc du bombardement de Royan auquel il a participé), est financé par une souscription publique et doit comporter trois parties. http://lesmutins.org/howard-zinn-une-histoire-populaire-50
La première du pain et des roses (nom de la chanson des grèvistes de 1912 à Lawrence – une victoire, lutte longuement évoquée) va de la guerre d'indépendance et des mutineries des petits paysans enrolés par les colons, à la fin de la première guerre mondiale et la naissance de la propagande de peur qui met en sommeil toutes luttes sociales... porte en fait surtout sur les luttes de la première révolution industrielle, la montée des «barons voleurs» dont la fortune s'est faite grâce à l'argent public, mai 1886 et la lutte pour les 8 heures à Chicago (la police tirant le 3, la foule du 4 les pliciers morts et le massacre – nos 1er mai), la fusillade des grévistes à Homestead par les agents Pinkerton engagés par Henry Clay Frick en 1892, etc...
bande annonce 
un tract qui allie le souci d'un certain esthétisme à l'efficacité
revenir en me disant que je devrais essayer de ronger un peu la masse de mon ignorance...

9 commentaires:

annajouy a dit…

pas la seule...

brigitte celerier a dit…

à vrai dire, je m'en doute un peu

Dominique Hasselmann a dit…

J'avais lu "Karl Marx, le retour" d'Howard Zinn (aux éditions Agone) et j'avais aimé son esprit caustique.

Vous m'avez "grillé" sur le plan cinéma !

arlettart a dit…

??? bien sérieux tout ça ...de bon matin !y reviendrai surement

pascale a dit…

C'est fou ce que l'histoire,racontée par les lapins, nous donne plus d'espoir pour l'avenir...

brigitte celerier a dit…

Dominique, pas très sûre qu'il soit diffusé classiquement

jeandler a dit…

Battre le fer quand il est encore chaud. Douce journée à toi.

cjeanney a dit…

(totale ignorance aussi mais la ronger est une excellente idée)

Gérard a dit…

Le retour de Daniel Mermet toujours aussi efficace.