vendredi, juillet 03, 2015

Squatter des vases communicants pour un bref aperçu

Angèle Casanova qui a pris avec brio les rênes des vases communicants est dans l'impossibilité de faire ce mois-ci sa recension habituelle – alors, sans tenter de la remplacer, elle sa lecture approfondie, sa science du résumé et sa voix lisant les contributions, je reprends mes petites notes clopin-clopant à ma trop désinvolte manière.
Dans ce mois où tant s'en vont, l'esprit en vacance, il y a eu quelques beaux échanges
échange de photos, de mots et «se demander quoi et comment» entre
tremblements angulaires en six vies antérieures
deux photos vues d'avion et six paragraphes, six petites histoires malicieuses commençant par Il y a quelques années, dans une vie antérieure, un Concorde qui couvre les voix et une interrogation – des fenêtres anti bruit non adaptées – l'amour et le lit animé par le passage d'un 747 – une fête où chacun bondissait au dessus de lui-même – une mauvaise période mais une si jolie vue Les soirs d’hiver, les puissants projecteurs des cargos de nuit en vol direct pour les cieux sibériens jouaient avec le clocher pointu à dessiner en ombre chinoise sur les nuages bas d’élégantes aiguilles ; elles filaient de gauche à droite comme celle d’un compteur de vitesse quand le véhicule accélère, jusqu’à devenir incontrôlable – le jeu d'échecs et la concentration au voisinage des rotors
et
les maîtres du monde
des peupliers, un étang, un ancien élève d'école de commerce, un fils dont le père payait, l'âge qui vient, les enfants, les signes d'une réussite, un pincement au coeur, la Bretagne bien entendu, et la barbe éternellement naissante, la montre voulue, cadeau comme se doit, le divorce bien sûr... bon vous feriez mieux de le lire, lui, Piero Cohen-Hadria – la douceur décidément de l'étang etc...
comme tous les samedis, il ira cet après-midi à la piscine du club, où il rencontrera un oncle ou on lui présentera quelqu’un d’important, un peu dans son genre, chemise col ouvert, l’humour et la désinvolture, la culture, oui, surtout la culture et la tradition, devant ce plan d’eau, la douceur, ah voilà N+1, il le suit, ils courent, de l’air, la vie sensible et calme, quarante et un ans, le point de côté, un peu à droite qui pince, et dans le ciel, si haut, un avion qui s’éloigne
à partir d'une photo d'une charmante poupée de foin et d'étoffe
straw doll
Jane rencontre la poupée, debout derrière une grille, et pense d' abord à un petit épouvantail pour fête de la citrouille, et puis tombe sous le charme, un accueil à elle destiné par celle qui l'avait convoquée
(A suivre…
Comme une invite à Marie-Christine Grimard pour futur un Vase Communicant, si elle y consent. Quand je relis ce fragment inaugural, je trouve en effet qu'il pourrait ouvrir une histoire comme celles qu'elle partage sur son blog.)
et
44 ° Celsius à l’instant au thermomètre.
et ce que cela inspire à la petite bonne femme qui s'abandonne au farniente obligé (avec un air qui tourne dans sa tête), c'est à dire un plaidoyer pour que le bourdon, de lui même s'en aille, respecte ses plantes, que Fifi ne broute pas l'olivier et à Mini Coq
Ne t’égosille pas comme cela
Il fait trop chaud
Tu me casses les oreilles
Descends de ton arbre.
À partir d'une photo de Proust à Venise
et
ont échangé des mails qu'ils reproduisent tous les deux et c'est un régal depuis le Ce chapeau, ça lui donne un petit côté Charlot, non ? de Nicolas Bleusher jusqu'au .. et ressentir peut-être les mêmes impressions, les mêmes frôlements du vent marin, apercevoir la même course des nuages dans un ciel de couleur forcément vénitienne… Oui, cette photo de Proust, cela pourrait être un joli départ. de Dominique Hasselmann en passant par Proust et la modernité, de belles citations et des souvenirs ou projets de Venise – impossible comme pour tout bon dialogue d'en donner idée..
les tilleuls (sur un échange de photos)
couleur tilleul
Linda avançant dans l'avenue familière, dans l'odeur des tilleuls, l'air léger du printemps et son envie de changer de vie
Quelques heures plus tard, en sortant du salon, la chevelure couleur tilleul, elle sut que son chemin serait différent. Même le regard de Renato s’était transformé, la lueur d’agacement qu’elle lisait toujours au fond de ses prunelles avait laissé la place à une admiration amusée.
et la suite de cette jolie histoire vous montrera que, oui, cela peut changer une vie, il suffit d'en décider (bon moi cette dernière portion de phrase j'ai un petit doute, mais c'est un défaut mien)
et
le flou et cet incertain tangible
quand j'étais mort , dit-il, je n'étais que fuite (enfin il ne le dit pas ainsi, mais mieux) pour échapper au réel, trouver dans la marche l'endroit où la loi de la gravitation universelle ne s'applique pas, l'intangible
sortir de la torpeur grâce aux premières fragrances du printemps, et chercher à résister au tangible
Etre insaisissable, dans le mouvement, dans la fuite reste la seule manière d’échapper aux incertains adeptes d’un tangible unilatéral.
Et pour éviter de paraphraser, mal de surcroit, vous invite à lire Franck Queyraud qui parle du temps, de la mort, de la poésie, de la sottise et l'impossibilité de toute mise en ordre, classement..

6 commentaires:

Dominique Autrou a dit…

Merci pour ce mouvement, utile et précis comme le travail du wattman

Marie-christine Grimard a dit…

Un grand merci pour cette recension !

brigitte celerier a dit…

un peu peur du résultat si j'étais wattman… distraction et lubies :))

Gérard a dit…

des vases...et des pots

Dominique Hasselmann a dit…

Plaisir de vous retrouver dans cette fonction si longtemps exercée... Nous n'étions pas très nombreux, mais le plaisir était là !

brigitte celerier a dit…

pour moi aussi
étaient tout beaux ces vases (et ravie qu'ils soient rares - pas bien, mais ça m'a laissé le temps)