mardi, octobre 27, 2015

Ne puis - lis

proie entre les dents
la danse du requin blanc
joie carnassière
la jeune otarie
bondissait insouciante
en sa courte vie
captations du film «un tour du monde à vol d'oiseau» documentaire de John Downer – beautés, puissance, calme, astuces animales, cruauté -
aimerais souvent, ou le crois un instant, être requin blanc - mais faible suis - comme vieux et bébés, comme l'ai toujours été - ne le puis
et m'en félicite puisque, juste après avoir désiré mordre - pense qu'ai mauvaises dents usées - pense que ma colère s'use - pense que ça ne me va pas au teint - pense qu'aurais le dessous - pense que finalement me trompais
et repars, avec juste un peu trop d'indifférence
venu, ne sais d'où, ou ne le sais plus, en croquant dans mes toasts du petit-déjeuner... alors tant pis je garde
Pour le reste du jour, ce fut un ciel bleu à nuages lumineux, un léger fléchissement de la température et la lecture de deux livres parus chez QazaQ et publie.net
Chez QazaQ, la surprise agréable, au réveil, de trouver l'oeuvre de deux amis, l'édition par Jan Doets de l'essai de Christine Jeanney sur Hopper, Hopper ou la seconde échappée http://www.qazaq.fr/pages/hopper/
J'ai cru comprendre, à mesure que je l'écrivais, quelque chose sur les rapports entre temps et peinture, et c'était dû à cette rencontre spécifique, celle de ce temps-là avec ce peintre là...
et après le premier texte sur la lettre ce fut, dégusté, de tableau en tableau, Hopper, mais pas ce que j'avais lu autrefois sur tentatives http://christinejeanney.net – avec peut-être, ne sais pas, quelques remaniements, ou totale réécriture, n'ai pas cherché à savoir, redécouvrais ou le croyais parfois, souvent découvrais, et de toute façon c'était Christine Jeanney, le plaisir de son regard et, toujours, de son ton.. -
Avec cette façon de partir de la description de ce qui est là, qui est déjà la restitution souple et précise de son regard, pour une méditation sur l'acte du peintre, ou des souvenirs, ou un peu de l'histoire de ce temps où le tableau est né, de la vie des gens en ce temps là telle que devinée,... cette façon qu'elle a de mêler sérieux, gravité, compréhension, force et fantaisie.
Vous laisse découvrir et j'en resterai au début de Room in Brooklyn (et comme le livre, pour respecter les droits, je me contente du lien vers le tableau sur le site du Muséum of Fine Arts de Boston http://www.mfa.org/collections/object/room-in-brooklyn-32499) juste pour un petit sourire humble aux premiers mots
Ce serait une gymnastique silencieuse où travailleraient la verticale, la perspective et le galbe du vase. Sous la contrainte, se concentrer sur les surfaces, les reflets du tissé, les nuances du bois, et comment s'assemblent les formes, les lignes étirées, épaissies, les cambrures même légères des volants....
et la suite dosage précis pour que rien ne dépasse, des couleurs sourdes, l'ensemble régulé comme on prépare une table etc.. guidait, rafraichissait mon regard, avant que j'abandonne le tableau, toute au plaisir des phrases, notations, de la réflexion à partir de lui, autour de lui.. pour arriver au moment où Christine Jeanney interroge directement le peintre, à cette seconde précise, je le mesure, à cause du calme, de la quiétude, j'ai la place de voir comme je suis expulsé malgré l'apaisement...
Bon, j'avais dit que j'en restais là.

4 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Le silence des tableaux de Hopper succède à celui de sa peinture. On dirait que Christine Jeanney l'observait de l'autre côté de ses toiles quand il peignait.

brigitte celerier a dit…

exactement - et elle savait ce qui se passait autour de lui aussi

Arlette Arnaud a dit…

Plaisir de la lecture en osmose avec ce désir de peindre comme ce bleu qui jaillit brusquement de l'écran en ouvrant ta page
Tout un mélange tonique

Gérard a dit…

Hopper, le peintre à l’esprit d'un photographe.