mercredi, octobre 28, 2015

Colorer le temps gris, et suivre voyages


Une petite bintje au fond du panier, une joue de morue seul relief de ma provision, ai pris mon couffin et m'en suis allée dans la neutralité absente, la grisaille des rues. 
Et comme j'aime bien me vêtir de douceur grise mais en le piquant d'une couleur qu'il fait chanter, j'ai cueilli, pour me rasséréner, des couleurs sur mon chemin
et dans le panier rouge du marchand de légumes. Trop en fait, alors après avoir entreposé les victuailles ramenées, ai décidé de garder des images colorées pour demain qui, selon la météo, devrait être un de ces jours où je reste devant la porte fenêtre de la cuisine, volonté tendue pour repousser l'eau qui veut y pénétrer...
parce qu'aussi voulais garder place pour tenter de vous donner désir d'un texte.
Des deux livres découverts et téléchargés hier matin, j'en étais restée à Hooper, Christine Jeanney chez QazaQ, mais j'avais commencé ensuite, le soir tombant, et terminé mardi après midi, pendant que la pluie s'installait avec régularité dans ma cour, la lecture de l'autre livre : Soleil Gasoil de Sébastien Ménard, qui rassemble des textes tirés, adaptés peut-être, de son blog diafgram http://diafragm.net/spip/ publié chez publie.net http://librairie.publie.net
Le livre paraît aujourd'hui je crois et, en attendant de vous décider à le télécharger, vous pouvez en écouter quelques passages sur https://soundcloud.com/publienet/sets/soleil-gasoil ce qui vous permettra d'en goûter le parfum mieux qu'à travers ce qui suit (je me sais piètre analyste, transmettrice de mes lectures, le savais dès l'adolescence quand je fuyais chaque fois que le pouvais, lorsque choix était donné, le sujet portant sur un texte, préférant risquer mes mots et ma sottise que les infliger à un grand auteur)
Alors moi, juste dire le plaisir de ces textes, des photos de Sébastien Ménard et An Cé t. (eu grande envie d'en prélever, autres mais à saveur proche, sur le blog) - des mots qui disent le voyage, les gens, la chaleur, la route
que ce soient les 39 fantômes quand ils abordent le Maghreb (et les fantômes où qu'ils soient prennent des photos)
Qui filent sur le bitume vers le sud et flou dans l'oeil à suer immobiles - le ciel est bleu sur la terre jaune jaune orange - ils sont là sur leur siège la tête contre la vitre cogne un peu et va lente - les corps usés la poussière sur la peau crasse issue de secours et marteau à briser les vitres de leurs carrosses en tôle.
que ce soit à la frontière syrienne
A la frontière on change des dollars contre leur monnaie et même pas besoin d'en mettre dans le passeport – cette frontière c'est un endroit qu'on croirait vide et usé – sur les murs les impacts de balles recouvrent les tags et la poussière – dans les cafés les types sont tous à compter leurs billets et les bagnoles semblent avoir traversé la frontière de nombreuses fois – certains te parlent du pont qu'ils ont bombardé et des temps perdus – d'autres évoquent une centrale à béton qu'on a pris pour un lance-missile – d'autres encore préfèrent parler du soleil et du thé.
que ce soit à Ramallah, à Jérusalem, à Tel Aviv quand les notes en bas de page sont plus longues que le texte, sous-texte, commentaires essentiels, et je ne sais comment prélever un peu de cette partie qui est vivre là, un temps, éveillés, poètes et témoins.
que ce soit dans le carnet des plaines (mais là la chaleur a fait place, au début, au froid, au brouillard, au vent) et ses croquis
dans l'herbe là vert vert
sous le bleu une bête c'est un cheval
le bruit de ses pas sur la terre
un homme passe qui chante seul sur la route
et puis je renonce à donner idée de la diversité des formes, de la variété des récits, images, rencontres, sensations et de l'unité qui est le voyage, le regard, l'attention, et le soin donné aux mots etc... lisez le
Terminé une relecture des carnets - un assemblage - j'ai pris une série de textes sur le site - je les ai mis ensemble - je crois que ça forme une histoire - quelque chose comme une histoire - c'est des trucs de la route... 

8 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour ces couleurs pour éclairer notre grisaille et pour les liens nous partageant les mots !

brigitte celerier a dit…

et grand merci à vous

Dominique Hasselmann a dit…

toujours d'actualité, le gaz-oil, et ce qu'il signifie...

brigitte celerier a dit…

déteste tant cette odeur (comme celle de la viande) que j'ai mal au coeur en prononçant le mot…
mais rêver de suivre pérégrinations .. j'aime (et beau travail d'écriture)

Arlette Arnaud a dit…

Poêle antique qui fume et cette obsédante odeur car la pluie bouche les conduits ... la campagne a ses revers
Mieux le bois qui pétille dans la cheminée et ne chauffe que la face exposée
Poivrons verts en robe d'été

brigitte celerier a dit…

navrée pour le conduit du poêle, pénible
mais le poêle antique réveille en moi le souvenir de la demie-pensionnaire il y a tant et tant d'années à Saint Do (Toulon) qui n'aimait pas les récréations avec les autres - avais problèmes - et se régalait en mangeant sa pomme posée sur la fonte, chaude, caramélisée un peu et sale de vieux métal.. ai survécu

Gérard a dit…

aurais tu oublié l'étal du poissonnier

brigitte celerier a dit…

demain