vendredi, novembre 13, 2015

À la lisière du monde

fait trop de bruit le monde, et il y a aussi petite guerre intérieure
peur du silence
alors, musique, musique, mais honteusement remisée en arrière plan
alors, antre sentant la cire et le savon à l'huile de lin
alors, rester en alerte intérieure, en attente d'un éventuel coup de téléphone ou mieux, ou d'une sommation par sonnette du plombier ou d'un autre
alors, hésiter longuement pour choisir pour http://brigetoun.wordpress.com un passage d'une des nouvelles de Christine Zotelle parues chez QazaQ vous vivez dans quel monde? entre l'engagement prenant chair et la fantaisie apparente http://www.qazaq.fr/pages/vous-vivez-dans-quel-monde/
alors, télécharger la nouvelle parution (gratuite) – se donne trop de mal Jan Doets, ne vais plus pouvoir suivre, mais ce texte là me fait tout spécialement envie – le journal de la brousse endormie de Serge Marcel Roche http://www.qazaq.fr/pages/journal-de-la-brousse-endormie/
alors emprunter un ce serait publié par les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce serait – 42 – que font-elles là ?
Ce serait se demander paresseusement, chaque fois, ou presque, que je longe le théâtre : que font-elles là ces estrades s’élançant au dessus du vide à partir d'une corniche, devant un mur lisse, sans fenêtre, sans même un de ces cadres de fausses fenêtres qui ne sont là que pour la symétrie et sont garnis d'acteurs connus nous regardant en jouant depuis des fresques que je me refuse à juger, me sont trop familières.
Que font-elles là avec leur rouille, les rambardes qui les entourent sur deux côtés laissant libre celui qui fait face à l'estrade soeur, comme pour une confrontation d'orateurs s'affrontant au dessus de nous le peuple qui passe indifférent à leur débat.
Ce pourraient être Platon, Créon, Xénophon, si pressés les uns contre les autres qu'ils risqueraient d'expulser hors jeu, de faire choir Socrate faisant face calmement à Georgias et ses amis.
Ce pourrait être notre garde des sceaux répliquant par un poème à un républicain (ou une) désinhibé, étalant complaisamment sa profonde vulgarité.
Ce pourrait être tout autre chose, en fait
des plateformes destinées au repos des oiseaux migrateurs, des grues cendrées, des oies des neiges, des pélicans roux, restées vides parce que ne sommes pas sur leur chemin
des piédestaux en attente de la venue rêvée des anges de Wenders maintenant que ne veillent plus sur Berlin, nous rejoignant depuis leur ailleurs pour nous donner bienveillance et sollicitude partagées.
l'amorce d'échelles pour évacuer le théâtre lors d'un incendie, mais une erreur de calcul les aurait mal positionnées...
ma foi je ne sais, qu'en pensez-vous ?
et puis, parce que mardi j'y ai pensé, mettre photo expliquant en partie le trajet qui mène à ces plateformes (pour une évacuation reste la descente jusqu'au sol – échelles ?)

PS – à vrai dire me suis surtout intéressée, dans l'après-midi, sans grand espoir, à la tentative d'en revenir même partiellement à la réforme fiscale qui était un des principaux engagements (ou le principal) des présidentielles

8 commentaires:

Caroline Gérard a dit…

Merci pour l'énigme.

brigitte celerier a dit…

reste un étage..

Arlette Arnaud a dit…

Aime à penser en une double tribune pour oiseaux batailleurs ...

Dominique Hasselmann a dit…

@ brigetoun : il est vrai que vous êtes l'un des premiers piliers de ces éditions !

brigitte celerier a dit…

Arlette, moi aussi

Dominique, heureusement qu'il y en a d'autres !

jeandler a dit…

Le Monde
de plus en plus bruissant
paroles en l'air
musiques de fond
en abîme.

Gérard a dit…

...et le plombier ne peut rien à la réforme fiscale

brigitte celerier a dit…

:-)