mercredi, novembre 11, 2015

entre rire et agacement, visites dans la cour

Ciel bleu franc sur la cour ce mardi matin
sur le souvenir d'une visite, dans l'attente de visites impromptues ou non
Samedi, au moment où troquai mon jean pour une jupe me préparant lentement à partir à l'opéra, coup de sonnette énergique, ai sauté, ouvert la porte et me suis trouvée devant un petit bonhomme souriant, grimpant avec élan mon escalier-échelle avec un gros sac d'outils d'où sortait une ventouse débouchante et, tête levée vers moi, m'annonçant «je viens travailler»
- chez moi ?
- Oui, suis le plombier
- mais je ne vous ai rien demandé
- c'est le propriétaire...
je m'obstinais à ne pas comprendre en quoi un plombier était nécessaire pour fabriquer un petit barrage empêchant l'eau des orages de pénétrer, dernière idée émise par le propriétaire lors d'une visite inattendue, mais l'ai gardé pour moi, allant au plus pressé en indiquant à ce sympathique, vraiment, personnage que, bon, il serait mieux de me prévenir et que là je devais sortir, il a eu la bonté de le comprendre et m'a dit bien je passerai lundi à six heures (du soir).
En m'éveillant lundi matin, me suis tout de même interrogée, ne comprenant surtout pas comment il comptait entreprendre un travail quel qu'il soit dans la nuit de la cour. Ai appelé le propriétaire qui, toujours très courtois, m'a confirmé que oui un plombier devait passer pour remédier aux infiltrations dont se plaint l'antiquaire - j'admire la longue patience de mon ami le marchand de tapis qui en plusieurs années de présence n'a jamais soulevé le problème -, que ah oui la nuit posait problème, qu'il demanderait à l'ouvrier de se munir d'une torche ou d'une ampoule pour la lanterne de la cour (qui pour autant que je sache n'est plus commandée par aucun bouton mais cela je l'ai réalisé ensuite.. de toute façon, visiblement, il n'en a rien fait).
Donc lundi Brigetoun et l'antre attendaient que soit rompue leur béate solitude... attendait, attendait (et je m'inquiète de l'effet sur mes nerfs – même sans aucune manifestation extérieure – de ces moments.. et de ce que cela peut signifier)
Arrivée du bonhomme, plaisanteries, arrivée dans la cour que j'avais éclairée en installant un frêle lampadaire, il se penche en arrière, regarde la lanterne, la fenêtre de la voisine du dessus et dit
- ça va pas être possible
- quoi ?
- de mettre un toit
- un toit ?
- oui, pour protéger de la pluie
- pas question, si vous mettez un toit je déménage (à travers mon fou-rire)
un silence et puis
- qu'est-ce que je fais ?
- bon... je sais pas, moi.. que vous a-t-on dit ?
- qu'il fallait arrêter les fuites, mais je ne vois riens
Alors me suis souvenue que son sans-doute patron avait parlé de refaire un bandeau isolant autour de la cour et des vasistas, avons fait un tour, parlé au hasard, c'était très charmant, mais de toute façon il pensait ne pas avoir ce qu'il fallait comme attirail.
Il a décidé d'aller voir le propriétaire pour décider avec lui, lui ai suggéré de travailler de jour, lui ai dit que j'étais à sa disposition... enfin pas trop et lui ai donné une carte de visite dans l'espoir insensé qu'il me téléphone avant.
Et il est parti en disant
- ça représente un très gros travail
- oui je pense
- oui… casser et refaire tout le sol de la cour… 
Cet homme est partisan des solutions radicales...
Depuis j'attends, en choisissant de m'en amuser, mais avec un début d'exaspération (en suis à ma sixième visite impromptue, et aux dernières nouvelles pour l'eau qui rentre dans l'antre c'est pas grave, on verra peut-être ensuite).
Me sens plus tout à fait chez moi. J'ai quand même osé sortir cet après-midi, dans le faux printemps de nos rues, pour aller chez le pharmacien.

5 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

On a du mal à comprendre pourquoi un plombier serait efficace pour ce genre de travail. L'étanchéité des bâtiments ou des toits est un métier de spécialistes....
Espérons que le ciel bleu d'Avignon dure aussi longtemps que tous ces messieurs n'aurons pas résolu les vrais problèmes !
Que votre journée soit sèche et belle :-)

Arlette Arnaud a dit…

Si Avignon m'était si bien conté ... et les déboires de Brigetoun Bravo pour la patience courtoise

Dominique Hasselmann a dit…

Une réincarnation de Fernand Raynaud ?

jeandler a dit…

C'est le proprio qui aurait dû être là. C'est son affaire.
Dont apparemment, il n'a que faire !
Nous suivrons si moralement cela peut être une aide...

brigitte celerier a dit…

Dominique simplement un pauvre gars perplexe à qui on demande de remédier avec petits moyens ce qui est une erreur de conception remontant à plus d'un siècle
Pierre, il s'en occupe davantage que le gérant ! moi je ne soulevais pas le problème mais l'antiquaire est tellement tanant (et renvoyant régulièrement ouvriers) qu'il commence sans doute à s'irriter un poco (moi aussi bien injustement)