dimanche, novembre 15, 2015

noté au réveil, le 14 novembre

Ce serait ces tweets lus à cinq heures ce matin, en me réveillant, postés par un Nicolas, interne des hôpitaux
De garde en cette soirée et nuit funeste. Obligé de ravaler mes larmes pour continuer à soigner malgré le déferlement de haine. ‪#Paris
et puis
Nous sommes en guerre. Mais contre qui ? Contre quoi ? Et pourquoi bon sang, pourquoi
Ces appels de proches de disparus, ça me déchire le coeur. Toujours sans nouvelle de deux amis moi aussi.
Ou cela retweté Vous êtes internes des hôpitaux de Paris ? Des besoins accrus à la Pitié Salpêtrière, Bichât, HEGP, Lariboisière.
C'étaient ces visages jeunes avec demandes de renseignements qui se bousculaient
C'était l'image familière du croisement du boulevard Voltaire et du boulevard Richard Lenoir, là où je commençais à me dire suis presque arrivée, et une pensée pour les gens qui habitent là
C'était lire rue de Charonne/rue Faidherbe (le chemin comme pouvais vers Saint Antoine), rue de la Fontaine au roi et penser à nouveau, d'un peu plus près, aux visages si longtemps côtoyés et puis se dire c'est idiot cette tentative instinctive de chercher à en être dérisoirement.
Ce sont les demandes de blocage de frontière qui semblent un peu insuffisantes ou pire, puisque probablement, comme ça, première idée, les auteurs sont français, français partis et revenus, ou jeunes français qui en leur désordre intérieur se tournent vers ça.
C'est espérer qu'aurons empathie plus forte pour les réfugiés qui parviennent jusqu'ici, fuyant des années d'une horreur tellement plus intense.
C'est craindre ce que vont subir encore les français musulmans.
C'est constater que guerre est faite aux gens de bonne volonté de toute obédience, c'est refuser de se croire en guerre avec tous les peuples musulmans qui subissent cela.
C'était trouver dérisoire les petites histoires publiées dans notre innocence de la nuit.. c'est penser que la vie est là qui continue mais que sommes en sidération (ce qui est cherché mais ce que devons aux morts, blessés, inquiets).
C'est renouer avec le Monde et son live.. et passer le jour ainsi, en alternant avec France Musique.
C'est aimer les gens du quartier qui ont ouvert leurs portes aux passants en détresse en l'indiquant avec #portesouvertes sur twitter
C'est avoir bien aimé l'intiative de Facebook indiquant pour chacun ceux qui, figurant dans nos «amis» virtuels ou non, habitant Paris, ont signalé qu'ils étaient saufs, parce qu'avons tous un petit réflexe égoïste et naturel en pensant à eux.
C'est se demander si je poste cela, écrit à l'heure du petit-déjeuner.
J'ai vu qu'il y avait eu un regroupement devant le palais à Avignon, mais ne sais pourquoi n'y avais pas pensé une seconde cette fois.

Et ce soir penser à tous ceux qui ont vécu ce jour dans une atroce angoisse, à ceux qui sont dans le deuil, à ceux qui ne savent toujours pas, et à ce que ressentent les rescapés.

12 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

C'est rester debout tous ensemble unis face à la barbarie, c'est saigner avec les victimes et pleurer avec leurs proches, c'est aussi relever la tête et avancer vers la lumière avec l'espoir qu'elle efface les ténèbres...

brigitte celerier a dit…

c'est de toute façon continuer parce que c'est la seule chose que nous puissions, comme depuis toujours

Arlette Arnaud a dit…

Difficile de s'exprimer devant tant "d'horreur" en parler , en parler encore pour tenter d'évacuer cette boue et écouter
Merci à toi

Dominique Hasselmann a dit…

Un quartier que vous connaissiez bien ("rue de la Fontaine au roi" : et c'est le sang qui coule).

La solidarité s'est montrée exemplaire. Il faut la faire vivre.

brigitte celerier a dit…

OUI

jeandler a dit…

Tous semblables, tous aussi démunis devant l'adversité, devant l'horreur
une cruauté qu'on ne peut qualifier
surtout ne pas la dire bestiale
car les animaux ne tuent que par nécessité
Tous, la main dans la main
formant une chaîne humaine
pour que la flamme fragile de la vie ne s'éteigne pas.

brigitte celerier a dit…

oui

mémoire du silence a dit…

penser et espérer encore des hommes... Gandhi, Luther King, Mandela et tous les inconnus héros d'amour et non violence ... espérer encore ... que ces héros de la non violence procréent des milliards de petits...

brigitte celerier a dit…

oui

mémoire du silence a dit…

Il nous faut croire en l'ubuntu
http://panafricanisme.com/culture-africaine-signification-du-mot-africain-ubuntu/301/

Gérard a dit…

quels mots dans ces moments terrifiants ?

Anonyme a dit…


Après la sidération, la colère me gagne...
Encore une fois vous exprimez ce que je ressens et n'aurait pas su si bien exprimer :-)

Bonne soirée Brigetoun.

Flore