jeudi, décembre 24, 2015

les petites vieilles et les petits vieux


L'hiver est rude aux petits vieux – j'ai presque honte de ma relative bonne forme – et j'ai plusieurs amis aux pieds, ou à l'élan, coupés, un bref temps - mais tout de même.. -  par fatigue, épuisement... et dans le couple de Grignan, qui cette année (une sur deux) ne voyait pas leur maison investie par leur descendance – soit un peu moins d'une quarantaine de personnes de toutes tailles, je n'ai pas compté mais je ne dois pas exagérer tellement – et devait partir en Suède auprès d'une des familles, l'un avait brusquement perdu pied, un peu, assez pour être hospitalisé - il n'était plus question que d'un Noël de deux petits vieux au coin de la cheminée dans leur solitude à deux -. J'en étais navrée pour eux, et quand, avant de partir pour ma petite expédition crèche – habitée par la résolution de Ne Pas Acheter De Santon – j'ai téléphoné ce matin, la une de l'un m'a confirmé qu'elle le récupérait dans l'après-midi, qu'elle avait tenté – la connaissant je sais que le résultat est superbe avec juste la pointe de fantaisie nécessaire – de donner un air de fête au coin qu'ils occupent dans cette grande bâtisse et qu'elle avait sélectionné, dans la centaine de santons (oui sa crèche est à la taille de la maison, la descendance, les années vécues, etc...), les moutons et les petits vieux et petites vieilles pour les aligner, sans décor, sur l'une des cheminées.. et comme, en effet, les crèches provençales sont le dernier endroit où petites vieilles et petits vieux s'ébattent avec tant de constance qu'ils en sont presque les vedettes, j'ai décidé de m'attarder sur eux, sans espoir d'en trouver une aussi belle que mon amie de Saint Pierre. - d'où avalanche
A Saint Didier ils sont, en effet, assez nombreux, et bien dûment ridés, cassés et fiers (mais, pudiques, ils sont restés un peu flous, absents de mes images)
Ai flâné un peu entre les chalets qui ce matin arrivaient à créer un peu d'animation et même vendaient quelques petites choses, j'ai l'impression qu'ils s'adaptent à nos bourses un peu aplaties…
et par la rue des Fourbisseurs m'en suis allée vers la place des Corps Saints, la fontaine où les bébés tritons n'arrivent pas, malgré l'appel de leurs conques, à obtenir de l'eau pour leur bassin, et la grande crèche de la ville,
m'arrêtant un moment chez Isoline Fontanille – qui n'avait pas ses plus belles pièces, comme le petit Anicet et son âne, le chasseur et son chien... mais tout de même de belles choses... pour hésiter un moment, résister à la tentation, dire peut-être tout à l'heure (il y trois petits vieux avançant bras dessus, bras dessous mais le chiffre porté sur l'étiquette était un rien dissuasif…)
avant d'entrer dans la nef et d'avancer vers la crèche Carbonel... bien trop grande pour être photographiée, surtout dans le fond, les collines, les terrasses où sont plantés les petits personnages qui se troublent devant mon petit zoom, et même ma foi devant mes yeux.. 
Finalement elle souffre de jeunisme, y a pas tant de petits vieux, au moins dans les premiers et seconds plans. Enfin il y avait tout de même une brave dame qui se demandait comment utiliser un balai de sorcière – sans que ses idiots de moutons puissent l'aider, se contentaient de la suivre – une autre, en tablier ocre, aux cheveux enfouis sous même bonnet que les jeunettes et les femmes mures devant la mairie, mais à la démarche un peu hésitante et aux épaules courbées sous son fichu, un très beau berger à la verdeur un peu passée, une petite vieille grisonnante, très floue, qui trottinait vers la crèche sur la restanque au dessus du camp de boumians,
un pêcheur blanchi et un vieux couple sur le pont, près du moulin et de l'aqueduc rompu, à l'entrée de la gorge, et une sexagénaire conseillant une belle... quelques autres bien sûr, mais pas tant, et les ai laissés à leurs occupations.
suis ressortie, suis passée, en restant hors de vue du compagnon d'Isoline, dans les trois ou quatre autres baraques et suis rentrée, ayant cédé, chez Lambert, devant deux petits vieux, de petite taille, bien humbles et sympathiques, bien plus adaptés aussi à mon budget (tellement plus d'ailleurs que, du coup, comparativement, j'avais presque l'impression d'avoir résisté à la tentation), que j'ai posés sur une étagère en attendant de sortir mon petit peuple demain.

10 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

On attend d'admirer votre petit peuple aussi,
Une pensée pour vos amis avec mes vœux de prompt rétablissement.
Bon Noël à vous !

brigitte celerier a dit…

ma foi, la vieillesse est inguérissable, juste gérable

Hue Lanlan a dit…

magnifiques et sympathiques personnages que les santons, cela m'a fait penser à la chanson de Brel et aussi à certaines peintures. Bon Noël à vous à bientôt !

Dominique Hassselmann a dit…

Jolies scènes de théâtre immobile et silencieux...

Belles fêtes à vous !

brigitte celerier a dit…

té ! c'est pourtant pas sa région

brigitte celerier a dit…

Dominique merci pour votre passage
et bonnes fêtes à vous, profitez en bien

Arlette Arnaud a dit…

Installer sa crèche le jour de Noël est une belle façon de chanter Noël
Toujours un plaisir de les regarder surtout les beaux visages " Carbonel"J'en ai juste 3 que l'on reconnaît parmi les autres
Douce nuit ...

chri a dit…

Une pensée vers vous et des souhaits de fête agréable malgré... tout.

Gérard a dit…

Les cultures maintiennent en forme....nous les ´´ santons . Bonne fête Brigitte.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS a dit…

Étant atteint de la même maladie, je gère.
Bien que n’ayant pas la foi, j'ai pensé, pour terminer ma vie, me louer comme vieux santon d'occase dans les crèches provençales, histoire de me changer les idées et de faire un beau voyage, mais je ne sais pas où adresser ma candidature.
Joyeux Noël, Brigitte, en toute amitié.

Roger