mardi, mars 29, 2016

D'un billet abandonné et de l'amitié


J'avais commencé un billet en parlant platement du ciel, au dessus de la cour, qui ne pleurait plus ce matin, qui avait eu un moment de lumière, m'avait offert un peu de bleu faible et puis s'était voilé pudiquement. Et je pensais reprendre la réponse qu'avais faite à la dernière proposition d'écriture de François Bon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4315
Mais, au moment où je partais vers la place de l'horloge, la Civette, il y a eu ce billet sur Contrepoint, le blog co-tenu par Claudine Sales et Francis Royo, http://contrepoint.co/2016/03/28/epilogue/ et la peine est revenue, avec, cette fois, le besoin et la possibilité de la dire.
De dire ce manque, même si nous nous y attendions mais sans vouloir y croire, égoïstement confiants en sa force contre la maladie, ce manque qui m'avait envahie, avec une profonde insistance qui m'a presque surprise, en apprenant que la lutte était finie, manque de sa délicatesse, de sa justesse, de sa présence sur twitter chaque matin, il n'y a pas si longtemps, et, zut bien entendu ce n'était qu'amitié virtuelle, dira-t-on, mais vous jure qu'elle était vraie en ce qui me concerne et j'ai l'audace de croire qu'il la partageait un peu.
Alors me suis replongée dans Analogos http://analogos.fr puisque, au moins pour un temps, il nous reste l'accès à sa poésie, sa pensée, et je vous invite, si vous n'êtes pas des habitués, à le lire, faire lire.
Voulais faire un petit florilège, mais ce sera pour une autre fois.
Me borne à reprendre, en contrepoint de ces arbres sur ciel tristounet, pris en grimpant la côte, en pensant à lui
l'arbre fier, dru, sur un ciel plein de lumière qui est une de ses dernières photos sur son compte Facebook
Me borne à son dernier billet, publié le 9 mars dernier, dans Dire
ce grain

devenu si léger

m’affranchit de tous les nuages

saison vive

et à l'hommage de petites fleurs rencontrées en chemin.
Oh, et puis, avant de vous laisser découvrir, ou redécouvrir, toutes les facettes qu'il nous montrait, juste :
dans l'arrache-coeur, le 17 décembre 2014
jusqu’à ma paupière noircie

monde hideux


tu n’arracheras pas ma lumière

PS

finalement, en fin de journée, ai remplacé, sur http://brigetoun.wordpress.com, la lecture du passage d'un roman que venais de finir, par celle de quelques phrases et poèmes notés un peu au hasard au fil de mon errance dans Analogos.


13 commentaires:

Luc Comeau-Montasse a dit…

Merci pour cette page
oui
la présence lointaine peut être aussi dense
que
bien d'autres
voire davantage

Dominique Hasselmann a dit…

Il nous manquait déjà depuis quelque temps, il nous manquera longtemps.

brigitte celerier a dit…

reste, tant que analogos existe, à le lire et faire lire

annaj a dit…

quel homme magnifique! jamais une plainte et la pudeur... un être lumineux.

brigitte celerier a dit…

et trouvait force pour l'attention aux autres … !

Martine a dit…

Non. Le poète ne meurt pas.....il continue de nous écrire.....je vous embrasse.

Danielle Carlès a dit…

Je suis très triste. Je pensais toujours beaucoup à lui, un des premiers à m'accueillir en ami, dans ce monde nouveau pour moi, avec grande intelligence, pudeur et fidélité.

brigitte celerier a dit…

Danièle il y a sur Analogos un poème (ne sais plus lequel) qui vous est dédié

Anna Urli-Vernenghi a dit…

Brigitte, me pardonnerez-vous mon manque de culture ? Je ne le connaissais pas. A vous lire je saisis le manque... Comment rattraper ça sinon en le lisant l'écoutant.

brigitte celerier a dit…

très fortement conseillé, se promener, par petites touches dans son blog tant qu'il est là (pour un an si j'ai bien compris)

Arlette A a dit…

L'avoir croisé plusieurs fois en reste émue en se purifiant à ces écrits Merci Brigitte pour cet hommage sincère

Gérard a dit…

Même du ciel tu ne parle jamais platement mais en poète.

brigitte celerier a dit…

trop gentil - merci