jeudi, juin 09, 2016

Pour Moussa


Pour me consoler du bruit qui rode, sale, sous-jacent, depuis plusieurs années, en me disant que mon pays peut sentir bon - et parce que, pour une fois, ça m'était facile, m'en suis allée matin, un peu après neuf heures
dans les rues qui s'éveillaient au soleil, cherchant l'entrée officielle du Lycée Mistral – ne connais que l'arrière, le passage pour accéder, pendant le festival, au gymnase qui abrite souvent des spectacles, juste un peu en marge, que j'aime bien -
et j'ai rejoint, un peu en avance, vers neuf heures trente, les premiers des membres de RSF et du MRAP, parce que j'avais reçu, mardi, un mail de ce dernier
Grâce à la mobilisation des élèves, des parents d'élèves, des enseignants, du collège et du lycée Mistral, et de tous les citoyens soucieux du respect des droits des enfants, Mohamed Fofana et Moussa Camara, les deux jeunes Guinéens d’Avignon, âgés de 16 ans, qui avaient été enfermés au Centre de Rétention Administrative de Marseille, ont été libérés.
Mais ils ne sont plus pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance.
Ils seraient aujourd’hui à la rue sans la mobilisation des parents, enseignants et personnel du collège Mistral.
Si Mohamed Fofana a réintégré le collège, par contre Moussa Camara n’est toujours pas scolarisé, bien que la communauté éducative du Collège se soit déclarée prête à l’accueillir, et que l'évaluation de son niveau scolaire ait été réalisée il y a maintenant deux semaines.
Il attend désespérément de rejoindre les bancs de l’école.
Nous demandons à l'Inspection Académique de Vaucluse de prendre ses responsabilités et de décider immédiatement de scolariser Moussa avec son camarade Mohamed.
Un moment de grâce, de bonne volonté, d'espoir...
et puis suis revenue, tournant autour du terrain occupé – à part une petite bande de maisons et immeubles le long des rues – par le grand ensemble que constituent le lycée, le collège et l'internat…
j'ai constaté - l'ami Michel Benoît va être content – que les bassins du square Agricol Perdiguier étaient remis en eau... j'ai acheté des yaourts, suis passée à la FNAC pour vérifier l'heure de l'ouverture de la location pour le festival – les caisses étant maintenant au fond du magasin, ça risque d'être de plus en plus homérique - et suis rentrée dans l'antre
La lecture dans la cour nécessite maintenant un chapeau et quelques brumisations.. pourvu que ça dure.
Quand à la durée de Paumée je m'interroge une fois de plus.


6 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Une lutte citoyenne, musicale et pacifiste (et pédagogique...).

Espérons que le résultat sera positif !

brigitte celerier a dit…

déjà première victoire auprès du préfet : contester les tests osseux, leu éviter l'expulsion.. l'académie ne devrait pas être plus butée (chouettes moments de conseils attentifs qui étaient plus discrets, à l'écart , avant, d'échanges entre les deux profs qui s'occupent de Moussa et lui)

Arlette A a dit…

Petites graines d'espoir entre tes lignes et à tous les " étages" et aussi
failli tout abandonner pour la réservation plus "qu'homérique" pour la location billets - théâtre et puis tout est allé très bien , colère rentrée , mais il me semble, un programme moins dense

brigitte celerier a dit…

Arlette, je ne comprends pas : la location n'est pas ouverte et tu as pu avoir des billets ?

Anonyme a dit…

continuez et serrez les coudes... Félicitations et partage (sous le soleil
...!!)

jeandler a dit…

Le monde n'est - il pas devenu homérique en sa totalité, embarqués malgré nous dans un vaisseau Odyssée ?