dimanche, juillet 03, 2016

Approche craintive du Festival et tentative de dire Bonnefoy


M'en suis allée matin, trouvant semblance entre Brigetoun et le contenu d'un petit camion, tout en rêvant d'être aussi fraiche, charmante, pleine d'espoir que petite fleur sous un ciel où rodaient quelques nuages (une ondée en fin de matinée, avant de retrouver chaleur, un peu moindre, et lumière)..
m'en suis allée vers la maison du Off, pour prendre programme papier pour moi et surtout pour ma pharmacienne qui n'en a pas le temps, avec l'idée aussi de retenir billets pour dix ou douze spectacles.. afin de m'obliger à ne pas en abandonner l'idée, tout en me disant que cela faisait trop pour carcasse et ses caprices et dolences,

mais les gentilles dames n'ont voulu me donner qu'un programme (tant pis, m'en passerai facilement) et ne vendaient pas de billet... il faut passer par internet et imprimer le reçu.. ce que ne peux faire (l'ai fait pour le théâtre des Halles parce que ma bouille y est connue)
Les théâtres commencent à s'afficher comme tels, des affiches apparaissent avant la date prévue sur des boutiques vides (ne sais si cela correspond aux emplacements autorisés.. la mairie entend débarrasser la ville peu à peu de sa parure anarchique et rapidement décrépite, et j'en suis marrie – la pagailleuse que je suis je n'aime pas les villes aseptisées)
Pour tenter d'obtenir un programme au Syndicat d'initiative, suis rentrée par la rue des Lices, m'arrêtant au passage pour me charger de légumes frais et de confitures dans un magasin de producteurs.. 
ai dédaigné vertueusement les premiers bouquinistes devant le Syndicat d'initiative, suis entrée et au bout de cinq minutes suis sortie en panique : il y avait une queue de quatre personnes et surtout une clim redoutable, de quoi acclimater les genses du nord (ai très peur pour l'Opéra et cela me décourage pour le off).
J'ai regardé le tas de repassage, et puis j'ai regardé les cinq livres de Bonnefoy que contient ma bibliothèque, ai sortie les deux recueils publiés par Gallimard, les ai feuilletés une fois encore, et puis j'ai choisi quelques poèmes que ne me souvenais pas d'avoir lus pour tenter, maladroitement, une vidéo (un bricolage/massacre.. tant pis)
et surtout me suis replongée dans l'Arrière-pays... picorant, savourant les mots, et le sens, m'arrêtant sur
Après quoi je finis par aller en Italie, tout de même, et là je découvris, en une heure, inoubliable, qu'un monde qui paraissait, chez Chirico, l'imaginaire, l'irréalité, l'impossible, en fait existait bel et bien, sur cette terre, sauf qu'il était renoué ici, recentré, rendu réel, habitable, par un acte d'esprit aussi nouveau pour moi que d'emblée mon bien, ma mémoire, ma destinée. Je visitais les églises, les musées, et voyais sur tous ces murs blancs les Madones graves, sereines, presque debout dans leur présence sans faille, de Giotto, de Masaccio, de Piero della Francesca. Ces peintres avaient décidé de la perspective autant ou plus qu'Ucello, ils avaient mieux que lui délivré l'image de son voûtement médiéval ; mais eux ne déniaient pas à l'objet sa qualité substantielle, sa transcendance à l'égard de toute formule...
et continuant jusqu'à la délicieuse évocation de la maison d'enfance... et donc, somme toute, je n'ai rien fait..

3 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Yves Bonnefoy parle de Chirico, la poésie rencontre souvent la peinture...

Ses mots dureront comme les pierres.

brigitte celerier a dit…

dont il a beaucoup parlé, aussi

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour le partage des mots du poète et l'émotion générée !