mardi, août 23, 2016

Qu'en faire ?


Lumière revenue, mais pas la grande chaleur, 
juste ce qu'il faut pour que d'instinct les cheminements suivent, pour le plaisir de la caresse, les trottoirs au soleil et non plus, par crainte de désintégration, les dalles à l'ombre. Avancer les paumes orientées vers l'avant pour jouir de la morsure du soleil à la pliure des bras, et puis, en sortant de la rue déserte, se reprendre et laisser tomber les bras naturellement.
M'en suis allée, passant par la place Saint Didier en travaux - les beaux arbres, hors les trois pins qui ne sont plus, soigneusement protégés -
vers la livrée Ceccano, parce que j'avais découvert vendredi, tardivement, que les cinq projets entre lesquelles doit se faire, fin septembre je crois, le choix parmi celles reçues en réponse à l'appel de projets pour la reconversion de l'ancienne prison Saint Anne - tel qu'exposé par la maire Cécile Helle dans cet interview (découvert ce soir en rentrant) sur le site municipal http://www.avignon.fr/ma-mairie/grands-projets/rehabilitation-de-la-prison-sainte-anne/ (en un splendide exercice de jargon administratif) suivi des précisions sur le terrain, l'état actuel, le quartier etc... - y sont exposés jusqu'à la fin du mois.
Voir le détail des plans, essayer de deviner comment s'articulent les éléments du programme assez complexe, sans trop me laisser impressionner par le charme plus ou moins grand des perspectives.. ne pas oublier que le promoteur doit, tout en tenant compte des objectifs sociaux affichés, obtenir une rentabilité correcte... (ce qui peut justifier que dans le projet qui, je le suppose et le crains, sera retenu, la partie hébergement qui devait être multi-générationnelle soit finalement une petite résidence hôtelière incluant les bureaux demandés...) discuter avec une jeune femme, un peu mollement, et puis débattre (euh m'affronter plutôt, systématiquement, avec une courtoisie qui n'avait d'égal que notre entêtement) avec une quinquagénaire affichant une longue expérience de la promotion (mais Paris ça ne compte pas) et des intérêts de la ville etc... et du coup papillonner un peu et n'avoir aucune opinion.. (seul point sur lequel nous étions d'accord toutes les trois : surtout pas trop de commerce, de crainte de tuer les quelques survivants de la rue Carnot proche...)
rentrer, et puis tenter, à partir du site de la ville http://www.avignon.fr/fileadmin/Documents/Images/mairie/grands_projets/projet_prison_saint_anne.pdf de mes souvenirs et du Moniteur http://www.lemoniteur.fr/article/a-avignon-cinq-propositions-pour-transformer-l-ancienne-prison-sainte-anne-32762052 (pour avoir une idée des projets) de faire un choix sans vraiment y parvenir... ce qui importe peu. (quoique peut-être le B : BDP Marignan, AIA Architectes/DE-SO, pour l'équilibre entre les surfaces allouées et pour la franchise de ces deux bâtiments articulés coupant la grande cour)

9 commentaires:

annaj a dit…

pas de commentaires -trop campagnarde et lointaine- mais marque ma présence sous ce soleil aussi.

brigitte celerier a dit…

une belle présence (je sors de la lecture de votre billet chez les cosaques et de votre annonce chez vous du livre à venir)

Dominique Hasselmann a dit…

Cette prison désaffectée aurait pu demeurer - comme lorsque vous l'avez visitée avant moi - un signe, un monument dressé à l'univers carcéral, surtout à l'heure de l'éloge permanent du patrimoine national voire mondial.

Transformer cet espace de souvenirs et de peine(s) en hôtel ou en logements (même à loyers modérés) est une insulte qui mériterait condamnation.

brigitte celerier a dit…

il en restera des photos et vidéos, (pas uniquement, loin de là, chez moi) et la ville ne peut laisser en friche un espace aussi grand inutilisé dans l'intra muros.. qui n'est d'ailleurs pas le seul immeuble qu'elle a sur les bras, elle si pauvre

Godart a dit…

Primordiale la place centrale de cette ancienne prison au sein d'Avignon intra-muros. Méfiance légitime par rapport à des projets toujours un peu nébuleux et difficilement cernables pour le commun des mortels. Souhaitons que la municipalité qui en a les moyens, pèse de tout son poids pour clarifier les ambiguïtés des promoteurs immobiliers. Avignon, la belle provençale le mérite.

brigitte celerier a dit…

croisons les doigts, et sachons que de toute façon ce sera critiqué
au moins deux camps : la culture pour elle même et sans K et le développement basé sur la culture, (comme les forums qui ont lieu hors public, mais en même temps la tentative d'en tirer importance et avantage économique avec congrès, séminaires etc.. donc fric)

Godart a dit…

Exemple malheureux à Paris : la rénovation du Carreau du temple (magnifique), ancienne halle des vêtements de cuir. Trois projets avaient été soumis par vote aux habitants du quartier (dès l'âge de 15 ans). Choix à faire parmi trois projets: un projet tout culturel, un projet mixte, moitié culturel, moitié sportif et un projet tout sport. La consultation aboutissant au choix du projet mixte. 4 ans de travaux pénibles mais pour la bonne cause et une rénovation réussie. Qu'en est-il après 3 ans de fonctionnement ? Un lieu vendu pratiquement exclusivement à l'événementiel (Dior, St Laurent......) et interdit au public lambda. Le reste du temps de vagues projets culturels toujours placés sous le signe commercial. Locaux sportifs du sous-sol cédés à des associations privées et payantes. Pratiquement rien pour les scolaires si ce n'est occasionnellement pour justifier le reste. Belle idée louable en train de tourner en eau de boudin face à la nécessité de rentabiliser le lieu et faute d'une véritable réflexion culturelle en amont. Heureusement, des associations citoyennes se sont créées pour défendre le projet initial. Alors croisons les doigts et comme quoi la vigilance est de mise pour tous ces projets.

brigitte celerier a dit…

ici il n'y aura pas de consultation publique, il y avait un projet un peu vague de friche, mais le poids économique est passé par là.. et si j'en crois la badame d'hier le besoin d'accroitre les équipements dignes des congrès de cultureux et financeurs, ceux qui décident en vertu du goût qu'ils décident pour le public, et juste un peu, pour la bonne cause, de fournir un peu de facilités aux artistes locaux, mais pas trop… il s'agit de faire financer l'envie d'ateliers ouverts et de logements étudiants par des promoteurs… faut bien leur laisser de la marge (sourire)

brigitte celerier a dit…

restera à s'approprier tout ce qui peut l'être.. en débordant