dimanche, septembre 18, 2016

Peu de chose

J'avais froid, un peu, si peu que j'avais honte de penser que j'avais froid
mais j'avais froid
retournée dans lit (il y a une semaine le poids et la chaleur d'un drap m'était insupportable, là j'ai envie de m'enfouir) j'ai entendu journées du patrimoine, ai pensé bonne diversion, puisque tel est mon besoin, ai pensé jouer les touristes, aller au palais et profiter de l'occasion de voir un peu plus que le circuit habituel, ai pensé file d'attente, et m'en suis allée un peu avant dix heures
le ciel m'a cueilli par son absence morne, et un petit vent bien froid a traversé pantalon de grosse toile et les deux petits pulls de fin coton, et carcasse l'alliée de mes renoncements a grognassé j'ai mal, un peu, si tu insistes vais avoir vraiment mal.

mais, sur mon chemin, au coin de la rue Joseph Vernet des étals qui s'installaient, des portants, l'annonce d'une braderie (pas d'un vide grenier, juste d'une braderie des boutiques et de forts rabais) et comme, le voulant ou non, nous sommes conditionnés à hennir et trotter avec un triste espoir d'existence en consommant, comme je n'ai pas envie de monter déjà sur une chaise, descendre les housses, trier les restes des hivers précédents) ai pensé un chandail pour amorcer le virage, un chandail où se réchauffer yeux, coeur et un peu corps, un chandail dont la longueur et les manches n'ont pas encore atteint proportions démesurées.
A vrai dire ça m'amusait légèrement, et puis j'avais le sentiment, qui s'est révélé exact, que je ne trouverais rien qui soit à la fois chaud et de ma taille..
Alors m'en suis revenue sous un ciel qui se dégageait, dans un air encore bien frais (là je crains que les 30° ne soient, durablement, plus de saison) et me suis lavé les cheveux... certaine ainsi de ne pas ressortir, et me suis plongé dans des lectures sérieuses, et des prises de paroles de gens qui pensaient qui disaient penser qui ne disaient pas exactement ce qu'ils pensaient ou penseraient et puis de gens qui savaient qui disaient savoir qui savaient un peu, avec leur esprit et leur histoire... en cherchant ce que savais, croyais savoir, avais su d'eux, de ce qu'ils avaient fait.

8 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Journées du patrimoine : vous ne faites jamais le pont... ?

Le mot "chandail" me fait toujours penser à Chantal : quelque chose de musical en fait.

brigitte celerier a dit…

comme généralement je ne sais pas très bien, sauf besoin et vérification, en quel jour de la semaine je suis, la notion de pont n'existe pas (et c'est comme ça sue je me pointe devant des trucs fermés parce qu'on est dimanche, ou me casse le nez aux halles parce qu'on est lundi, ou suis prise de panique parce qu'il est convenu que je fournis pour les cosaques paraissant jeudi et qu'on est pas loin de la fin du mercredi et.. en fait pour le reste ça a encore moins d'importance)

Marie-christine Grimard a dit…

La roue tourne mais un bon livre avec un gros pull et un chocolat chaud, c'est agréable aussi...

brigitte celerier a dit…

sans chocolat parce que n'en avait pas et avec trois trucs de coton plutôt qu'un de laine parce que veux pas encore changer contenue penderie c'était pas mal aussi

jeandler a dit…

Ne pas être trop pessimiste à la première goutte. Plutôt coton que laine en cet instant. Ne pas tenter le froid.

Claudine a dit…

continuer en mode basse continue, c'est très beau aussi

brigitte celerier a dit…

j'accompagne la disparition de Paumée (fréquentation divisée par un peu plus de deux…)
bon j'en fais un médicament contre la sénilité :-)

Arlette A a dit…

Dilemme entre le choix d'un chandail et les lectures- pensées de ceux qui croient ne pas savoir mais savent bien que tu le sais
Ouf !! cela donne ...chaud