samedi, septembre 24, 2016

Prélude au théâtre

matin supportais mal le monde, tout et Brigetoun, moins encore le faubert, au sens large le faubert, m'en suis allée me défouler en une courte visite à mon grand voisin
la lumière était belle, l'air assez doux et très calme, surtout avec mon petit cardigan blanc en coton si doux et tendre qu'on croirait de la laine, des pigeons paressaient dans l'herbe si quiets que ne les dérangeais pas mais comme la lumière belle me cache tout ce que voit mon appareil ils ont échappé à ma capture.
Ai fait quelque pas au dessus du fleuve, et puis m'en suis retournée en enjambant les fleuves d'asphalte qui me séparent de lui.

Et en fin d'après midi, ce qui est maintenant le début de l'idée de crépuscule, pour mettre un second orteil dans la «saison» théâtrale, m'en suis allée vers le théâtre des Halles, prendre ma carte d'abonnée et assister au premier spectacle invité Looking for Lulu de la compagnie Véhicule, parce que Lulu en version théâtrale éveillait ma curiosité, parce que chez Timar les invités sont généralement de qualité 
Curieuse donc, avec envie de théâtre, et munie d'un tout petit bagage :
- le texte, trouvé en émergeant de la sieste, de l'appel de fonds de la compagnie sur KissKissBankBank
Looking for Lulu est une nouvelle création née de la rencontre entre Sabrina Bus comédienne et Natascha Rudolf metteure en scène. Elles ont travaillé, avec toute l'équipe, à une adaptation contemporaine et dépouillée de la première version du texte de Wedekind. Toutes deux issues de fratries de 4 filles, riches de leur point de vue de femmes attentives à leur liberté, elles s’emparent de Lulu. Comment cette figure-miroir au féminin de Dom Juan évolue-t-elle dans un monde conçu et dominé par les hommes ? La singularité et la force du projet sont aussi là : ce texte n’a été monté que deux fois par des femmes.... une adaptation précise, avec un point de vue fort. Resserrée en 2 heures, autour de 5 acteurs (4 hommes & 1 femme) et 2 villes, les personnages principaux sont là : père, frère, mari, amant
- et le teaser du spectacle (trouvé en même temps)
Une attente dans l’ambiance agréable de ce théâtre où me sens bien, entre conversations dans la douceur du jardin en regardant le ciel s'effacer et calme sous la garde des oeuvres d'Alain Timar
une salle aux deux tiers remplie (l'autre représentation, la veille, était presque comble, la rentrée des avignonnais se fait doucement) et le spectacle avec ce qu'on pouvait attendre de cruauté, de sentimentalisme, de cynisme tranquille, provoquant quelques petits rires dans la salle, des larmes, une mise en scène simple, évidente mais allusive (les morts sont aussi peu réalistes que possible), une table, des portants, quelques chaises, un bel engagement des quatre bons acteurs masculins (spécialement Benoit Hamelin qui incarne successivement le premier mari de Lulu et son père), et de Lulu (entre autres noms puisque chaque homme la rebaptise) incarnée avec un mélange d'amoralisme, d'innocence apparente et de fougue par Sabrina Brus.
Un spectacle bon mais pas exceptionnel, qui n'est peut-être pas tout à fait assez énergique, tendu.
Et un retour par les rues vides entre les ilots des terrasses de restaurant peuplées, un piano dans la cour de l'Hôtel d'Europe, une envie de m'asseoir sur un plot et de l'écouter en regardant la nuit et la vigne vierge.

8 commentaires:

Claudine a dit…

Douceur de l'automne

Hue Lanlan a dit…

si belles photos, couleurs et lumières,

belle rentrée à vous !

brigitte celerier a dit…

qui hésite à venir
et puis notre souplesse qui nous fait trouver douce une température qui nous faisait frissonner il y a une semaine

aanaj a dit…

présence...suis comme une ombre.

brigitte celerier a dit…

nous nous suivons comme des ombres, et c'est doublement tant mieux pour moi

jeandler a dit…

Un bon début, tout en douceur. Prometteur, sans aucun doute.

Dominique Hasselmann a dit…

Ainsi, le festival d'Avignon aurait repris en douce ?

brigitte celerier a dit…

Dominique en fait il y aura le spectacle de Timar pour le prochain festival (ou plutôt le spectacle qui sera repris lors du prochain festival) plus tard dans l'année
non là sommes entre avignonnais et vauclusiens, en famille (un peu ça comme ambiance d'ailleurs, vraiment une ambiance spécialement agréable dans ce théâtre)