vendredi, septembre 23, 2016

Se rajeunir

feuillages ternis
contre le ciel bleu dur
préparent le roux
paumée mon recours
contre la sénilité
- la crainte de ses dégâts -
devient mon poison
en disparaissant tout doux
devenant plus médiocre.
Avec ma logique, me suis rajeunie considérablement en allant à l'Opéra, pour le début d'un échange entre Saint Saint-Pétersbourg et Avignon, assister à «Petites tragédies», spectacle créé en 2015, donné par le Théâtre Bryantsev des Jeunes Spectateurs (théâtre pour enfants et adolescents de Petrograd comme se nommait alors, fondé en 1922)
spectacle composé de quatre courtes pièces
Le Chevalier avare (évoque les relations entre un père avare et son fils miséreux, malgré l’ or qui repose dans le sous-sol du château de son géniteur.)
Mozart et Salieri (met en perspective le génie de Mozart et l’ application laborieuse de Salieri en posant la question suivante : le génie et le mal sont-ils deux choses incompatibles ?)
Le Convive de pierre est tiré de Don Juan,
et Le Festin en temps de peste, d’Alexandre Pouchkine, le plus grand poète russe, fait référence à une ville médiévale où sévit une épidémie de peste.
Alors que dire .
Que j'ai bien aimé la stylisation, le fait que tout se joue dans un décor unique (même si finalement pas excessivement épuré vue la taille des éléments, un sol de sable, des coquillages et ossements humains gigantesques, une utilisation parfois du rideau pour rendre l'espace plus intime) la troupe vêtue de noir (avec comme pour le reste un disparate de styles et d'époques, décontracté, sans chercher à faire sens) assurant entre mime et danse le prologue, les passages d'un spectacle à l'autre, intervenant parfois, une certaine grâce, un humour plus ou moins léger.
Que j'ai moins aimé l'inégal talent des acteurs, la simplification qui fait que le sens et l'intérêt – à l'exception peut-être de Mozart et Salieri, plat et agaçant parfois, mais qui a su déborder un peu dans autre chose, un peu de folie, des traces de sacré mêlé de bouffonnerie – sont si ténus qu'on a un certain mal à les trouver, des moments d'enlisement avec quelques vagues sourires.
Il faut dire que le sous titrage n'aidait pas, complètement fou lui, en retard de plus de dix minutes parfois, et qui se rattrapait en galopant si vite qu'il était hors de question de le lire..
Un agrément par contre : comme le public était presque squelettique, suis descendue au premier balcon – j'avais décidé de faire une économie – pour me mettre sur le côté, et j'ai été rejointe peu à peu par tout l'état-major, les acteurs ou danseurs de la tournée – ai vu deux ou trois personnes très élégantes et me suis permis le plaisir futile de trouver cela agréable.
Ceci dit, après avoir vu les trois premières pièces, suis sortie pour l'entracte et il a suffi à mon crâne de trois bouffées de cigare pour décider que c'était une expérience à tenter mais que cela suffisait comme ça et suis rentrée, tant pis pour Le festin en temps de peste... j'en resterai au Decameron.

4 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Vous avez su saisir les feux de la rampe !

brigitte celerier a dit…

et j'en suis restée là (sourire)

jeandler a dit…

Une question de mise au point. Faustienne.

brigitte celerier a dit…

le spectacle lui était assez peu faustien