mercredi, octobre 12, 2016

Parcours avec broutilles et vases

ciel à nuages mouvants, petites rafales, ai ressorti bonnet, enfoui mon crâne, enfilé vieux manteau léger, de laine non doublée, et m'en suis allée acheter bonbons, yaourts et autres broutilles...
et puis, parce que pensais que n'aurais pas envie d'une longue visite au Cloître Saint Louis dans l'après-midi, parce que j'avais désir de voir autre chose que les boutiques et les silhouettes ambulantes, très bien les silhouettes mais ne me suffisaient pas, parce que c'était juste un peu plus loin, qu'il n'y avait qu'une artiste, que c'était une des rares expositions ouvertes le matin, ai suivi le trottoir, traversé le rideau et suis entrée dans la chapelle du collège des jésuites ou le musée lapidaire,
pour voir ce que proposait, au milieu des déesses, des stèles, des dieux, des vases peints, des guerriers et près de la bête de Noves, Myoung Nam Kim
J'avais regardé le site de la Galerie Jacques Lévy, qui la présente, http://www.galeriejacqueslevy.fr/fr/artistes/paris/myoung-nam-kim
J'y avais trouvé une vidéo qui fait un peu regretter qu'elle ne montre cette année que des poteries, disposées au centre d'un plancher légèrement surélevé, permettant assez mal de percevoir le raffinement du traitement et même les petits personnages qu'à l'oeil nu j'avais pris pour des filaments
cependant, même sous l'éclairage un peu cru qui tombe au centre de la nef il y a, si on s'y attarde, le toucher de la lumière jouant sur les inégalités de la surface, sur la trace qui a laissé le travail délicat et ferme des mains..
et ce que Cécile Oumhani écrivait en novembre 2010 à propos de ses oeuvres sur papier de riz me semble pouvoir s'appliquer à ces céramiques – la marche, la recherche, le regard sont les mêmes..
Depuis longtemps déjà, Myoung-Nam Kim nous entraîne dans l’immensité d’espaces à la fois aériens et profonds. […] Elle nous dévoile aujourd’hui une nouvelle facette de son œuvre ou plutôt la suite de cette quête qu’elle poursuit avec passion et exigence. La couleur s’éclipse pour faire place à la blancheur et offrir au spectateur le vertige de la texture du papier de riz qu’exaltent les jeux avec la lumière. Ici la blancheur laisse déferler l’immensité et son mystère. Au-delà des couleurs, dans le frémissement d’infimes reliefs, de légères rugosités à peine ombrées, le spectateur découvre pas à pas des versants muets, cachés et pourtant essentiels. L’œuvre récente de Myoung-Nam Kim entraîne vers une clarté indicible et intime,
même s'il faut un peu d'imagination pour le sentir à travers ces photos.


7 commentaires:

Hue Lanlan a dit…

douceur, polymorphie du blanc...

Dominique Hasselmann a dit…

Un texte lapidaire est adapté à l'exposition...

brigitte celerier a dit…

Lanlan, merci

Dominique, sourire large

Marie-christine Grimard a dit…

J'aime vos broutilles en bleu et blanc !

jeandler a dit…

Argiles fragiles.

annaj a dit…

céramiques vacillantes, si trompeuses car leur force est formidable. beau

Claudine a dit…

j'ajouterai "délicieuses" à tout ce qui a été justement écrit