samedi, décembre 17, 2016

Enfance, et musique dans la nuit


Dans le calme de l'antre, penser à la deuxième proposition de l'atelier d'hiver de François Bon, du lieu – 2 – le mouvement, mais sans verbe et à cette consigne : un trajet dans l'enfance... et me trouver devant un flou total, n'ai pas encore soixante quinze ans, ou pas tout à fait, mais les détails de mes trajets vers l'école, une des écoles, ou autre lieu dans mes toutes jeunes années sont très flous et les lieux ont bien trop changé pour être retrouvés sur google.street.view (pour Alger ou ce qui s'appelait alors La Pérouse et a récupéré son beau nom de Tamentfoust, cela fait partie des endroits où la machine de google ne s'est pas risquée) – alors regardais les photos rescapées, corrigeables pour perdre de leur imprécision, scannées par mon frère, et me suis arrêtée à notre brochette de cinq (pour la numéro six j'étais sortie de l'enfance depuis longtemps)... et nous regardant ai glissé de quelques mois en arrière vers la maison aux quelques rosiers étiques (notables uniquement parce qu'ayant donné leur nom à la villa, on les cherchait des yeux) et à l'énorme bosquet de gros hortensias, au Conquet... là je crois que je peux inventer sur des bases auxquelles je peux croire
parce que quand étions un (oui, là le pluriel ne s'impose pas), deux ou trois, je n'allais pas à l'école et mes trajets ne sauraient être que totalement imaginaires)
pour le quatre mon souvenir de ce qui séparait le jardin de broussailles et terre battue de l'institution privée où j'ai fait mes premières armes je n'en ai aucune trace, et d'ailleurs mon intérêt pour l'école était tel que j'ai été devant tous les rangs, rétrogradée du grand au petit jardin d'enfants… Quant à la sixième nous avions, surtout moi, cessé d'être enfants lorsqu'elle nous a fait la surprise d'arriver. 
Bon alors ce sera le Conquet, je vois à peu près les étapes, reste à préciser et écrire… (et la photo des cinq va en ouverture)
Tenter et puis détester la première séquence, ou plutôt détester la façon dont je l'ai mise en mots,.. arrêter, lire les huit premières participations publiées http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4373, laisser reposer jusqu'à demain, me préparer et partir dans la nuit, vers Saint Pierre, en photographiant au passage le gros père Noël qui, brillant de mille feux dans la nuit est à mon avis toujours monstrueux mais monstrueusement laid... me suis étonnée de trouver le porche de Saint Pierre, ainsi que la petit porte du transept fermés.. ai regardé mon billet, vu que le concert était chez les Carmes à Saint Symphorien, pris mon pas de guerre et comme j'étais en avance suis arrivée dix minutes avant le début.. ce qui m'a forcé à rester dans le fond, près de la crèche (encore une photo, celle d'une très belle dame en robe claire près de l'étable) pour assister à un concert dit de Noël et passablement superbe.
Commençait assez mal, avec l'orchestre seul jouant, fort bien, une musique que j'ai trouvée insipide, les jeux d'enfants de Bizet qui m'ont semblé avoir toute la fraîcheur d'un pensum exécuté par un vieil élève s'efforçant de chasser sa maussaderie..
puis arrivée de Nathalie Manfrino, l'Ave Maria de Schubert, et le Laudate Dominum des vêpres d'un confesseur de Mozart, chantés avec retenue et recueillement comme derrière un léger rideau et puis l'éclat, l'ampleur, la voix charnue pour le beau Panis Angelicus de Franck et l'Ave Maria de Massenet (sur la Méditation de Thaïs) – retour de l'orchestre pour la charmante sicilienne du Pelléas et Mélisande de Fauré.
Un entracte où nous avons sagement patienté assis, en toussant et baillant ou causant
et une belle seconde partie avec Bach (Bist du bei mir), Alessandro Stradella (Pieta, signore, que je découvrais), Gounod à partir de Bach (Ave Maria, splendide), Bizet (Agnus Dei non moins beau et non moins inconnu de moi) – pause orchestrale avec l'intermezzo de Cavaleria Rusticana de Mascagni – et clôture par Nathalie Manfrino avec Gounod (Repentir – Ah ne me repousse pas, passionnée) et Verdi (l'Ave Maria d'Othello, intime et passionnée)
suis sortie assez vite parce que carcasse était un peu de mauvaise humeur, ai voulu photographier la façade pour un au revoir parce que la nuit bleuté lui va fort bien, et en se refermant mon appareil qui depuis un moment faisait des caprices s'est bloqué et refuse de me livrer ce qu'il contient, bon ou non...
J'avais trouvé, dans l'après-midi, sur You Tube une interprétation de l'Ave Maria de Massenet, beau mais qui me semble moins convaincante que ce que j'ai entendu ce soir (sans doute la différence entre une écoute devant un écran et l'écrin de la nef)

10 commentaires:

Claudine a dit…

Le sourire filou n'a pas changé

brigitte celerier a dit…

pourtant j'étais encore grande soeur responsable.. enfin au moment des cinq j'avais déjà passé les rênes au numéro deux, beaucoup plus apte

Godart a dit…

Dernière photo, vous êtes à gauche, le regard n'a pas changé.

Dominique Hasselmann a dit…

Charme de ces photos d'enfance en noir et blanc qui semblent parler toutes seules...

brigitte celerier a dit…

Godart, sur la première aussi, suis l'aînée mais depuis mes neuf ans à peu près j'ai passé les commandes à la deux qui est assez extraordinaire (on s'engueule mais je la trouve extraordinaire ! et plus)

brigitte celerier a dit…

Dominique, et comique des quatre petits vieux se trouvant si mignons…

Arlette A a dit…

Ah!!! Enfant unique je ne sais pas tout ça

brigitte celerier a dit…

incompréhension entre un cousin dans ton cas qui nous enviait et nous qui l'envions (ceci dit; s'engueulant et différents, très, on fait un sacré bloc)

mémoire du silence a dit…

Sur la dernière photo
beauté de cette enfant
à gauche

brigitte celerier a dit…

merci de l'enfant mais comme l'a dit un ami a fait du déchet ensuite
et les numéros 2 et 3 sont nettement plus belles, rayonnantes et charmantes